Classification Phytosuisse - Arborescence

  • I · 
    Végétations aquatiques submergées, flottantes et amphibies


    Cette unité comprend les herbiers à characées et à potamots, les végétations flottantes libres ou temporaires des grèves, ainsi que les dépressions inondées à utriculaires. Les espèces caractéristiques de cette unité sont toutes aquatiques à feuillage submergé ou flottant (hydrophytes), parfois non fixées (pleustophytes), éventuellement amphibies (amphiphytes).
    • I.1 · 
      Charetea
      Herbiers benthiques de characées des eaux calmes

      Charetea Fukarek ex Krausch 1964
      Syn. : Charetea Fukarek 1961 (orig.) ; Charetea Fukarek ex Krausch 1964 ; Charetea fragilis Krausch ex Krause et Lang in Oberd. 1977 (corr. illeg., art. 40a) ; Charetea intermediae Fukarek 1961 ex Mucina et al. 2016.

      Gpts monospécifiques ou paucispécifiques de characées benthiques, dominés par les genres Chara, Nitellopsis, Nitella et Tolypella, présents au sein d'une grande variété de biotopes (grands lacs, étangs, annexes fluviales, bas-marais, mares temporaires, fossés et ruisseaux à courant lent). Gpts bioindicateurs des eaux claires, oligotrophes à méso-eutrophes (Ptot = 5-30 µg/l; Nmin = 0,1-0,7 mg/l), pouvant apparaître de manière pionnière et fugace dans des eaux eutrophes, faiblement à fortement alcalines et calcaires (Ca = 6-580 mg/l). Les espèces vasculaires submergées (Myriophyllum spp., Potamogeton spp.) ou émergentes (Typha spp., Scirpus spp.) sont parfois présentes, mais non dominantes. En secteurs où la compétition avec les hydrophytes vasculaires est faible (stade pionnier) c.-à-d. i) où les ressources lumière et température sont limitées, mais les conditions hydrologiques sont stables (gpts ordmt pérennes et stériles) ; ii) où les ressources en lumière et température sont suffisantes mais les conditions hydrologiques sont variables (gpts ordmt annuels et fertiles). Les herbiers annuels (développement uniquement les années favorables) développent un caractère souvent fugace. Etages plan.-subalp. (alp.), mais plus fréquent à faible altitude (< 700 m).
      • I.1.1 · 
        Nitelletalia

        Nitelletalia Krause 1969
        Syn. : Nitelletalia flexilis Krause 1969.

        Gpts plus ou moins hauts (h = 0,1-0,6 (1) m), ordmt souples, luisants et bien verts (car non ou peu incrustés de calcaire), caractérisés par le genre Nitella, propre aux eaux douces, peu à moyennement minéralisées (cond. ≤ 500 µS/cm), acides à basiques (pH = 6,0-8,5), oligocalciques à mésocalciques (Ca ≤ 70 mg/l), oligo-mésotrophes. Les unités du Nitellion flexilis sont nettement calcifuges, alors que celles du Nitellion syncarpo-tenuissimae marquent la transition vers les unités calciphiles des Charetalia. La grande majorité des espèces caractéristiques de cet ordre sont classées parmi les espèces de characées les plus menacées en Suisse, probablement en raison de la rareté de leur biotope. Etages plan.-mont. (subalp.)
        • I.1.1.1 · 
          Nitellion flexilis

          Nitellion flexilis Krause 1969
          Syn. : Nitellion Segal 1965 (art. 2b, 3b) ; Nitellion Dambska 1966 (art. 2b, 3b).

          Gpts denses ou ouverts, caractérisés par les espèces nettement calcifuges tq Nitella flexilis ("CR"), Nitella capillaris ("RE"), Nitella gracilis ("EN"), Nitella translucens (absente de Suisse) ; en eaux légèrement acides à légèrement basiques (pH = 6-7 (7,8)), faiblement calcaires, oligotrophes à méso-eutrophes, plus ou moins profondes et plus ou moins permanentes ; sur substrats variés, assez meubles et peu calcaires : sableux, argileux ou tourbeux. Etages plan.-subalp.
          • I.1.1.1.1 · 
            Nitelletum gracilis

            Nitelletum gracilis Corillion 1957
            Syn. : Nitelletum gracilis Tomasziewicz 1979 (art. 3b).

            Gpt ordmt ouvert, ras (h = 0,1-0,2 m), vert clair, caractérisé par Nitella gracilis, des mares, bordures d'étangs et dépressions de tourbières à sphaignes ; en eaux oligo-mésotrophes à mésotrophes, peu profondes (0,5 < p < 1,3 m), plus ou moins permanentes, faiblement acides à neutres (pH = 6-7), peu calcaires (Ca ≤ 30 mg/l) et peu minéralisées (cond. ≤ 50 µS/cm) ; sur substrat argileux, humique ; entre en contact ou participe aux gpts phanérogamiques de bordures de plans d'eau faiblement calcaires appartenant aux végétations amphibies oligotrophes (Littorelletea). Gpt rare et fragmentaire en Suisse. Etages plan.-subalp. (alp.).
          • I.1.1.1.2 · 
            Nitelletum capillaris

            Nitelletum capillaris Corillion 1957
            Syn. : Lemno-Nitelletum capillaris Schaminée, Maier et Van Raam in Schaminée et al. 1995 (nom. superfl., art. 29c).

            Gpt ouvert, ras (h = 0,05-0,15 m), en touffes, ordmt monospécifique et à développement précoce (mars-mai en plaine, juillet-août en montagne), caractérisé par Nitella capillaris, des petits plans d'eau permanents ou temporaires ; unité se développant à faible ou moyenne profondeur (0,5 < p < 2 m) en eaux fraiches (T = 5-14°C), claires, neutres (pH = 6,5-7,8) ; sur substrat minéral, sablo-limoneux ou organique et argilo-limoneux ; unité pouvant entrer en contact avec les gpts à Subularia aquatica et à Isoetes (Isoetion) dans les plans d'eau de montagne. Nitella capillaris est aujourd'hui éteinte en Suisse. Elle était autrefois présente dans seulement deux stations des cantons de Berne et Zürich durant la deuxième moitié du 19e siècle ; également rare, voire absente, dans les pays limitrophes. Etages plan.-mont.
          • I.1.1.1.3 · 
            Nitelletum flexilis

            Nitelletum flexilis Corillion 1957
            Syn. : Heleochareto-Nitelletum flexilis Krause 1969 (nom. superfl., art. 29c).

            Gpt dense, moyennement élevé (h = 0,2-0,5 m), caractérisé par Nitella flexilis, des mares, étangs, lacs et fossés ; en eaux oligo-mésotrophes, parfois méso-eutrophes (eaux courantes), peu à très profondes (jusqu'à 15-20 m), fraiches, acides ou neutres (pH = (5) 6-7), peu minéralisées (cond. < 150 µS/cm), faiblement calcaires (Ca = 50-60 mg/l) sur substrat sablo-limoneux, peu argileux. Parmi les gpts à characées, le Nitelletum flexilis est le plus rhéophile et constitue de puissantes végétations en petits cours d'eau aux eaux claires, parfois mélangé aux espèces du Callitricho hamulatae-Myriophylletum alterniflori (unité absente de Suisse) ; en association avec Chara globularis, Fontinalis antipyretica en eaux profondes. Il forme parfois la strate inférieure du Nymphaeion albae et peut entrer en contact à sa marge avec les végétations amphibies oligotrophes (Littorelletea). Dans les petites pièces d'eau, il se maintient sous les gpts à lentilles d’eau (Lemnetea). Nitella flexilis est rare en Suisse (1 station en Argovie), mais sa présence est potentiellement sous-estimée (détermination à l'espèce impossible dans le cas de populations stériles) ; à rechercher. Etages coll.-mont.
          • I.1.1.1.4 · 
            Magnonitelletum translucentis

            Magnonitelletum translucentis Corillion 1957
            Syn. : -

            Gpt élevé voire exubérant (h = 0,5-1 m), vert-clair à brunâtre, à développement vernal ou automnal (association des jours courts), dominé par Nitella translucens, monospécifique en zone profonde et le plus souvent associé à Chara fragifera et à Nitella syncarpa sur les bordures ; unité à affinité atlantique des mares, étangs et annexes de tourbières aux eaux permanentes, moyennement profondes (1 < p < 2,5 m), à réchauffement printanier rapide (T estivale > 20°C), faiblement acides (optimum) à neutres (pH = 6,5-7), faiblement calcaires (Ca = 4-17 mg/l), oligo-mésotrophes à mésotrophes ; sur substrat fin et meuble : sablo-limoneux à argileux épais. Etages plan.-coll. (ne supporte pas les longues périodes de gel).
        • I.1.1.2 · 
          Nitellion syncarpo-tenuissimae

          Nitellion syncarpo-tenuissimae Krause 1969
          Syn. : -

          Gpts monospécifiques plus ou moins denses, caractérisés par Nitella syncarpa ("EN"), Nitella tenuissima ("CR"), Nitella opaca ("VU"), Nitella mucronata ("EN"), Nitella confervacea et Nitella hyalina ("RE"). La présence de Nitellopsis obtusa et de quelques espèces du genre Chara marque une transition vers des eaux plus alcalines que celles du Nitellion flexilis. Gpt ordmt pérenne en profondeur ou formant une strate inférieure annuelle sous les gpts d'hydrophytes vasculaires sur les secteurs peu profonds (plasticité phénotypique, phénologique et physiologique des espèces caractéristiques) ; en eaux neutres à alcalines (pH = 6,2-7,5 (8,5)), oligotrophes à méso-eutrophes, plus ou moins profondes (quelques cm à plus de 10 m) et plus ou moins temporaires ; sur substrats divers, assez meubles et plus calcaires que ceux des unités du Nitellion flexilis et donc en contact d'unités plus basiphiles. Etages plan.-subalp.
          • I.1.1.2.1 · 
            Nitelletum opacae

            Nitelletum opacae Corillion 1957
            Syn. : -

            Gpt plus ou moins continu (en coussin), court à moyennement haut (h = 0,2-0,6 m), dominé par Nitella opaca, cryophile (T. optimale = 12-18 °C) et tolérant les situations ombragées, parfois associée à Nitella gracilis, Chara delicatula (Syn. : Chara virgata), Chara globularis, Callitriche spp., des eaux oligotrophes à oligo-mésotrophes, neutres (pH = 6,3-7,5), peu minéralisées (cond. < 100 µS/cm), peu profondes, stagnantes à légèrement courantes, plus ou moins temporaires ; sur substrat varié : graveleux, sableux ou argileux. Cette unité est soit (i) pérenne, ordmt stérile et à développement tardif (automnal, voire hivernal) dans les profondeurs des lacs alpins, périalpins (jusqu'à 15 m) et dans les petits plans d'eau permanents alimentés par des résurgences (sources karstiques au pied du Jura), soit (ii) annuelle, fertile et à développement printanier dans les mares temporaires peu profondes (0,8 < p < 1,5 m). Etages plan.-subalp.
          • I.1.1.2.2 · 
            Nitelletum syncarpae

            Nitelletum syncarpae Corillion 1957
            Syn. : Nitelletum syncarpae Corillion) ex Dambska 1966 (phantom) ; Heleochareto-Nitelletum syncarpae Krause 1969 (nom. superfl., art. 29c).

            Gpt parfois très dense, court à moyennement haut (h = 0,15-0,4 m), à développement estival ou automnal, dominé par Nitella syncarpa, tolérant les situations ombragées, présent dans une grande variété de milieux : gravières, étangs et lacs à profondeur très variable (0,2-0,5 m à 9-10 (20) m), en eaux oligo- à mésotrophes, neutres ou basiques (pH = 6,8-8), ordmt très minéralisées (cond. = 400-500 µS/cm), fraiches en été (T < 20°C), parfois riches en acides humiques ; sur substrat sableux ou limoneux, parfois riche en matière organique et en débris végétaux grossiers. Cette unité tolérant les eaux troubles est soit (i) pérenne et monospécifique en profondeur (9-10 m), soit annuelle (développement estival) et associée à d'autres espèces. Elle peut former la strate inférieure du Potamion pectinati et du Nymphaeion albae en eaux profondes et permanentes, ou pénètrer les unités à Schonoeplectus lacustris ou lentilles d’eau sur les bordures et dans les petites pièces d'eau (p < 0,2 m) soumises à des assèchements (automnal ou occasionnel). Etages plan.-mont. (subalp. inf.).
          • I.1.1.2.3 · 
            Nitelletum syncarpae-tenuissimae

            Nitelletum syncarpae-tenuissimae Krause 1969
            Syn. : Nitelletum tenuissimae Schaefer-Guignier 1994 (nom. surperfl., art. 29c).

            Gpt pionnier, ouvert à très dense, court à moyennement haut (h = 0,15-0,4 m), vert clair, ordmt incrusté de calcaire et de limons, dominé par Nitella tenuissima, présent à diverses profondeurs (0,2 < p < 2 (8) m) dans les lacs, les mares, les bordures d'étangs, de gravières, les bords de ruisseaux à courant lent ; en eaux oligotrophes à oligo-mésotrophes, légèrement acides à alcalines (pH = 6,2-8,5), chaudes en été (T > 20°C) ; sur substrat sableux à limono-argileux, calcaire et parfois tourbeux. En eaux profondes et permanentes, cette unité peut accompagner le Charetum intermediae ou le Charetum contrariae ; sur les bordures qui s'exondent en fin d'été, elle entre en contact avec des gpts à Littorella uniflora et les unités à scirpes ouvertes (Schoenoplectetum tabernaemontani). Nitella tenuissima, espèce caractéristique de ce gpt, est très rare en Suisse. Etages plan.-coll.
          • I.1.1.2.4 · 
            Nitelletum mucronatae

            Nitelletum mucronatae Tomaszewicz ex Hrivnák et al. 2001
            Syn. : Zbiorowisko z Nitella mucronata (Nitelletum ass. nov. prov.) Tomaszewicz 1979 (art. 3b) ; Nitelletum mucronatae Doll 1989. Non : Nitelletum mucronatae Corillion et Guerlesquin 1972 ; Nitellopsio obtusae-Nitelletum mucronatae (Tomaszewicz) Felzines et Lambert 2012.

            Gpt dense, court à moyennement élevé (h = 0,15-0,3 m), vert foncé, à développement estival, dominé par Nitella mucronata, des profondeurs faibles à moyennes (0,5 < p < 3 m) en milieux stagnants à faiblement courants ; en eaux permanentes mésotrophes à méso-eutrophes, calcaires, neutres à légèrement alcaline (pH = 6,6-7,4 (8)) ; sur substrat sableux à argileux ; en mosaïque avec des gpts d'hydrophytes (à Fontinalis antipyretica, Elodea cadanensis, Ceratophyllum demersum) sur les bordures ; sinon en strate inférieure de potamaies et myriophyllaies. Nitella mucronata a quasiment disparu de Suisse (2 stations). La population du canton de Genève (marais de Sionnet) n'a pas été revue depuis 2011, mais a été retrouvée en 2015 dans deux mares privées. Etant donné le caractère parfois fugace des peuplements à characées, la réapparition de ce gpt très rare est cependant à surveiller. Etages plan.-coll.
          • I.1.1.2.5 · 
            Nitelletum batrachospermae

            Nitelletum batrachospermae Corillion 1957
            Syn. : Micronitelletum Corillion 1957 ; Nitelletum confervaceae Corillion ex Rivas Martinez et al. 2001 (art. 2b, 30).

            Gpt pionnier ouvert, ras (h = 0,03-0,1 m), plus ou moins enfoui dans la vase ou le sable, à développement estival ou automnal, dominé par la très discrète Nitella confervacea, présente au sein de lacs, étangs, fossés, gravières, à faibles profondeurs (0,2 < p < 1 m), en eaux oligotrophes à oligo-mésotrophes, neutres (pH = 6,7-7,3) ; sur substrat sableux à limono-argileux, voire argileux, s'asséchant en fin d'été ; unité entrant en contact avec les gpts amphibies oligotrophes (Littorelletea), les végétations à feuillage immergé (Potamion pectinati) et les unités à scirpes ouvertes (Schoenoplectetum tabernaemontani). Nitella confervacea a disparu de Suisse et est considérée comme une espèce rare et menacée dans une majeure partie de l'Europe. Elle est présente dans une station en région limitrophe française (vallée de l'Arve, Haute-Savoie). Sa réapparition sur le territoire national à la faveur de nouveaux biotopes favorables n'est pas à exclure ; à surveiller. Etages plan.-coll.
          • I.1.1.2.6 · 
            Nitelletum hyalinae

            Nitelletum hyalinae Corillion 1949
            Syn. : Nitelletum hyalinae Golub, Losev et Mirkin 1991 (art. 31).

            Gpt dense, ras à peu élevé (h = 0,05-0,25 m), vert-clair, mucilagineux au sommet, dominé par Nitella hyalina ; des eaux stagnantes, claires, oligo-mésotrophes, neutres (pH = 6,5-7,3), voire légèrement alcalines ; sur substrat limoneux à sableux, peu calcaire. Gpt héliophile des bordures plates d'étangs ou lacs sableux soumises à un fort réchauffement, qui s'exondent en fin d'été, jusqu'à 1 m de profondeur. Du fait de sa relative tolérance vis-à-vis de l'alcalinité des eaux, ce gpt peut entrer en contact avec des gpts d'eaux alcalines permanentes (Magnocharetum tomentosae, Magnocharetum hispidae). Nitella hyalina est actuellement disparue de Suisse, elle colonisait autrefois quelques stations des bordures des lacs Léman, de Constance et de Zürich. Ce taxon cosmopolite est assez courant ailleurs en Europe et en Asie, et peut donc réapparaitre en Suisse en cas de création de biotopes favorables. Etages plan.-coll.
      • I.1.2 · 
        Charetalia

        Charetalia Sauer 1937 ex Krausch 1964
        Syn. : Charetalia Sauer 1937 (orig.) ; Charetalia Sauer ex F. Fukarek 1961 ; Charetalia hispidae Krausch ex Krause 1997 (art. 30) ; Charetalia Sauer 1937 ex Krausch 1964 ; Charetalia intermediae Sauer 1937 ex Mucina et al. 2016.

        Gpts peu ou très élevés (h = 0,05-2 m), ordmt raides, cassants et vert clair, caractérisés par les genres très calciphiles tq Chara, Nitellopsis et Tolypella. Durant les périodes de forte activité photosynthétique des herbiers, l'assimilation du bicarbonate se visualise grâce aux incrustations de calcite sur le thalle de ces algues qui les rend rêches et très cassantes. Ces unités se développent en eaux neutres à alcalines (pH > 6,9), assez fortement à fortement minéralisées et calcaires (cond. = 250-550-(2500) µS/cm, Ca = 50-140-(580) mg/l), oligotrophes à méso-eutrophes (Ptot = 8-30 µg/l ; Nmin = 0,1-0,7 mg/l) ; sur substrats variés ordmt riches en calcaire. Etages plan.-subalp. (alp.).
        • I.1.2.1 · 
          Charion vulgaris

          Charion vulgaris Krause et Lang ex Krause 1981
          Syn. : Thero-Charion Krause 1969.

          Gpts pionniers composés de characées petites à moyennement hautes (h = 0,2-0,5 m), souvent éphémères, caractérisés par Chara vulgaris, Chara aspera et Tolypella glomerata (ces deux dernières espèces se rencontrant également dans l'alliance du Charion fragilis) ; présence possible de potamots à feuilles étroites (P. berchtoldii, P. pusillus, P. filiformis) et de peuplements ouverts de Schoenoplectus spp. et Typha spp. ; en eaux peu profondes (0,1 < p < 2,5-(4) m), neutres à basiques (pH = 7-8,5), moyennement à très riches en calcium (Ca > 50 mg/l), à caractère plus ou moins temporaires, souvent d'origine anthropique (bordures des lacs et étangs, mares, flaques, ornières, fossés, dépressions) ; sur substrat sableux, sablo-limoneux ou limono-argileux, ordmt pauvre en matière organique. Etages plan.-subalp. (alp. inf.).
          • I.1.2.1.1 · 
            Tolypelletum glomeratae

            Tolypelletum glomeratae Corillion 1957
            Syn. : Charo-Tolypelletum glomeratae Corillion 1957 p.p.

            Gpt dense, non pérenne, à développement printanier (mars-juin), ordmt fertile, dominé par Tolypella glomerata, au sein de secteurs exposés, peu profonds (0,5 < p < 2,5 m), soumis aux fluctuations de niveau dans les lacs, étangs, mares et fossés situés en massif calcaire ou dans les petites annexes fluviales ; en eaux claires, oligo- à mésotrophes, neutres à basiques (pH = 7,2-8,2), riches en calcaire ; sur substrat calcaire, sablo-limoneux à limono-argileux. Sur les bordures, l'unité évolue vers la scirpaie lacustre (Schoenoplectetum lacustris). En eau plus profonde, elle précède une végétation à Najas marina (Najadetum marinae), Zannichellia palustris et Potamogeton pectinatus ; association précoce rapidement remplacée en début d'été par de petites characées estivales des milieux perturbés (cf. Charetum asperae). Etages plan.-mont.
          • I.1.2.1.2 · 
            Charetum asperae

            Charetum asperae Corillion 1957
            Syn. : Charetum asperi Fijalkowski 1960 (art. 3b) ; Rhodo-Charetum asperae Krause 1969 ; Thero-Charetum asperae Krause 1969 ; Charetum asperae littorale Krause 1969 (nom. nud., art. 2b).

            Gpt ordmt dense, vert-jaunâtre, dominé par Chara aspera, parfois associée à Chara vulgaris, Chara contraria ou Potamogeton lucens, P. pusillus et Zannichellia palustris ; unité des secteurs peu à moyennement profonds (0,5 < p < 4 m) soumis aux battements des vagues, donc aux assèchements ; en eaux oligo-mésotrophes à mésotrophes, neutres à basiques (pH = 7-8), moyennement à très riches en calcium (Ca = 50-100 mg/l) ; sur substrat meuble calcaire, sableux à argileux. Gpt non pérenne, à développement estival, pouvant remplacer le Tolypelletum glomeratae au cours de la saison. Tolypella glomerata et Chara aspera peuvent ainsi se trouver en mélange pendant la phase de transition ; constitue également fréquemment la strate inférieure de gpts d'hélophytes tant qu'ils restent ouverts, notamment des Schoenoplectetum lacustris, Phragmitetum, Cladietum, Littorello-Eleocharitetum acicularis. Evolue vers le Charetum contrariae en cas d'eutrophisation. Etages coll.-mont. (subalp. inf.).
          • I.1.2.1.3 · 
            Charetum vulgaris

            Charetum vulgaris Corillion 1949
            Syn. : Thero-Charetum vulgaris Krause 1969 ; Charetum vulgaris Margalef 1949 (nom. nud., art. 2b, 3f) ; Charetum vulgaris Krause ex Krause et Lang in Oberd. 1977.

            Gpt à caractère pionnier marqué, dense, souvent très fugace, à développement estival et généralement hautement fertile, dominé par Chara vulgaris, ordmt monospécifique, éventuellement paucispécifique avec Chara globularis, Chara aspera, Tolypella glomerata, Zannichellia palustris et Cladophora spp. ; unité présente dans les pièces d'eau de faible profondeur (0,1 < p < 1 m), souvent temporaires, ou dans les flaques, se réchauffant rapidement en été, voire dans les eaux faiblement courantes, en eaux claires neutres à alcalines (pH = 7-8,5), mésotrophes à eutrophes ; sur substrat calcaire, crayeux ou sableux. Etages plan.-subalp. (alp. inf.).
        • I.1.2.2 · 
          Charion globularis

          Charion globularis Krausch 1964 nom. mut. prop.
          Syn. : Characion Rübel 1933 (nom. nud., art. 2b) ; Charion Sauer 1937 (orig.) ; Charion hispidae Sauer 1947 (corr. illeg., art. 40a) ; Charion asperae Krause 1969 p.p. ; Eu-Charion asperae Krause 1969 ; Charion rudis-hispidae Pietsch 1987 (art. 5); Charion contrario-asperae Pietsch 1987 (art. 5) ; Charion intermediae Sauer 1937 ex Mucina et al. 2016.

          Gpts plus ou moins haut ((0,05) 0.1 < h < 1,5 (2) m), formant parfois de grosses masses (Magnocharetum) caractérisés par Chara hispida, Chara intermedia, Chara tomentosa, Chara globularis, Chara strigosa, Chara contraria et Nitellopsis obtusa ; présence possible d’herbiers de Tolypella glomerata (Charion vulgaris) ou de Nitella opaca (Nitellion syncarpo-tenuissimae) dans les eaux proches de la neutralité voire de quelques potamots à larges feuilles (Potamogeton lucens, P. crispus, P. natans) et de Myriophyllum spp. ; en eaux stagnantes permanentes (profondeurs lacustres et étangs profonds de 1 à 15 m à niveau peu fluctuant), neutres à basiques (pH = 6,9-8,5), moyennement à très riches en calcium (Ca = 30-580 mg/l) ; sur substrat fréquemment argileux, parfois sableux ou limono-sableux, plus ou moins riches en matière organique. Etages plan.-subalp.
          • I.1.2.2.1 · 
            Nitellopsidetum obtusae

            Nitellopsidetum obtusae Dambska 1961
            Syn. : Najadetum intermediae nitellopsidetosum Lang 1973 ; Magnocharacetum Sauer 1937 (art. 10).

            Gpt dense, plus ou moins continu, dominé par Nitellopsis obtusa, pérenne, à développement estival, soit (i) fertile, moyennement haut (h = 0,4-0,6 m), très cassant et légèrement brunâtre (production de carotène photoprotecteurs) lorsqu'il est présent à faible profondeur (1 < p < 2 m, situation rare liée à l'absence de compétition avec Chara globularis), soit (ii) stérile, haut (h = 1-2 m), plus souple et bien vert lorsqu'il colonise les profondeurs lacustres jusqu'à la limite inférieure de la végétation (situation la plus fréquente liée avec la compétition avec Chara globularis en eaux moins profondes, atteint 6 à 12 m en Suisse, mais mentionnée jusqu'à 30 m dans le Schleswig-Holstein au lac Plöner en Allemagne) ; en eaux neutres à basiques (pH = 6,9-8,3), riches en calcaires,méso- à mésoeutrophes ; sur substrat calcaire, assez meuble et fin, argilo-limoneux à limono-sableux. Unité remplaçant le Charetum contrariae en eaux profondes, dans des conditions de perturbation, de luminosité et de température plus faible et semblant en expansion, notamment dans les lacs jurassiens à l'étage montagnard (effet du réchauffement climatique ?). Etages plan.-coll. (mont. inf.).
          • I.1.2.2.2 · 
            Charetum globularis

            Charetum globularis Corillion 1949 nom. mut. prop.
            Syn. : Charetum fragilis Corillion 1949 (orig.) ; Charetum fragilis Fijalkowski 1960 (art. 3b).

            Gpt court à moyennement élevé (h = 0,1-0,6 m), assez souple, peu ou pas incrusté de calcaire, dominé par Chara globularis (espèce à large amplitude écologique) s'installant à toutes les profondeurs en situation d'inondation permanente ou quasi-permanente (3 < p optimum < 6 m), en eaux neutres à basiques (pH > 7), calcaires, mésotrophes à méso-eutrophes ; sur substrat fréquemment argileux ; remplace le Charetum contrariae en eaux plus profondes. Etages plan.-subalp.
          • I.1.2.2.3 · 
            Charetum contrariae

            Charetum contrariae Corillion 1957
            Syn. : Charetum contrariae Fijalkowski 1960 (art. 3b) ; Charetum contrariae Doll 1980 ; Charetum jubatae Krausch 1964 (Chara jubata A. Braun = Chara filiformis Hertzsch).

            Gpt dense, court (h = 0,1-0,3 m), plus ou moins incrusté de calcaire, à développement estival, dominé par Chara contraria en profondeurs faibles à moyennes (1 < p < 4 m) des lacs et grands étangs mésotrophes, riches en calcaire, neutres à basiques (pH = 7-8) ; sur substrat argileux et calcaire ; remplace le Charetum asperae en eaux plus eutrophes, plus profondes et à l'abri des fluctuations de niveaux et des battements des vagues ; remplace le Nitellopsidetum obtusae et les unités du Magnocharetum en eaux moins profondes (luminosité et température plus élevées) ; analogue du Charetum vulgaris en biotope stabilisé. Etages plan.-mont.
          • I.1.2.2.4 · 
            Charetum strigosae

            Charetum strigosae Dambska 1966
            Syn. : Charetum strigosae Krause 1969 (nom. nud., art. 2b) ; Charetum strigosae Krause et Lang in Oberd 1977 (art. 31).

            Gpt boréo-alpin, assez court (h = 0,05-0,25 m), dominé par Chara strigosa, présent en Suisse surtout dans les Alpes orientales, où il est ordmt monospécifique, et dans le Jura (sous sa forme endémique Chara strigosa var. longispina A. Br. = Chara strigosa f. jurensis Hy), où il comporte Chara contraria, Chara aspera voire Tolypella glomerata aux faibles profondeurs (1 m), jusqu'à 6-7 m ; en eaux lacustres, oligo-mésotrophes, froides, moyennement à très riches en calcium (Ca = 50-250 mg/l) ; sur substrat calcaire argileux, limoneux, remplacé par des gpts des eaux mésotrophes (Nitellopsidetum obtusae, Charetum contrariae) en cas d'eutrophisation. L'espèce est considérée comme une relique glaciaire. Elle forme des peuplements répartis en Europe sur de petites aires très disjointes. Etages (coll.) mont.-alp.
          • I.1.2.2.5 · 
            Magnocharetum hispidae

            Magnocharetum hispidae Corillion 1957
            Syn. : Charetum equisetinae Schmidt 1981 (nom. superfl., art. 29c) ; Charetum rudis Dambska 1966 p.p.

            Gpt extrêmement dense et exubérant, haut (h = 1-1,5 m), plus ou moins vert-grisâtre, plus ou moins pérenne, à développement estival, dominé par Chara hispida, evt avec Chara aspera, Chara contraria, Chara intermedia, dans les milieux permanents ou à assèchement automnal court (≤ 1 mois) ; en eaux peu profondes (1 < p < 4 m), claires, oligotrophes à méso-eutrophes, neutres à basiques (pH = 7,1-8), moyennement à très riches en calcium (Ca = 30-510 mg/l ; des lacs calcaires, milieux alimentés par la nappe phréatique tels que les gravières ou les annexes fluviales) ; sur substrat formé de sables calcaires, de boues calcaires enrichies par les débris incrustés de thalles ; unité pouvant remplacer le Charetum intermediae dans les eaux plus eutrophes et les secteurs moins profonds. Etages plan.-mont.
          • I.1.2.2.6 · 
            Charetum intermediae

            Charetum intermediae Corillion ex Damska 1966 nom. mut. prop
            Syn. : Charetum intermediae Krause et Lang in Oberd. 1977 ; Charetum intermedii Fijalkowski 1960 (art. 3b) ; Magnocharetum aculeolatae Corillion 1957.

            Gpt assez dense et haut (h = 0,3-0,8 m), rappelant par la physionomie le Magnocharetum hispidae, pérenne, à développement estival, dominé par Chara intermedia (Chara aculeolata f. papillosa Migula = Chara papillosa Kützing), dans les eaux permanentes, mésotrophes, neutres (pH = 6,8-7,8), très minéralisées (cond. > 300 µS/cm), moyennement à très riches en calcium (Ca = 70-580 mg/l) ; des lacs calcaires, milieux alimentés par la nappe phréatique tel que les gravières ou les annexes fluviales) ; sur sables calcaires ou sur argiles riches en calcium et matière organique. Très proche morphologiquement de Chara hispida, la nature taxonomique de Chara intermedia et son écologie reste à préciser ; unité qui semble remplacer le Magnocharetum hispidae en conditions moins perturbées par des assèchements, plus profondes et moins eutrophes et qui peut constituer la strate inférieure des gpts d'hélophytes (Schoenoplectetum tabernaemontani, Schoenoplectetum lacustris, Typhetum angustifoliae). Etages coll.-mont.
          • I.1.2.2.7 · 
            Magnocharetum tomentosae

            Magnocharetum tomentosae Corillion 1957
            Syn. : Charetum ceratophyllae Borhidi et Balogh 1970 (nom. nud., art. 2b) ; Charetum macrotelis Schmidt 1981 (art 2b, 30).

            Gpt assez dense et haut (h = 0,3-0,7 m), pérenne, à développement estival, prenant une couleur brun orange dans les profondeurs faibles (pigments photoprotecteurs de type caroténoïdes), sinon vert foncé, dominé par Chara tomentosa, fréquemment accompagnée par d'autres characées en conditions mésotrophes (Chara contraria, C. hispida, Nitellopsis obtusa) et par des hydrophytes vasculaires en conditions méso-eutrophes (Ceratophyllum demersum, Najas marina, N. minor, Potamogeton perfoliatus). Gpt des profondeurs moyennes à importantes (1 < p < 8 m), des milieux frais (grands lacs des Alpes du Nord ou étangs alimentés par la nappe phréatique tel que les gravières ou les annexes fluviales), permanents, mésotrophes à méso-eutrophes, basiques (pH = 7,5-8,5), faiblement à moyennement riche en calcium (Ca = 40-181 mg/l) ; sur substrat sableux calcaire ou argile riche en calcium et matière organique. Etages coll.-subalp.
    • I.2 · 
      Lemnetea minoris
      Végétations flottantes libres

      Lemnetea minoris Tx. ex de Bolòs et Masclans 1955
      Syn. : Lemnetea Tx. 1955 (nom. nud., art. 2b) ; Lemnetea Koch et Tx. in Oberd. 1957 (art. 31) ; Hydrocharitetea Oberd. et al. 1967 (art. 2b, 3b).

      Gpts d'hydrophytes flottants à la surface de l'eau (se fixant parfois temporairement dans la vase) ou immergés et nageants (pleustophytes) formant un voile plus ou moins dense limitant le développement des hydrophytes enracinés submergés. Paucispécifiques, ils sont composés d'espèces appartenant à un nombre restreint de familles : hydrocharitacées, lemnacées, lentibulariacées, ricciacées, droseracées. Lemna minor, L. trisulca et Spirodela polyrhiza en sont les espèces les plus caractéristiques et fréquentes. Ils se développent au sein de mares, bassins, fossés, canaux, annexes fluviales, secteurs abrités en bordure de plan d'eau (notamment dans les clairières des cariçaies et des roselières), fontaines et ruisseaux en eaux peu profondes, stagnantes ou légèrement courantes à échauffement assez rapide oligo-mésotrophes à eutrophes, voire hypertrophes ou dystrophes chargées en matières humiques et pauvres en nutriments azotés. Le substrat est le plus souvent constitué d'une vase liquide. Etages plan.-mont.
      • I.2.1 · 
        Lemnetalia minoris

        Lemnetalia minoris Tx. ex de Bolòs et Masclans 1955
        Syn. : Hydrocharetalia Rübel 1933 (nom. nud., art. 2b) ; Lemnetalia Tx. 1955 (nom. nud., art. 2b) ; Lemnetalia Koch et Tx. 1954 in Oberd. 1957 (art. 31 note 1).

        Gpts d'hydrophytes annuels de petite taille (micropleustophytes) flottants ou nageants sous la surface de l'eau, formant des tapis denses, ordmt paucispécifiques, uni- ou bistratifiés, caractérisés par la présence de lemnacées (Lemna minor, L. trisulca, Spirodela polyrhiza) en eaux mésotrophes à hypertrophes, ou par celle des ricciaciées (Riccia fluitans, Ricciocarpos natans) en eaux oligo-mésotrophes à faiblement eutrophes. L’optimum de leur développement se situe dans les zones abritées du vent et des vagues : bordures peu profondes de lacs, canaux, étangs ou fossés (0,1 < p < 1,5 m), plus ou moins ensoleillées, en eaux plus ou moins chaudes, acides à basiques (pH = 5-9), ordmt permanentes ; l'émersion est possible en fin d'été ; sur substrat argileux anoxique. Les hydrophytes nageants sont absents ou présents de manière éparse. Etages plan.-mont.
        • I.2.1.1 · 
          Lemnion minoris

          Lemnion minoris Tx. ex de Bolòs et Masclans 1955
          Syn. : Lemnion minoris Tx. 1955 (nom. nud., art. 2b) ; Lemnion Koch et Tx. in Oberd. 1957 (art. 31).

          Gpts unistratifiés facilement déplaçables par le vent, mésohéliophiles à héliophiles, dominés par des lemnacées. Lemna minor, à large amplitude écologique, est régulièrement présente voire dominante. Elle est associée le cas échéant à Spirodela polyrhiza ou Lemna gibba ; unité se développant en eaux faiblement acides à basiques (pH = 5,9-9), mésotrophes à hypertrophes, parfois polluées, peu profondes (0,1 < p < 0,6 m), s'échauffant rapidement. Etages plan.- coll. (mont).
          • I.2.1.1.1 · 
            Lemnetum gibbae

            Lemnetum gibbae Koch ex Miyawaki et Tx. 1960
            Syn. : Lemnetum gibbae (W. Koch 1954) Miyawaki et Tx. 1960 (orig.) ; Lemneto-Spirodeletum polyrrhizae lemnetosum gibbae Koch 1954 (nom. nud., art. 2b) ; Lemnetum minori-gibbae Miyawaki et Tx. 1960 ex Passarge 1992 (nom. superf., art. 29 c) ; Lemnetum minoris-lemnetosum gibbae Passarge 1992 (nom. superf., art. 29 c).

            Gpt ordmt très dense, dominé par Lemna gibba avec L. minor et éventuellement Spirodela polyrhiza (les proportions de ces espèces présentent des fluctuations saisonnières et inter-annuelles), des étangs et fossés ; en eaux peu profondes (0,1 < p < 0,8 m), légèrement acides à fortement basiques (pH = 5,9-9,0), très fortement minéralisées (cond. > 1000 µS/cm), riches en calcium (Ca > 60 mg/l), hypertrophes révélant une contamination par des eaux usées (NO3 - = 1-18 mg/l) ; unité se développant en situation thermophile (été chaud et hiver doux), très rare en Suisse. Etages plan.-coll.
          • I.2.1.1.2 · 
            Lemno-Spirodeletum polyrhizae

            Lemno-Spirodeletum polyrhizae Koch 1954
            Syn. : Lemneto-Spirodeletum polyrrhizae Koch 1954 (orig.) ; Spirodelo-Lemnetum minoris Müller et Görs 1960 ; Spirodela-Lemna minor-Gesellschaft Knapp et Stoffers 1962 (art. 3c).

            Gpt de faible extension stationnelle, dominé par Spirodela polyrhiza, accompagnée de Lemna minor, des situations abritées (bordure de lac, étangs, annexes de cours d'eau, au sein de canaux ensoleillés) ou des bordures de cours d'eau à courant faible ou intermittent ; en eaux neutres à basiques (pH = 6,5-8,5), mésotrophes à eutrophes, peu profondes (0,1 < p < 0,6 m) ; unité nécessitant une température minimale de 13-17°C pour se développer, sensible à la concurrence et aux assèchements, s'appauvrissant en cas d'hypertrophisation et évoluant vers le Lemnetum gibbae dans les régions les plus chaudes. Etages plan.-coll.
          • I.2.1.1.3 · 
            Lemnetum minoris

            Lemnetum minoris Soó ex Müller et Görs 1960
            Syn. : Lemnetum minoris Soó 1927 (nom. nud., art. 2b) ; Lemnetum minoris prov. Oberd. 1957 (art. 2b, 3d) ; Lemnetum minoris Knapp et Stoffers 1962 (art. 31).

            Gpt à large amplitude écologique dominé par Lemna minor, ordmt paucispécifique, voire monospécifique dans les cas extrêmes (sur biotopes perturbés - en situation pionnière - ou biotopes hypertrophes), des eaux stagnantes des petites pièces d'eau d'origine anthropique (mares, fossés, canaux), ensoleillées, ou des parties calmes des cours d'eau lents et intermittents ; en eaux peu profondes ((0) 0,2 < p < 0,4 m), mésotrophes à eutrophes, voire hypertrophes (peut dénoter une pollution organique), neutres à basiques (pH = 6,5-8,4) ; unité nécessitant une température minimale de 6-8°C pour se développer ; à l’optimum en eaux fortement minéralisées, très productives ; sur substrat fin et riche en matière organique. Etages plan.-mont.
        • I.2.1.2 · 
          Lemnion trisulcae

          Lemnion trisulcae den Hartog et Segal 1964
          Syn. : Hydrocharition Rübel p.p (nom. nud., art. 2b) ; Lemno-Riccienion Passarge 1978 (nom. nud., art. 2b) ; Riccio fluitantis - Lemnion trisulcae Schwabe-Braun in Tx. 1981 (art. 29).

          Gpts ordmt bistratifiés, sciaphiles à méso-héliophiles, dominés par des végétaux nageants tq des ricciacées tq Riccia fluitans et Ricciocarpos natans ou Lemna trisulca. Salvinia natans est éteinte en Suisse ; unité se développant en eaux acides à légèrement basiques (pH = 5-8), oligo-mésotrophes à faiblement eutrophes, peu ou non polluées, ordmt peu profondes (0,1 < p < 0,25 (1,5) m), plutôt fraîches. Etages plan.-coll.
          • I.2.1.2.1 · 
            Lemnetum trisulcae

            Lemnetum trisulcae den Hartog 1963
            Syn. : Lemnetum trisulcae Kelhofer 1915 (nom. nud., art. 2b) ; Lemna trisulca-Gesellschaft Knapp et Stoffers 1962 (art. 3c) ; Lemnetum trisulcae typische subass. (Kelhofer 1915) Knapp et Stoffers 1962 ex Tx. 1974 ; Lemnetum minori-trisulcae den Hartog 1963 ex Passarge 1992 (nom. superfl., art. 29c).

            Gpt thermophile, bi-stratifié, présentant une strate inférieure nageante dominée par Lemna trisulca (en proportion variable) et une strate supérieure flottante composée de Lemna minor, parfois associée à Spirodela polyrhiza ; en eaux claires stagnantes ou légèrement courantes (bordures d'étangs et lacs, mares, annexes de cours d'eau, ruisseaux, canaux), abritées du vent, peu profondes (0,1 < p < 1,5 m), ordmt mi-ombragées, mésotrophes à méso-eutrophes, légèrement acides à basiques (pH = 6-8) ; sur substrat sablo-argileux à argileux ; au contact de la végétation amphibie. Etages plan.-coll.
          • I.2.1.2.2 · 
            Riccietum rhenanae

            Riccietum rhenanae Knapp et Stoffers 1962
            Syn. : Riccietum fluitantis Slavnic 1956 ex Tx. 1974 ; Lemno minoris-Riccietum fluitantis (Slavnic 1956) Passarge 1992 ; Lemno minoris - Riccietum fluitantis Sumberova et Chytry in Chytry 2011 (nom. superfl., art 29 c).

            Gpt ordmt non totalement recouvrant, bistratifié montrant une strate inférieure nageante dominée par Riccia fluitans (incl. Riccia rhenana) accompagnée de Lemna trisulca, et une strate supérieure flottante constituée de Lemna minor, Spirodela polyrhiza, parfois Ricciocarpos natans, des bordures d'étang, annexes des cours d'eau, dépressions forestières et marais tourbeux alcalins ; en eaux stagnantes fraîches, mi-ombragées, souvent enrichies en matière organique et acides humiques, très peu profondes (0,1 < p < 0,25 m), oligo-mésotrophes voire légèrement eutrophes, peu calcaires, acides à légèrement basiques (pH = 5,0-7,8) ; sur substrat argileux à paratourbeux, riche en humus ; unité tolérant l’émersion située au contact de végétations amphibies graminiformes (Glycerio-Sparganion) ou jonciformes (Eleocharitetum palustris) dans les mares forestières. Etages plan.-coll.
          • I.2.1.2.3 · 
            Ricciocarpetum natantis

            Ricciocarpetum natantis Segal 1964 ex Tx. 1974
            Syn. : Ricciocarpeto - Lemnetum Segal 1964 (nom. nud., art. 2b) ; Lemno minoris - Rocciocarpetum natantis Tx. 1974 ex Passarge 1992 (nom. superfl., art. 29c).

            Gpt ordmt très dense et monospécifique, dominé par Ricciocarpos natans, associé à Lemna trisulca et Riccia fluitans, des bras morts, bordures d'étangs, fossés et dépressions des tourbières alcalines ; en eaux claires et fraîches alimentées par des sources, mi-ombragées à ombragées (au pied des roseaux ou des laîches), oligotrophes (Ptot < 10 µg/l, NO3- < 0,1 mg/l) voire légèrement mésotrophes, légèrement acides à basiques (pH = 6-8) et faiblement calcaires (Ca = 20 mg/l), peu profondes (p < 1 m) ; unité occupant des biotopes plus pauvres en nutriments, en acides humiques et carbone que le Riccietum fluitantis ; évolue vers des gpts du Lemnion minoris en cas d'eutrophisation. Etages plan.-coll. Gpt très rare en Suisse où deux stations sont connues.
      • I.2.2 · 
        Hydrocharitetalia

        Hydrocharitetalia Rübel ex Klika in Klika et Hadac 1944 [?]
        Syn. : Hydrocharitetalia Rübel 1933 (nom. nud., art. 2b) ; Stratiotetalia den Hartog et Segal 1964 (nom. nud., art. 2b) ; Incl. : Utricularietalia minoris den Hartog et Segal 1964 p.p. ; Ceratophylletalia den Hartog et Segal 1964 (nom. nud., art. 2b ; Lemno-Utricularietalia Passarge 1978.

        Gpts d'hydrophytes nageants et flottants de grande taille (macropleustophytes) à feuilles en rosette pérenne à base stolonifère immergée, ou à feuilles en lanières submergées caractérisé par les espèces de type stratiotides, hydrocharides et utricularides tq Hydrocharis morsus-ranae, Stratiotes aloides et Utricularia australis. La présence de Potamogeton natans est régulière ; unité des canaux, étangs, lacs, bras morts, dépressions et fossés de drainage des bas-marais, marais de transition, voire de haut-marais, ordmt présente à basse altitude en eaux stagnantes, chaudes, mésotrophes à naturellement eutrophes, riches en matière organique, plus profondes que les gpts des Lemnetalia ; sur substrat argileux à tourbeux, anoxique, riche en matière organique (sapropèle). Etages plan.-coll. (mont.)
        • I.2.2.1 · 
          Hydrocharition morsus-ranae

          Hydrocharition morsus-ranae Passarge 1964 ex Westhoff et den Held 1969
          Syn. : Hydrocharition Rübel 1933 (nom. nud., art. 2b) ; Eu-Hydrocharition Rübel ex Passarge 1964 (art. 34b) ; Stratotion den Hartog et Segal 1964 (nom. nud., art. 2b); Lemno minoris-Hydrocharition morsus-ranae Rivas-Mart. et al. 1999 (art. 29c) ; Hydrocharition morsus-ranae Rübel 1933 ex Klika in Klika et Hadàč 1944 [?].

          Gpts thermophiles d'hydrophytes flottants, caractérisés par Hydrocharis morsus-ranae et Stratiotes aloides. Lemna minor, L. trisulca, Spirodela polyrhiza, Utricularia vulgaris et Ceratophyllum demersum sont ordmt présents ; dans les milieux en cours d'atterrissement, en eaux stagnantes de faible à moyenne profondeur (0,5 < p < 2 m), faiblement acides à basiques (pH = 5,7-8,2), mésotrophes à eutrophes, sur substrat vaseux à tourbeux, riche en matière organique. Etages plan.-coll.
          • I.2.2.1.1 · 
            Stratiotetum aloidis

            Stratiotetum aloidis Miljan 1933
            Syn. : Stratiotetum aloidis Nowinski 1930 ; Association à Hydrocharis morsus-ranae van Langendonck 1935 p.p ; Associatie van Hydrocharis morus-ranae Vlieger et Kruseman 1937 (nom. superfl., art. 29c) ; Hydrochari-Stratiotetum stratiotetosum Soó 1964 (nom. nud., art. 2b).

            Gpt héliophile, parfois très dense, dominé par Stratiotes aloides formant de grandes rosettes semi-émergées ou totalement immergées, ancrées dans la vase. Gpt des vallées alluviales (bras morts, mares, fossés et petits affluents des cours d'eau), des eaux stagnantes (tolérant un fort marnage) et chaudes (forte amplitude thermique), peu à moyennement profondes (0,5 < p < 2 m), oligo-mésotrophes à méso-eutrophes, riches en CO2 ; au contact du Myriophyllo-Nupharetum, du Caricetum elatae et du Schoenoplectetum lacustris. Etage plan.
          • I.2.2.1.2 · 
            Lemno minoris-Hydrocharitetum morsus-ranae

            Lemno minoris-Hydrocharitetum morsus-ranae Oberd. ex Passarge 1978
            Syn. : Association à Hydrocharis morsus-ranae van Langendonck 1935 p.p ; Hydrocharitetum rhenanum Oberd. 1957 (art. 3b) ; Hydrochari-Stratiotetum hydrocharetosum Soó 1964 (nom. nud., art. 2b) ; Hydrocharis morsus-ranae-Gesellschaft Hild et Rehnelt 1965 (art. 3c).

            Gpt héliophile à hémisciaphile, ordmt stratifié, plus ou moins dense, dominé par Hydrocharis morsus-ranae, des secteurs abrités des bords de plans d'eau, bras morts et fossés de drainage des bas-marais, en eaux peu profondes (0,5 < p < 1 m) mais permanentes, chaudes, assez riches en calcaires et minéralisées, mésotrophes à eutrophes. Par atterrissement, cette unité peut évoluer vers des unités du Phragmition et du Magnocaricion elatae ; au contact des roselières (dans leur ombrage), groupements à potamots en eaux plus profondes, voire des végétations amphibies flottantes du Glycerio-Sparganion. Etages plan.-coll.
        • I.2.2.2 · 
          Utricularion vulgaris

          Utricularion vulgaris Passarge 1964
          Syn. : Utricularion den Hartog et Segal 1964 (p.p., nom. nud., art 2b).

          Gpts d'hydrophytes hétérotrophes nageants sous la surface de l'eau (utricularides), caractérisés par Utricularia australis, Utricularia vulgaris (optimum) et Aldrovanda vesiculosa, au caractère plus pionnier et moins eutrophile que les unités de l'Hydrocharition. Les petits pleustophytes (Lemna minor, Spirodela polyrhiza, L. trisulca) sont ordmt présents ; en eaux stagnantes de faible profondeur ((0,1) 0,5 < p < 1 (2) m), oligo-mésotrophes à naturellement eutrophes, parfois dystrophes, acides à neutres (pH = (4,7) 5-7 (7,5)), sur substrat vaseux à tourbeux, anoxique, très riche en matière organique (sapropèle). Etages plan.-coll. (mont.)
          • I.2.2.2.1 · 
            Utricularietum australis

            Utricularietum australis Müller et Görs 1960 nom. mut. prop.
            Syn. : Utricularietum neglectae Müller et Görs 1960 (orig.), Lemno-Utricularietum australis (Müller et Görs 1960) Passarge 1978 (nom. superf., art. 29c).

            Gpt héliophile à hémisciaphile, dominé par Utricularia australis, des mares, dépressions récentes au sein de haut-marais et de marais de transition, fossés, bordures de grands plans d'eau, gravières avec des pentes douces, aux eaux peu profondes ((0,1) 0,5 < p < 1 m), légèrement acides (pH = (4,7) 5-6-(6,5)), moyennement minéralisées (cond. = 100-300 µS/cm), oligotrophes à mésotrophes (NO3- = 0,01-0,2 (0,7) mg/l ; PO43- < 0,05 mg/l), souvent dystrophes, pauvres en calcaire (Ca < 30 mg/l). Etages plan.-coll. (mont.).
          • I.2.2.2.2 · 
            Spirodelo-Aldrovandetum vesiculosae

            Spirodelo-Aldrovandetum vesiculosae Bohridi et Járai-Komlódi 1959
            Syn. : Spirodelo-Aldrovandetum (nom. orig.) ; Incl. Spirodelo-Aldrovandetum Lemnetosum trisulcae Passarge 1978 ; Salvinio-Aldrovandetum Horvatic 1963 (nom. nud., art. 2b).

            Gpt héliophile, thermophile, dominé par Aldrovanda vesiculosa, avec Utricularia australis, des étangs et lacs, dépressions et fossés de marais (haut-marais et marais de transition), en eaux stagnantes, calmes, peu profondes (0,5 < p < 1 m), permanentes (ne tolère pas les assèchements), chaudes en été (T minimum de 16°C et jusqu'à 25-30°C), légèrement acides (pH = 5,5-6,5), moyennement minéralisées, oligotrophes à méso-eutrophes (PO43- = 0,03-0,09 mg/l), en cours de transition vers des eaux dystrophes, pauvres en calcaire (Ca < 40 mg/l), très riches en CO2 (seule source de carbone utilisable par A. vesiculosa). Etages plan.-coll. ; unité à affinité subméditerranéenne-continentale sensible à l’eutrophisation d’origine anthropique, en nette régression partout dans le monde et très rare en Suisse où deux stations sont connues.
          • I.2.2.2.3 · 
            Lemno trisulcae-Utricularietum vulgaris

            Lemno trisulcae-Utricularietum vulgaris Soó 1947
            Syn. : Lemno-Utricularietum australis Müller et Görs ex Passarge 1978 (nom. superfl., art 29c).

            Gpt héliophile, dense, bi-stratifié, dominé par Utricularia vulgaris avec Hydrocharis morsus-ranae et Lemna minor en surface, Ceratophyllum demersum et Lemna trisulca en strate inférieure, des bordures d'étangs, des fossés et dépressions en zone alluviale ou au sein de marais (evt prairies humides) en cours d'eutrophisation naturelle, en eaux fraîches et stagnantes, permanentes, peu profondes (0,2 < p < 1 (2) m), neutres (pH = (5,5) 6-7 (7,5)), fortement minéralisées (cond. = 250-700 µS/cm), méso-eutrophes à eutrophes (NO3- = 0,01-0,6 (2,5) mg/l ; PO43- = 0,05-0,15 (0,3) mg/l), faiblement à fortement calcaires (Ca = 25-130 mg/l), riches en sulfates (30-70 (140) mg/l) et en chlorures (30-60 (100) mg/l). Etage coll.
    • I.3 · 
      Littorelletea uniflorae
      Végétations amphibies oligo-mésotrophiles

      Littorelletea uniflorae Br.-Bl. et Tx. ex Westhoff et al. 1946
      Syn. : Isoëto-Littorelletea Br.-Bl. et Vlieger in Vlieger 1937 (art. 35) ; Littorelletea Br.-Bl. et Tx. 1943 (nom. nud., art. 2b).

      Gpts oligotrophiles pionniers, amphibies à aquatiques, boréo-atlantiques d'Europe occidentale et septentrionale, formant des gazons plus ou moins denses, caractérisés par des espèces herbacées hémicryptophytes de petite taille (h < 0,1 m, le plus souvent), ordmt vivaces, dressées, parfois rampantes ou stolonifères, à feuilles subulées ou filiformes tq Littorella uniflora, Eleocharis acicularis ou Juncus bulbosus. Ces espèces sont associées dans les gazons les plus ouverts, à des espèces aquatiques oligotrophiles tq Potamogeton alpinus, P. gramineus, P. polygonifolius ou Sparganium angustifolium (Potametea pectinati) ou des espèces annuelles (Isoeto-Juncetea) lors de la phase d'exondation ; plus rarement, dans le cas de végétations dégradées, sont présentes des espèces annuelles nitrophiles (Bidentetea tripartitae) ou encore des hélophytes (Phragmito-Magnocaricetea) ; Juncus articulatus est régulièrement présent. D'un point de vue hydrologique, ces unités sont situées dans la zone eulittorale (entre les hautes et basses eaux) des lacs et étangs aux eaux fraiches, oligo- à oligo-mésotrophes, pauvres en CO2 , faiblement acides à basiques sur des substrats variés, toujours pauvres en nutriments. Ces gpts peu productifs n'évoluent pas ou très lentement, en l'absence de facteurs exogènes. Il sont présents dans les Alpes et en Europe centrale sous une forme appauvrie. Etages coll.-alp.
      • I.3.1 · 
        Littorelletalia uniflorae

        Littorelletalia uniflorae Koch ex Tx. 1937
        Syn. : Littorelletalia uniflorae Koch 1926 (nom. nud., art. 2b).

        Gpts amphibies à aquatiques, vivaces, à affinité tempérée-montagnarde à boréale (à hiver froid), caractérisés par Eleocharis acicularis, Littorella uniflora et le genre Isoetes. Etage coll.-alp.
        • I.3.1.1 · 
          Isoetion lacustris

          Isoetion lacustris Nordhagen ex Dierssen 1975
          Syn. : Littorellion uniflorae Koch 1926 (p.p.) ; Isoëtion lacustris Nordhagen 1936 (nom. nud., art. 2b) ; Subularion aquaticae Hadac 1971.

          Gpts aquatiques cryophiles centre et nord européens à affinité boréale, des bordures de lacs oligotrophes d'altitude aux eaux quasi-permanentes, parfois exondés en période estivale, caractérisés par les très rares Isoetes lacustris et Isoetes echinospora, auxquelles peuvent s'associer des hydrophytes à feuillage submergé ou flottant tq Potamogeton alpinus ou Sparganium angustifolium ; en eaux peu à moyennement profondes (0,5 < p < 2,4 m), acides, claires à très claires, oligotrophes à dystrophes au substratum cristallin recouvert d'une fine couche de matière minérale ou organique. Etages mont.-alp.
          • I.3.1.1.1 · 
            Isoetetum echinosporae

            Isoëtetum echinosporae Koch 1926
            Syn. : Isoetetum tenellae Koch 1926 (orig.) ; Subularia-Isoetes echisporum-Ass. Almquist 1929 (art. 3d, principe II) ; Isoetetum echinosporae Koch 1926 ex Oberd. 1977.

            Gpt des rives de lacs de montagne aux eaux quasi-permanentes profondes (1 < p < 2,4 m), ordmt monospécifique, caractérisé par Isoëtes echinospora associée à Myriophyllum alterniflorum sur sa frange inférieure et Sparganium angustifolium sur sa frange supérieure ; en eaux acides, oligotrophes au substrat sableux à graveleux, pauvre en nutriments, recouvert de dépôts de matière organique ; entre en contact sur sa frange supérieure avec le Littorello lacustris-Eleocharitetum acicularis (au-dessus du niveau des basses eaux). Etage mont. Gpt très rare en Suisse.
          • I.3.1.1.2 · 
            Isoetetum lacustris

            Isoëtetum lacustris Szańkowski et Kłosowski ex Čtvrtlíková et Chytrý in Chytrý 2011
            Syn. : Isoetes lacustris-Ass. Osvald 1923 (art. 3d, principe II) ; Isoeto-Lobelietum isoëtetosum Szańkowski et Kłosowski 1996.

            Gpt des rives de lacs centre-alpins, caractérisé par Isoëtes lacustris, formant des populations clairsemées, parfois au contact du Callitricho-Sparganietum, en eaux permanentes peu à moyennement profondes (0,5 < p < 2 m), pouvant geler jusqu'au fond, acides, très claires, oligotrophes à dystrophes des massifs cristallins intra-alpins au substrat minéral brut, sableux à caillouteux (blocs de 0,2 à 0,5 m), recouvert par une fine couche argilo-limoneuse. Etage alp.
        • I.3.1.2 · 
          Eleocharition acicularis

          Eleocharition acicularis Pietsch ex Dierssen 1975
          Syn. : Eleocharition acicularis Pietsch 1965 (nom. nud., art. 2b) ; Littorellion uniflorae Koch 1926 (p. p.).

          Gpts amphibies thermophiles (exigences thermiques supérieures à celles de l'Isoetion lacustris) à affinité atlantique, planitiaires à montagnards, des rives des lacs et étangs temporairement exondés caractérisés par Eleocharis acicularis et Alisma gramineum (absence des isoëtes). Littorella uniflora y présente son optimum ; unités situées au-dessus de la ligne moyenne des eaux ; ces dernières, étant peu minéralisées, oligotrophes à oligo-mésotrophes ; sur substrat sablo-limoneux, enrichi en argiles, voire en matière organique (tourbeux). Etages plan.-mont.
          • I.3.1.2.1 · 
            Eleocharito-Littorelletum uniflorae

            Eleocharito-Littorelletum uniflorae Chouard 1924
            Syn. : Association des grèves à Littorella et Heleocharis Chouard 1924 (orig.) ; Heleocharetum acicularis Baumann 1911 (nom. nud., art. 2b) ; Eleocharitetum acicularis Koch 1926 (nom. nud., art. 2b) ; Association à Littorella lacustris et Scirpus acicularis Jouanne 1926 ; Association à Littorella uniflora et Eleocharis acicularis Malcuit 1929.

            Gpt des rives des lacs à hautes eaux estivales (au régime hydrique de type nival), ordmt exondées en automne et en hiver, à floraison printanière, caractérisé par Eleocharis acicularis, Littorella uniflora et Ranunculus reptans ; Eleocharis acicularis présente son optimum de développement et forme des gazons monospécifiques denses et ras, demeurant stériles en cas d'inondation permanente ; en eaux peu profondes (0,9 < p < 1,1 m, lors des hautes eaux), oligo- à mésotrophes ; sur substrat varié, limono-sableux à caillouteux, mais toujours pauvres en nutriments et riche en calcaire ; s'intercalant en Suisse entre la frange inférieure du Deschampsietum rhenanae et la frange supérieure du Potametum graminei. Etages plan.-mont.
          • I.3.1.2.2 · 
            Eleocharito acicularis-Alismatetum graminei

            Eleocharito acicularis-Alismatetum graminei Kallen 1994 ex Passarge 1999
            Syn. : Vergesellschaftung von Alisma gramineum Kallen 1994 (orig., art. 3c) ; Eleocharitetum acicularis alismatetosum graminei Didier et Royer 1999.

            Gpt plus ou moins dense (50 % < R < 80 %), au port plus ou moins prostré, des rives des étangs et des bras morts exondées en fin d'été et à l'automne, sur les berges où le roseau est éliminé par le bétail, caractérisé par Eleocharis acicularis, Alisma gramineum (rare) et Alisma lanceolatum ; sur substrat limono-argileux, mésotrophe ; entre en contact avec le Juncetum bufoni et des unités du Bidentetalia. Etages plan.-mont. inf.
        • I.3.1.3 · 
          Deschampsion littoralis

          Deschampsion littoralis Oberd. et Dierssen 1974 in Dierssen 1975 
          Syn. : Eleocharition acicularis Pietsch 1965 p.p.

          Gpt endémique des lacs ouest alpins de la zone eu-littorale supérieure (située au-dessus de la ligne moyenne des eaux) exondée la majeure partie de l’année (8 à 11 mois), mais inondée en été, caractérisé par Deschampsia littoralis (lac de Joux), Deschampsia rhenana (lac de Constance) et Myosotis rehsteineri (Armeria purpurea est absente de Suisse), associés à Allium schoenoprasum, Juncus alpino-articulatus ou J. articulatus ; en eaux peu profondes (0,2 < p < 0,9 m, lors des hautes eaux), oligotrophes à mésotrophes, calcaires ; sur substrat sablo-graveleux à caillouteux, pauvre en nutriments ; s'intercale entre le Rumici-Agrostietum sur sa frange supérieure (au niveau des hautes eaux) et le Littorello-Eleocharitetum sur sa frange inférieure (au niveau des moyennes eaux). Etages plan.-mont.
          • I.3.1.3.1 · 
            Deschampsietum rhenanae

            Deschampsietum rhenanae Oberd. 1957
            Syn. : Deschampsietum rhenanae Oberd. 1957 ex Lang 1967 ; Deschampsietum rhenanae Oberd. 1957 ex Müller et Görs 1960.

            Même description que celle de l'alliance.
      • I.3.2 · 
        Eleocharitetalia multicaulis

        Eleocharitetalia multicaulis Foucault 2010
        Syn. : -

        Gpts paludéens à affinité atlantique, thermo- à boréo-atlantique (à hiver doux), des fossés ou grèves sableuses à tourbeuses d'étangs ou de zones humides oligotrophes à mésotrophes, caractérisés par Baldellia ranunculoides, Carex viridula s. str., Juncus bulbosus (espèces pour la plupart à la limite orientale de leur aire de distribution), Eleocharis multicaulis et Hypericum elodes (ces deux dernières espèces absentes de Suisse). Agrostis canina, Hydrocotyle vulgaris et Ranunculus flammula sont régulièrement présentes. Etages plan.-coll.
        • I.3.2.1 · 
          Samolo valerandi-Baldellion ranunculoidis

          Samolo valerandi-Baldellion ranunculoidis Schaminée et Westhoff in Schaminée et al. 1992
          Syn. : Elodo palustris-Sparganion Br.-Bl. et Tx. ex Oberd. 1957 p.p. ; Hydrocotylo vulgaris-Baldellion ranunculoidis Tx. et Dierssen ex Dierssen 1975.

          Gpts pionniers héliophiles et thermophiles, caractérisés par Baldellia ranunculoides et Samolus valerandi, des bordures de mares et fossés aux eaux neutres à basiques, parfois oligohalines ; sur substrat minéral ou tourbeux alcalin. Etages plan.-coll. Alliance réprésentée en Suisse uniquement par l'unité subatlantique du Samolo valerandi-Baldellietum ranunculoides.
          • I.3.2.1.1 · 
            Samolo valerandi-Baldellietum ranunculoides

            Samolo valerandi-Baldellietum ranunculoides Müller-Stoll et Götz 1962 ex Passarge 1999
            Syn. : Groupement à Equisetum arvense et Echinodorus ranunculoides Roulier 1983 (art. 3c) ; Samolo-Littorelletum Wetshoff 1943 (nom. nud., art. 2b).

            Gpt annuel à développement estival, à affinité subatlantique, plus ou moins recouvrant (50 % < R < 80 %), peu à moyennement haut (0,1 < h < 0,3 m), des bordures de mares et fossés en tourbières neutres à alcalines (pH = 7-8), caractérisé par Baldellia ranunculoides et Samolus valerandi, régulièrement associé à Agrostis stolonifera, Carex viridula s. str., Hydrocotyle vulgaris, Juncus articulatus, Mentha aquatica, Ranunculus flammula ; sur substrat alcalin, pauvre en matière organique, sableux à argileux. Etages plan.-coll. Gpt fragmentaire en Suisse, du fait de la rareté des espèces caractéristiques.
        • I.3.2.2 · 
          Elodo palustris-Sparganion

          Elodo palustris-Sparganion Br.-Bl. et Tx. ex Oberd. 1957
          Syn. : Helodo-Sparganion Br.-Bl. et Tx. 1943 (nom. nud. art. 2b).

          Gpts pionniers héliophiles et thermophiles, caractérisés localement par Juncus bulbosus des grèves d'étangs ou des zones humides longuement exondées, aux eaux acides, oligotrophes à mésotrophes, rarement oligohalines ; sur substrat sablonneux ou tourbeux acide. Etages plan.-mont. Alliance réprésentée en Suisse uniquement par le Ranunculo flammulae-Juncetum bulbosi.
          • I.3.2.2.1 · 
            Ranunculo flammulae-Juncetum bulbosi

            Ranunculo flammulae-Juncetum bulbosi Oberd. 1957
            Syn. : -

            Gpt plus ou moins recouvrant (60 < R < 100 %), parfois diffus, caractérisé et dominé par Juncus bulbosus, associé à Agrostis canina, Juncus articulatus, Potamogeton polygonifolius ou Ranunculus flammula de la zone eulittorale supérieure des mares, lacs, dépressions marécageuses, fossés ou berges des rivières, inondées en hiver et s’exondant au printemps ; la situation hydrique est néanmoins variable d’une année à l’autre en fonction des conditions climatiques (notamment de la pluviométrie) ; en eaux acides, mésotrophes à dystrophes, riches en CO2 ; sur substrat sableux à argileux, enrichi en matière organique (paratourbeux à tourbeux) ; unité équivalente du Deschampsietum rhenanae en situation non carbonatée marquant la transition vers les bas-marais silicatés (Caricetalia fuscae). Etages plan.-mont. Gpt fragmentaire en Suisse, du fait de la rareté des espèces caractéristiques.
    • I.4 · 
      Potametea pectinati
      Végétations vasculaires submergées ou à feuilles flottantes

      Potametea pectinati Tx. et Preising ex Oberd. 1957
      Syn. : Potametea Tx. et Preising 1942 (nom. nud., art. 2b).

      Gpts aquatiques enracinés et vivaces, dont les espèces les plus caractéristiques sont Potamogeton pectinatus, Elodea canadensis, Ceratophyllum demersum, Nuphar lutea et Myriophyllum spicatum. Gpts aux formes de croissance très variées selon les caractéristiques du biotope correspondant : 1. à des végétaux submergés ou flottants ordmt pérennes et à forte biomasse par individu (ordre des Magnopotametalia), adaptés aux eaux calmes et substrat ordmt anoxique ; 2. à des végétaux submergés ordmt pionniers et vivaces, à croissance rapide (ordre des Parvopotametalia), adaptés aux assèchements occasionnels automnaux et à un échauffement estival marqué ; 3. à des végétaux vivaces amphibies présentant des accommodats rhéophiles et /ou terrestres adaptés aux courants et aux assèchements estivaux (ordre du Callitricho hamulatae-Ranunculetalia aquatilis), donc aux eaux régulièrement renouvelées et substrat ordmt bien oxygéné. L’unité se présente sous la forme de différentes ceintures de végétations : herbiers submergés difficilement décelables depuis la surface (tq Elodea canadensis, Myriophyllum spicatum, Najas marina, Potamogeton pectinatus), couverture de feuilles flottantes bien visibles (tq Nymphaea alba, Polygonum amphibium, Potamogeton natans), ou gazons amphibies sur les bordures peu profondes (tq Callitriche platycarpa, Ranunculus aquatilis). Différentes ceintures de végétations peuvent être observées dans un même biotope, les unes au contact des autres ; en eaux peu profondes à profondes, rapidement réchauffées ou fraiches, oligotrophes à eutrophes, polluées ou non, claires à turbides, acides à basiques, riches ou pauvres en calcaire ; sur substrat varié graveleux à argileux, plus ou moins enrichi en matière organique. Etages plan.-alp.
      • I.4.1 · 
        Magnopotametalia

        Magnopotametalia den Hartog et Segal 1964
        Syn. : Potametalia Koch 1926 (p.p.).

        Gpts submergés et flottants enracinés, plus ou moins complexes, uni- ou pluristratifiés, caractérisés par des grands potamots à feuilles entières et à bord lisse (ex. Potamogeton perfoliatus) ou à feuilles fines très ramifiées (ex. P. pectinatus), par des myriophylles (feuillage large divisé), par des naïades, par des nymphaeides ou par Ranunculus confervoides (situation montagnarde-alpine) ; unités des grandes pièces d'eau (lacs, gravières, grands étangs) dont les végétaux présentent une biomasse importante par individu du fait de la relative stabilité des conditions hydrologiques et/ou de l’importante concentration des eaux en nutriments ; en eaux permanentes ou à émersion brève, calmes ou agitées par le vent et légèrement courantes, oligotrophes à hypertrophes, acides à basiques ; sur substrat graveleux à très argileux, pauvre ou riche en matière organique. Etages plan.-alp.
        • I.4.1.1 · 
          Ranunculion confervoidis

          Ranunculion confervoidis Béguin 2015
          Syn. : -

          Gpts oligo-mésotrophiles pionniers montagnards à alpins, caractérisés par Sparganium angustifolium, Ranunculus confervoides, parfois associés à Potamogeton alpinus et Carex rostrata, des étangs, mares, petits lacs, ruisseaux, fossés et petites rivières ; unité dépourvue des espèces caractéristiques de la classe ; en eaux stagnantes à faiblement courantes, permanentes ou à émersion brève, peu à moyennement profondes (p < 5 m), oligotrophes à mésotrophes, acides à basiques (pH = 4,5-8), peu à moyennement minéralisées (cond. < 110 µS/cm), calcaires ou non ; sur substrat sableux à argileux, minéral ou riche en matière organique ; vicariant altitudinal du Potamion polygonifolii. Etages mont.-alp.
          • I.4.1.1.1 · 
            Callitricho-Sparganietum

            Callitricho-Sparganietum Br.-Bl. 1919 ex Br.-Bl. 1949
            Syn. : Sparganietum Rübel 1911 (nom. nud., art. 2b) ; gpt à Sparganietum affine Br.-Bl. 1919 (art. 3c) ; Sparganietum affinis Allorge 1925 (nom. nud., art. 2b).

            Gpt dominé par Sparganium angustifolium, dont les feuilles rubanées, souples et aux reflets argentés recouvrent la surface de l'eau, parfois associé à Callitriche palustris, Potamogeton alpinus et à des mousses ou sphaignes sur les rives de lac de moraine de fond ; en eaux peu profondes (0,3 < p < 1 m), permanentes ou à émersion occasionnelle, peu minéralisées (cond. = 30-110 µS/cm), acides à neutres (pH = 4,5-6), oligotrophes ; sur substrat sableux ou argileux, faiblement acide, recouvert de terre fine issu de l'altération de la moraine, au contact des bas-marais à Carex nigra, excpt de l'Isoetetum lacustris. Etages (mont.) subalp.-alp.
          • I.4.1.1.2 · 
            Ranunculetum confervoidis

            Ranunculetum confervoidis Rübel ex Béguin 2009
            Syn. : Ranunculetum flaccidi Rübel 1911 (nom. nud., art. 2b) ; Community of Ranunculus trichophyllus subsp eradicatus Gerdol et Tomaselli 1997 (art. 3c).

            Gpt ordmt monospécifique, caractérisé par Ranunculus confervoides (= R. trichophyllus subsp. eradicatus), espèce arctico-alpine relativement rare, mais pouvant recouvrir des centaines de mètres carré des rives en pente douce de petits lacs alpins, à proximité de névés, combes à neige à longue durée d'enneigement, de glaciers ou de glaciers rocheux, entre les zones d'atterrissement des ruisselets de neige fondante et l'exutoire des lacs où existe un léger courant d'eau ; en eaux calmes, peu profondes (0,3 < p < 0,5 m), oligotrophes, acides à neutres (pH = 6-7), très froides ; sur substrat argileux parsemé de blocs aplatis de quartzite et/ou de cornieule ("cargneule", moraine tardi-glaciaire, fluvioglaciaire) ; considérée comme l'unité colonisant en premier les plans d'eau alpins, précède le Callitricho-Sparganietum. En eaux clairement acides, cette unité est remplacée par des unités monospécifiques à Sparganium angustifolium (Callitricho-Sparganietum). Etages mont.-alp.
          • I.4.1.1.3 · 
            Potametum filiformis

            Potametum filiformis Koch 1928
            Syn. : Charo-Potamogetonetum filiformis Spence 1964 ; Potamogetonetum alpini Br.-Bl. 1949.

            Gpt caractérisé par Potamogeton filiformis, en tapis monospécifique à l'étage subalpin, parfois associé à P. pectinatus, P. pusillus, Chara aspera à l'étage montagnard ; des étangs et rives de lac de moraine de fond soumises aux battements des vagues ; en eaux stagnantes à faiblement courantes, permanentes ou à émersion rapide, peu profondes (0,1 < p < 1,5 m), froides, neutres à basiques (pH > 7), plus ou moins riches en calcium, claires, oligo-mésotrophes ; sur substrat sableux à tourbeux, riche en humus ; pénétre les roselières et entre en contact avec le Potametum alpini sur substrat organique, ou avec le Charetum asperae, le Charetum contraria voire le Nitelletum opacae sur substrat plus minéral. Etages mont.-subalp. (alp.).
          • I.4.1.1.4 · 
            Ranunculo eradicati-Potametum alpini

            Ranunculo eradicati-Potametum alpini Ballesteros et Garcia 1991
            Non : Potametum alpini Br.-Bl. 1949 ; Potamogetonetum alpini Podbielkowski 1967 ; Elodeo canadensis-Potametum alpini (Krausch) Podbielkowski ex Passarge 1994.

            Gpt ordmt monospécifique dominé par Potamogeton alpinus, evt accompagné de Ranunculus confervoides, développant parfois des feuilles flottantes lancéolées devenant rougeâtres au cours de la saison, des mares, étangs, annexes fluviales, ruisseaux et tranchées ; en eaux fraiches, bien oxygénées, stagnantes à faiblement courantes voire courantes (disparition des feuilles flottantes), peu à moyennement profondes (0,3 < p < 1,5 m), plus ou moins permanentes (evt exondation estivale ou automnale), oligo-mésotrophes voire méso-eutrophes, claires, neutres à basiques (pH = 7-8), peu à moyennement minéralisées (cond. = 30-200 µS/cm), moyennement à très calcaires (Ca = 50-130 mg/l) ; sur substrat sableux à argileux plus ou moins riche en matière organique. Etages mont.-subalp.
          • I.4.1.1.5 · 
            Gpt à Potamogeton praelongus

            Gpt à Potamogeton praelongus Gerdol et Tomaselli 1997
            Syn. : Phytocoenon à Potamogeton praelongi Pingitore et al. 2013 (art. 3c). Non : Potametum perfoliati-potamosum praelongi Miljan 1933 ; Potametum praelongi Miljan 1933 ex Sauer 1937 ; Potametum praelongi Miljan 1933 ex Doll 1991.

            Gpt dominé par Potamogeton praelongus, des petits lacs, étangs ou eaux lentes des rivières et de leurs annexes ; en eaux moyennement profondes (2 < p < 5 m) permanentes, mésotrophes à eutrophes, mais claires, légèrement acides à basiques (pH = 6-8), pauvres ou moyennement riches en calcaire (Ca = 26-55 mg/l) ; sur substrat sableux riche en matière organique, argileux à tourbeux ; entre en contact avec le Callitricho-Sparganietum. Etages mont.-subalp.
        • I.4.1.2 · 
          Potamion polygonifolii

          Potamion polygonifolii den Hartog et Segal 1964
          Syn. : Potamion graminei (den Hartog et Segal) Westhoff et den Held 1969 (art. 29c).

          Gpts oligo-mésotrophiles pionniers à affinité atlantique caractérisés par Sparganium natans ou par des potamots hétérophylles adaptant leur morphologie aux conditions d'inondations (Potamogeton coloratus, P. gramineus ou P. polygonifolius). Les potamots tolèrent les assèchements pendant la phase de croissance sous la forme de rosettes de feuilles elliptiques coriaces. Ils développent des feuilles submergées lancéolées et flottantes elliptiques et fleurissent en été si la nappe d'eau est présente ; en eaux stagnantes ou lentes, peu profondes (p < 1 m), claires, acides à basiques (pH = 5-8), oligotrophes à mésotrophes (Ptot < 20 µg/l), parfois dystrophes ; sur substrat graveleux à sablo-limoneux. Du fait de la plasticité morphologique (et donc écologique) des potamots, ces unités prennent des faciès tantôt de milieu humide avec des petites herbacées vivaces ou annuelles ; tantôt de milieu aquatique avec ordmt des characées et des taxons des Magnopotametalia ou Parvopotametalia en strate inférieure ; gpts à la limite de leur aire de distribution donc rares en Suisse. Etages plan.-subalp.
          • I.4.1.2.1 · 
            Scirpo fluitantis-Potametum polygonifolii

            Scirpo fluitantis-Potametum polygonifolii Allorge 1922
            Syn. : Association à Scirpus fluitans et Potamogeton polygonifolius (orig.) ; Potametum polygonifolii Segal 1965 (nom. nud., art. 2b) ; Junco bulbosi-Potametum polygonifolii (Allorge 1921) Pietsch 1971 ; Luronio-Potamogetonetum polygonifolii Pietsch 1986.

            Gpt dominé par Potamogeton polygonifolius avec des espèces de l'Elodo-Sparganion (unité atlantique du Littorelletea) ou du Phalaridion arundinaceae sur les bordures exondables, des dépressions tourbeuses, mares, étangs, fossés et ruisseaux, en eaux stagnantes ou légèrement courantes, peu minéralisées (cond. < 100 µS/cm), acides (pH = 5-6), oligo-mésotrophes (Ptot = 20 µg/l) ; sur substrat sablo-graveleux ; unité succédant aux gpts des Nitelletalia flexilis pouvant ainsi constituer une strate inférieure pendant la phase de transition ; unité très rare en Suisse. Etages plan.-coll.
          • I.4.1.2.2 · 
            Utriculario intermediae-Sparganietum minimi

            Utriculario intermediae-Sparganietum minimi Tx. 1937 nom. inv. prop.
            Syn. : Sparganium minimum-Utricularia intermedia-Ass. Tx. 1937 (orig.) ; Sparganietum minimi Schaaf 1925 (nom. nud., art. 2b).

            Gpt dominé par Sparganium natans, accompagné d'Utricularia intermedia et U. minor, Juncus bulbosus, des tourbières, étangs, gravières, bras morts, fossés, en eaux peu profondes (0,5 < p < 1 m), faiblement acides à neutres (pH = 6-7), de couleur parfois brune (acides humiques), mais transparentes, oligo- à mésotrophes ; sur substrat sableux à argileux, tourbeux, jamais desséché en profondeur ; entre en contact avec les unités du Littorellion. Etages coll.-mont.
          • I.4.1.2.3 · 
            Potametum graminei

            Potametum graminei Koch 1926 ex Passarge 1964
            Syn. : Potametum panormitano-graminei Koch 1926 p.p. ; Potametum panormitano-graminei Koch 1926 ex Görs in Oberd. 1977.

            Gpt peu recouvrant (R ~ 50 %) dominé par Potamogeton gramineus, des étangs et rives lacustres à niveau fluctuant ou dans les embouchures des rivières, en eaux stagnantes ou légèrement courantes, peu profondes (0,5 < p < 1 m), légèrement neutres à basiques (pH = 7-8), riches en calcaire, bien oxygénées, oligo-mésotrophes ; sur substrat graveleux, plus rarement sableux-boueux, plus ou moins enrichi en matière organique, ordmt pauvre en nutriments. L'unité entre en contact sur sa frange littorale avec les gpts amphibies vivaces, à affinité montagnarde à boréale (Eleocharito-Littorelletum uniflorae ou Deschampsietum rhenanae selon la granulométrie), voire avec le Samolo valerandi-Baldellietum ranunculoides en situation atlantique, et sur sa frange lacustre avec le Charetum asperae ; évolue vers des unités à Potamogeton pectinatus ou P. crispus en cas d'eutrophisation. Etages coll.-mont. (subalp.)
          • I.4.1.2.4 · 
            Potametum colorati

            Potametum colorati Allorge 1922
            Syn. : -

            Gpt caractérisé par Potamogeton coloratus, associé à Chara vulgaris et Mentha aquatica en situation pionnière, voire Fontinalis antipyretica, Nasturtium officinale, Berula erecta ou Apium nodiflorum en eaux légèrement courantes des cours inférieurs de rivières alimentés par la nappe souterraine (et de leurs annexes fluviales) (faciès se rapprochant alors davantage des unités du Ranunculion fluitantis), des fossés ou trous d'eau des tourbières alcalines et des bas-marais, en eaux permanentes, peu profondes (0,5 < p < 1 m), fraiches (T < 15°C), claires, calcaires, fortement minéralisées (cond. = 800 µS/cm), neutres à basiques (pH = 7-8), oligotrophes (Ptot < 10 µg/l) ; sur substrat calcaire varié gravelo-sableux à tourbeux ; unité très rare en Suisse. Etages coll.-mont.
        • I.4.1.3 · 
          Potamion pectinati

          Potamion pectinati Koch ex Görs in Oberd. 1977
          Syn. : Potamion Miljan 1933 (p.p.) ; Eu-Potamion (Koch 26) Oberd. 1957 (p.p.) ; Magno-Potamion eurosibericum (Koch 26) Vollmar 1947 (p.p.) ; Potamogetonion (Koch 26) em. Oberd. 1957. Non : Potamion eurosibiricum Koch 1926.

          Gpts méso- à eutrophiles, à feuilles ordmt toutes submergées, ordmt pérennes, caractérisés par de grands potamots (h = 2-5 m) (Potamogeton lucens, P. pectinatus et P. perfoliatus), par les myriophylles (M. spicatum, M. verticillatum) en eaux moyennement profondes (1 < p < 5 m), et par les naïades (Najas marina, N. minor) ou Zannichelia palustris en eaux peu profondes (0,3 < p < 2 (3) m) avec présence régulière de characées (Chara contraria) et de Ranunculus circinatus ; unités des beines lacustres et autres grands plans d'eau suffisamment profonds pour ne pas s'assécher, aux eaux agitées par le vent, légèrement courantes ou calmes, mésotrophes à hypertrophes, neutres à basiques (pH = 7-9). Etages plan.-mont.
          • I.4.1.3.1 · 
            Potametum lucentis

            Potametum lucentis Hueck 1931
            Non : Potamogetonetum perfoliati potametosum lucentis Koch 1926.

            Gpt très dense, dominé par Potamogeton lucens, ordmt accompagné de Potamogeton pectinatus et P. perfoliatus, des gravières, lacs, canaux, étangs ou rivières à courant lent aux eaux stagnantes, agitées par le vent, moyennement profondes (1 < p < 2 m), mésotrophes, riches en calcium ; sur substrat meuble, sableux à limono-sableux ; unité participant au processus d'atterrissement par envasement et facilitant l'installation d'unités du Phragmition australis remplacée par le Potametum perfoliati à plus grande profondeur et en eaux plus eutrophisées ; en contact avec le Myriophyllo-Nupharetum et les unités du Charion fragilis dans les grands étangs et gravières (Charetum asperae, Charetum hispidae), ainsi qu'avec le Sparganio-Potametum en rivière à courant lent ; supporte une légère pollution nutritive, mais est remplacée par le Ceratophylletum demersi ou le Najadetum marinae. Etages plan.-coll. (mont.)
          • I.4.1.3.2 · 
            Potametum perfoliati

            Potametum perfoliati Miljan 1933
            Syn. : Potametum perfoliati potametosum lucentis Koch 1926 (nom. nud., art. 2b) ; Potametum perfoliati Koch 1926 ex Passarge 1964 ; Potametum pectinato-perfoliati den Hartog et Segal 1964.

            Gpt ordmt très dense, très élevé (jusqu'à 4-5 m de haut), dominé par Potamogeton perfoliatus, evt accompagné de P. xdecipiens, des beines lacustres, grands étangs, parfois grands fossés ou canaux aux eaux légèrement courantes, assez profondes (2 < p < 5 m), eutrophes ; sur substrat minéral, sable ou argile pauvre en matière organique ; entre en contact avec les unités lacustres du Charion fragilis (Nitellopsidetum obtusae, Charetum globularis) et évolue par atterrissement vers le Myriophyllo-Nupharetum. Etages plan.-coll. (mont.)
          • I.4.1.3.3 · 
            Potametum pectinati

            Potametum pectinati Carstensen ex Hilbig 1971
            Syn. : Potamogeton pectinatus-Gesellschaft Oberd. 1977 (art. 3c) ; Potamogetonetum pectinati-perfoliati den Hartog et Segal 1964 (nom. nud., art. 2b) ; Gesellschaft von Potamogeton pectinatus var. scoparius Carstensen 1955 (art. 3c).

            Gpt moyennement dense à dense, pouvant atteindre 3 m de haut, dominé par Potamogeton pectinatus, evt accompagné de Potamogeton crispus, Elodea canadensis ; unité ubiquiste des étangs, mares, gravières, beines lacustres, fossés et ruisseaux, en eaux stagnantes à faiblement courantes, peu à moyennement profondes (1 < p < 3 m), fréquemment polluées, eutrophes à hypertrophes (eutrophisation anthropique), turbides, calcaires, assez fortement minéralisées (cond. = 250-350 µS/cm) ; sur substrat argileux épais riche en matière organique. Etages plan.-coll.
          • I.4.1.3.4 · 
            Potamo pectinati-Myriophylletum spicati

            Potamo pectinati-Myriophylletum spicati Rivas Goday 1964.
            Syn. : Myriophylletum spicati Soó 1927 (nom. nud., art. 2b).

            Gpt pionnier ordmt dominé par Myriophyllum spicatum, evt accompagné de Potamogeton lucens, P. perfoliatus, plus rarement de Myriophyllum verticillatum, des beines lacustres exposées au vent ou mares, étangs et bras mort à variation de niveau importante ; en eaux moyennement profondes (1 < p < 2 (3) m), bien oxygénées, claires à légèrement turbides, mésotrophes à méso-eutrophes ; sur substrat sableux à sablo-limoneux, pauvre en matière organique et calcaire. Etages plan.-mont.
          • I.4.1.3.5 · 
            Myriophylletum verticillati

            Myriophylletum verticillati Nowinsky 1930
            Syn. : Myriophylletum verticillati Gaudet 1924 (nom. nud., art. 2b) ; Myriophylletum verticillati Soó 1927 (nom. nud., art. 2b) ; Myriophylletum verticillati Gaudet ex Šumberová in Chytrý et al. 2011 (art. 31).

            Gpt ordmt monospécifique dominé par Myriophyllum verticillatum, evt associé à Ceratophyllum dermersum, Ranunculus circinatus et Nuphar lutea, des baies et anses lacustres calmes (sensible aux vagues), étangs, mares ou annexes fluviales alimentées par la nappe souterraine ; en eaux peu à moyennement profondes (0,5 < p < 1,5 (3) m), à émersion automnale éventuelle, peu oxygénées, claires, oligo-mésotrophes ; sur substrat limono-argileux à fraction organique importante ; remplace le Myriophylletum spicati au cours du processus d'atterrissement. Etages plan.-coll.
          • I.4.1.3.6 · 
            Najadetum marinae

            Najadetum marinae Libbert 1932 ex Fukarek 1961
            Syn. : Parvopotameto-Zannichellietum Libbert 1932 (nom. nud., art. 2b); Najadetum intermedia Koch 1926 ex Lang 1973 ; Parvopotameto-Zannichellietum tenuis Koch 26 ex Oberd. 1957. Non : Parvopotameto-Zannichellietum tenuis Koch 1926.

            Gpt dense, ordmt monospécifique, dominé par Najas marina, régulièrement accompagnée d'Elodea canadensis, Ranunculus circinatus et Myriophyllum spicatum, des bordures de lac, étangs et gravières envasées (stade initial de colonisation), à variations de niveau faible, en régions chaudes ; en eaux peu à moyennement profondes ((0,5) 1 < p < 2 (3) m), méso- à méso-eutrophes, claires, neutres à basiques (pH = 7-8,5), moyennement riche en calcium (Ca = 50-100 mg/l), pouvant indiquer une pollution en chlorures et sulfates ; sur substrat calcaire gravelo-sableux à sablo-limoneux ; entre en contact avec les unités du Phragmition australis ou de l'Oenanthion aquaticae sur sa frange supérieure, du Myriophyllo-Nupharetum en eaux eutrophes ou d'unités à characées en eaux mésotrophes (Charetum contrariae, Nitellopsidetum obtusae). Etages plan.-coll.
          • I.4.1.3.7 · 
            Ceratophyllo-Najadetum minoris

            Ceratophyllo-Najadetum minoris Otahelová 1980 ex Passarge 1996
            Syn. : Potamo-Najadetum Horvatić et Micevski in Horvatić 1963 (nom. nud., art. 2b) ; Najadetum marinae najadetosum minoris Oťaheľová 1980 (nom.nud., art. 2b). Non : Najadetum minoris Ubriszy 1961.

            Gpt dense dominé par Najas minor, parfois accompagnée de Chara contraria, Najas marina, Myriophyllum spicatum et Potamogeton pectinatus en eaux mésotrophes ou de Ceratophyllum demersum en eaux eutrophes ; unité des bordures de lac, étangs, bras morts, mares et fossés, à variations de niveaux faibles, des régions chaudes, aux eaux stagnantes tièdes, peu profondes (0,3 < p < 1 m), eutrophes, neutres (pH = 7-7,5), riche en calcium et souvent en chlorures ; sur substrat argileux calcaire et enrichi en matière organique ; unité remplacée par le Ceratophylletum demersi en cas d’hyper-eutrophisation et très rare en Suisse du fait de ses exigences thermiques. Etage plan.
          • I.4.1.3.8 · 
            Parvopotamo-Zannichellietum tenuis

            Parvopotamo-Zannichellietum tenuis Koch 1926
            Syn. : Zannichellietum palustris Lang 1967. Non : Parvopotameto-Zannichelietum pedicillatae Soò 1947.

            Gpt pionnier moyennement dense à dense, dominé par Zannichellia palustris, ordmt accompagnée de Potamogeton pectinatus et Chara contraria, des fossés, canaux, estuaires, bordures de lacs, mares et étangs envasés ; en eaux stagnantes ou faiblement courantes, permanentes ou à émersion estivale-automnale, peu profondes (0,4 < p < 1,3 (3) m), neutres à très basiques (pH = 7-9), riches en calcium, limpides, mais supportant une eutrophisation, voire un enrichissement en sels minéraux issus de pollutions urbaines et industrielles ; sur substrat meuble, argileux épais à limono-graveleux, riche en calcium ou matière organique. L'unité évolue par atterrissement vers l'Oenanthion aquaticae ou le Phalaridion arundinaceae. Elle est soumise à un marnage important et peut correspondre à une évolution marquée des unités du Ranunculion aquatilis. Etages plan.-coll. (mont.)
        • I.4.1.4 · 
          Nymphaeion albae

          Nymphaeion albae Oberd. 1957
          Syn. : Magno-Potamion eurosibiricum Vollmar 1947 (p.p.) ; Parvo-Potamion eurosibiricum Vollmar 1947 (p.p.).

          Gpts complexes, pluristratifiés, à végétation flottante et submergée, enracinée, plus ou moins dense, héliophile à hémisciaphile, des eaux stagnantes ou lentes, peu à moyennement profondes (0,1 < p < 2 m), mésotrophes à eutrophes, acides à basiques (pH = 6-9,3), ordmt turbides ; unité subdivisée en deux groupes d'associations selon la taille et la forme du feuillage des plantes révélant leur tolérance aux assèchements et aux vagues : les gpts du Nymphaeenion albae comprennent les végétations à larges feuilles arrondies (diam. > 10 cm), sensibles aux émersions et aux battements des vagues (genres Nymphaea, Nuphar, Nymphoides) ; les gpts du Polygonenion amphibii (l < 10 cm) comprennent les végétations à feuilles plus petites et elliptiques, tolérant les perturbations hydrologiques (Polygonum amphibium, Potamogeton natans, P. nodosus, Trapa natans). Par atterrissement, le Nymphaeion albae succède au Potamion pectinati avec lequel il entre souvent en contact. Etages plan.-mont. (subalp. inf.)
          • I.4.1.4.a · 
            Nymphaeenion albae

            Nymphaeenion albae suball. nov hoc loco
            Syn. : Magnonymphaeide Schratt in Grabherr et Mucina 1993 (art. 12).

            Gpt caractérisé par des végétations à larges feuilles flottantes arrondies des genres Nymphaea, Nuphar, Nymphoides ; présence en strate submergée de Myriophyllum spicatum ou M. verticillatum, evt de Ceratophyllum demersum ; unité ne tolérant pas l'émersion pendant la saison de croissance, evt un épisode bref. Etages plan.-mont. (subalp. inf.)
            • I.4.1.4.a.1 · 
              Nupharetum pumilae

              Nupharetum pumilae Oberd. 1957
              Syn. : Nupharetum pumili Orberd. 1957 (orig.) ; Nupharetum pumili Oberd. 1957 ex Müller et Görs 1960 (art. 31) ; Nupharetum pumilae Miljan 1958 (art. 31).

              Gpt subarctique-continental, cryophile, caractérisé par Nuphar pumila et Nuphar x spenneriana, parfois accompagnés de Potamogeton natans, des dépressions et fossés situés au sein ou à proximité des hauts-marais (stades avancés d'atterrissement) ; en eaux peu profondes (0,2 < p < 1 (2) m), froides, oligotrophes à mésotrophes, dystrophes, légèrement acides à neutres, peu minéralisées, pauvres en calcaires (Ca2+ < 30 mg/l), riches en fer (Fe total = 0,5-0,6 mg/l) ; sur substrat tourbeux à argileux, riche en matière organique, non calcaire, acide ; unité rare en Suisse. Etages (coll.) mont. (subalp.).
            • I.4.1.4.a.2 · 
              Myriophylleto-Nupharetum

              Myriophylleto-Nupharetum Koch ex Hueck 1931
              Syn. : Myriophyllo-Nupharetum Koch 1926 (nom. nud., art. 2b) ; Nymphaeetum albo-luteae Nowinski 1930 ; Myriophylleto verticillati-Nupharetum Miljan 1933.

              Gpt héliophile, thermophile, bistratifié plus ou moins dense, pouvant occuper plusieurs hectares, caractérisé par Nymphaea alba, Nuphar lutea (formant la strate supérieure à feuilles flottantes), associé à Myriophyllum verticillatum (formant la strate inférieure immergée), des étangs piscicoles, bras morts, mares et fossés ; en eaux moyennement profondes (0,8 < p < 2 m), stagnantes ou à courant très faible, permanentes (tolère les émersions brèves), chaudes, eutrophes, turbides, peu acides à basiques (pH = 6-8), moyennement calcaires (Ca = 50-70 mg/l) ; sur substrat sablo-argileux ; unité remplacée par des unités du Phragmition en cas d'envasement ou par le Ceratophylletum demersi en cas d’hyper-eutrophisation. Etages plan.-coll. (mont.).
            • I.4.1.4.a.3 · 
              Nymphoidetum peltatae

              Nymphoidetum peltatae Allorge 1922 ex Oberd. et Müller 1960 in Müller et Görs 1960
              Syn. : Association à Limnanthemum peltatum et Potamogeton pectinatis Allorge 1922 (nom. nud., art. 2b) ; Nymphoidetum peltatae (Allorge 1922) Bellot 1951 (<\>nom. nud., art. 2b) ; Trapo-Nymphoidetum Oberd. 1957 (p.p.) ; Nymphoides peltata-Gesellschaft Hild et Rehnelt 1965 (art. 3c).

              Gpt subcontinental-subméditerranéen, héliophile, thermophile, caractérisé par Nymphoides peltata, svt accompagné de Ceratophyllum demersum, des bras morts, dépressions alluviales, étangs piscicoles et ruisseaux ; en eaux stagnantes à lentes, chaudes, peu profondes (0,2 < p < 0,5 m), mésotrophes à eutrophes, turbides, neutres à basiques (pH = 7-9), moyennement minéralisées (cond. = 150-200 µS/cm) ; sur substrat argileux épais ; au contact du Trapetum natantis des eaux plus profondes. Nymphoides peltata est souvent introduit sur le territoire suisse. Etage plan.
            • I.4.1.4.a.4 · 
              Nymphaeetum albo-minoris

              Nymphaeetum albo-minoris Vollmar 1947
              Syn. : Nymphaeetum minoris Vollmar 1947 ex Oberd. 1957.

              Gpt boréo-montagnard caractérisé par Nymphea alba var. minor, variété naine de Nymphaea alba, éventuellement accompagnée de Potamogeton natans, des bordures de lacs et étangs marécageux et dépressions tourbeuses ; en eaux stagnantes, peu à moyennement profondes (0,2 < p < 2 m), dystrophes à mésotrophes, légèrement acides à basiques ; sur substrat constitué d'une couche d'argile ou de tourbe recouvrant une couche crayeuse calcaire. Etage mont.
          • I.4.1.4.b · 
            Potamenion natantis

            Polygonenion amphibii suball. nov hoc loco
            Syn. : Parvonymphaeide Schratt in Grabherr et Mucina 1993 (art. 12).

            Gpts caractérisés par des végétations à feuilles flottantes elliptiques réduites tq Polygonum amphibium, Potamogeton natans, P. nodosus ou par les rosettes de feuilles flottantes triangulaires de Trapa natans (très rare). Les nénuphars sont absents ou très peu abondants et les lemnacées régulières ; unité tolérant mieux les perturbations, notamment les vagues et les variations de niveaux d'eau, que le Nymphaeenion albae. Etages plan.-mont. (subalp. inf.)
            • I.4.1.4.b.1 · 
              Potametum nodosis

              Potametum denso-nodosi de Bolós 1957
              Syn. : Potametum nodosi Segal 1965 (nom. nud., art. 2b) ; Aggr. à Potamogeton nodosus Ceschin et Salerno 2008 (art. 3c).

              Gpt dominé par Potamogeton nodosus, accompagné régulièrement de Myriophyllum spicatum, des bordures d'anciennes gravières et grands étangs evt exondés en fin d'été-automne, canaux, ruisseaux, secteurs calmes des chenaux (estuaires) ; en eaux stagnantes ou à courant lent à rapide (feuilles flottantes absentes en cas de courant rapide, voir le Ranunculion fluitantis), peu profondes (0,3 < p < 1 m), fraîches, bien oxygénées, claires à turbides, mésotrophes à méso-eutrophes, fortement alcalines (pH = 7,9-9,3) et minéralisées (cond. = 250-400 µS/cm) ; sur substrat graveleux, recouvert d'une couche limoneuse plus ou moins riche en matière organique, mais non totalement colmaté ; unité remplacée par le Ceratophylletum demersi au cours du processus d'atterrissement et d'eutrophisation (colmatage du substrat, baisse de l'oxygénation). Etages plan.-coll.
            • I.4.1.4.b.2 · 
              Polygonetum amphibii

              Polygonetum amphibii Soó 1927 nom. cons.
              Syn. : Polygonetum amphibii Soó 1927 (nom. nud., art. 2b) ; Polygonetum amphibii Eggler 1933 (nom. nud., art. 2b) ; Potamogetono-Polygonetum natantis Knapp et Stoffers 1962 p.p. ; Polygonum amphibium-Gesellschaft Hild 1963 (art. 3c) ; Polygonum amphibium aquaticum-Gesellschaft Görs in Oberd. et al. 1977 (art. 3c).

              Gpt plus ou moins dense, dominé par Polygonum amphibium, en périphérie des mares et étangs récemment creusés, étangs piscicoles, gravières, chenaux et fossés à courant lent, soumis à des assèchements réguliers (développement en ce cas d'un accommodat terrestre) ; en eaux peu profondes (0,1 < p < 1 m), méso-eutrophes à eutrophes (tolère l'eutrophisation et les pollutions minérales), turbides, légèrement acides à neutres (pH = 6-7) ; sur substrat très argileux ; parfois au contact avec le Potametum natantis sur sa frange inférieure, en eaux plus permanentes. Etages plan.-mont.
            • I.4.1.4.b.3 · 
              Potametum natantis

              Potametum natantis Hild 1959
              Syn. : Potametum natantis Soó 1927 (nom. nud., art. 2b) ; Potamogeton natans-Bestände Doll 1991 (art. 3c).

              Gpt dense, souvent monospécifique, dominé par Potamogeton natans, à grande amplitude écologique, en périphérie des mares et étangs, fossés et secteurs calmes des cours d'eau lents ; en eaux peu profondes (0,5 < p < 1 m), soumises à des fluctuations modérées de niveaux, oligo-mésotrophes à mésotrophes, plus ou moins claires ; sur substrat argileux à tourbeux ; parfois au contact du Polygonetum amphibii et des formations d'hélophytes (Phragmition, Equisetion fluviatilis) sur sa frange supérieure et avec le Myriophylleto-Nupharetum sur sa frange inférieure. Etages plan.-mont. (subalp. inf.)
            • I.4.1.4.b.4 · 
              Trapetum natantis

              Trapetum natantis Karpati 1963
              Syn. : Trapa natans-Bestände Müller et Görs 1960 (art. 3c) ; Ass. Trapo-Nymphoidetum Oberd. 1957 (art. 36).

              Gpt thermophile, annuel, dominé par Trapa natans, accompagnée de Ceratophyllum demersum et Potamogeton crispus, des étangs piscicoles et bras morts ; en eaux stagnantes, peu à moyennement profondes ((0,1) 0,5 < p < 2 m), à forte amplitude thermique et fortement réchauffées en été (T ~ 25°C), neutres à basiques (pH = 7-8), eutrophes svt légèrement polluées (mais disparaissant rapidement en cas de pollution trop importante), turbides ; sur substrat argileux, humique ; unité tolérant des assèchements occasionnels très rare en Suisse. Etage plan.
      • I.4.2 · 
        Parvopotametalia

        Parvopotametalia den Hartog et Segal 1964
        Syn. : -

        Gpts submergés caractérisés par Potamogeton crispus en eaux permanentes, par P. berchtoldii et P. trichoides dans les zones d'atterrissement susceptibles de s'exonder en automne, régulièrement associés à des lemnacées ; unités occupant toute la tranche d'eau (0,1 < p < 2,5 m) au feuillage disparaissant ordmt en hiver, des secteurs perturbés et s’échauffant rapidement (bordures de beines lacustres, gravières en phase d'atterrissement, étangs, mares, fossés) ; les végétaux présentent une croissance rapide du fait de la variabilité des conditions hydrologiques (assèchements, vagues ou courants faibles) et du réchauffement rapide des eaux ; en eaux (oligo-) méso- à hypertrophes, neutres à basiques (pH = 6-8) ; sur substrat sableux à argileux, voire tourbeux, minéral ou organique. Etages plan.-mont. (subalp. inf.).
        • I.4.2.1 · 
          Parvopotamion

          Parvopotamion Vollmar 1947
          Syn. : Parvopotamion (Vollmar 1947) den Hartog et Segal 1964 (art. 31).

          Même description que l’ordre.
          • I.4.2.1.1 · 
            Elodeo canadensis-Potametum crispi

            Elodeo canadensis-Potametum crispi Pignatti 1954 ex Passarge 1994
            Syn. : Potametum crispi Soó 1927 (nom. nud., art. 2b) ; Aggrpm. Ad Anacharis canadensis e Potamogeton crispus Pignatti 1954 (art. 3c).

            Gpt ordmt peu étendu et moyennement dense, caractérisé par Potamogeton crispus, evt associé à Elodea canadensis, Potamogeton berchtoldii et Lemna minor, des mares, étangs, canaux, fossés ou cours d'eau lents, peu à moyennement profonds (1 < p < 2,5 m) ; en eaux svt polluées par des sels minéraux issus des activités agricoles et industrielles, donc très minéralisées (cond. = 200-600 µS/cm), mésotrophes à eutrophes, légèrement turbides, neutres à basiques, riches en calcium ; sur substrat argileux épais enrichi en matière organique plus ou moins décomposée. Etages plan.-coll. (mont. inf.)
          • I.4.2.1.2 · 
            Ceratophyllum demersi

            Ceratophylletum demersi Corillion 1957
            Syn. : Ceratophyllum demersi Soó 1927 (nom. nud., art. 2b) ; Ceratophylletum demersi Eggler 1933 (nom. nud., art. 2b) ; Gesellschaft mit Ceratophyllum demersum ex Hild 1956 (art. 3c) ; Ceratophylletum demersi Oberd. 1977; Ceratophylletum demersi den Hartog et Segal 1964 (nom. nud., art 2b).

            Gpt dense, vert très foncé, raide, souvent monospécifique, dominé par Ceratophyllum demersum, pouvant se déraciner et constituer des radeaux flottants, des étangs piscicoles, bras morts, mares, fossés ; au sein ou à proximité d'une zone agricole, subissant une hyper-eutrophisation d'origine anthropique ; en eaux stagnantes ou faiblement courantes, peu profondes (p < 1,5 m), evt temporaires, eutrophes à hypertrophes, fortement minéralisées (cond. = 360-730 µS/cm) ; sur substrat argileux épais, riche en nutriments et matière organique ; entre parfois en contact avec le Najadetum marinae ou le Myriophyllo-Nupharetum et remplace les unités des eaux eutrophes envasées (Najadetum minoris, Potametum crispi) par hyper-eutrophisation ; unité de transition entre les Potametea et les Lemnetea. Etages plan.-coll.
          • I.4.2.1.3 · 
            Potamo-Ceratophylletum submersi

            Potamo-Ceratophylletum submersi Pop 1962 [?]
            Syn. : Ceratophylletum submersi Soó 1928 (nom. nud., art 2b) ; Ceratophylletum submersi den Hartog et Segal 1964 (nom. nud., art 2b) ; Ceratophyllum submersum-reiche Gesellschaften Pietsch 1985 (art. 3c).

            Gpt dense, vert clair, souple, dominé par Ceratophyllum submersum, pouvant se déraciner et constituer des radeaux submergés, accompagné de Lemna minor, L. trisulca, S. polyrhiza ; au sein des étangs piscicoles, bras morts, anciennes gravières ; en eaux stagnantes, peu à moyennement profondes (0,6 < p < 2 m), permanentes, très minéralisées, eutrophes à hypertrophes (eutrophisation naturelle), riche en calcium ; sur substrat sableux à argileux épais ; unité de transition entre les Potametea et les Lemnetea, rare en Suisse. Etages plan.-coll.
          • I.4.2.1.4 · 
            Elodeetum canadensis

            Callitricho-Elodeetum canadensis Passarge 1964 ex Passarge 1994
            Syn. : Elodea canadensis-Gesellschaft Schaefer-Guignier 1994 (art. 3c) ; Helodeetum canadensis Eggler 1933 (nom. nud., art. 2b).

            Gpt pionnier héliophile à hémisciaphile dominé par la néophyte invasive Elodea canadensis, pouvant persister du fait de son fort pouvoir compétitif, au sein de canaux, étangs, mares, fossés ou cours d'eau lents ; unité à large amplitude écologique tolérant l'eutrophisation et l’ombrage, en eaux méso-eutrophes à eutrophes, svt d'origine phréatique et relativement fraîches, peu profondes (0,5 < p < 1 (1,5) m), claires à très turbides, peu à moyennement minéralisées (cond. = 90-300 µS/cm), neutres à basiques (pH = 6-8), riche en calcium ; sur substrat limono-sableux. Etages plan.-mont. (subalp. inf.).
          • I.4.2.1.5 · 
            Elodeetum nuttalli

            Elodeetum nuttalli de Lange 1972 ass. nov hoc loco
            Syn. : Ranunculo-Elodeetum nuttallii de Lange 1972 ex Passarge 1994 (art. 5). Non : Ceratophyllo demersi-Elodeetum nuttallii Ciocârlan et al. 1997.

            Gpt dominé par la néophyte invasive Elodea nuttallii, pionnière pouvant persister du fait de son fort pouvoir compétitif, svt accompagnée de Ceratophyllum demersum, tolérant davantage l'eutrophisation, les pollutions industrielles et le réchauffement qu’Elodea canadensis, confinant donc progressivement cette dernière à des habitats plus frais et ombragés, en eaux méso-eutrophes à eutrophes, turbides, fortement minéralisées (cond. = 300-500 µS/cm), neutres à basiques (pH = 7-8), riche en calcium ; sur substrat limono-argileux. Etages plan.-coll.
          • I.4.2.1.6 · 
            Potametum trichoidis

            Potametum trichoidis Tx. 1974
            Syn. : Potamogeton trichoidis-Ass. Freitag et al. 1958 ex Tx. 1974 (orig.) ; Potamogeton trichoides-Gesellschaft Freitag, Markus et Schwippl 1958 (art. 3c).

            Gpt pionnier, dense à moyennement dense, peu élevé (0,3 < h < 0,6 m), à développement estival, dominé par Potamogeton trichoides des petites pièces d'eau, annexes fluviales et fossés aux eaux stagnantes, peu profondes (0,1 < p < 0,5 m), à niveau fluctuant et échauffement estival marqué, moyennement minéralisées (cond. = 200-250 µS/cm), mésotrophes à méso-eutrophes ; sur substrat sableux à argileux, voir tourbeux ; entre en contact et évolue rapidement vers le Sagittario-Sparganietum, l'Alopecuro aequalis-Alismetum plantagini-aquaticae ou vers les unités du Phragmition par atterrissement. Etage plan.
          • I.4.2.1.7 · 
            Potametum obtusifolii

            Potametum obtusifolii Carstensen 1955
            Syn. : Potamogeton obtusifolius-Ass. Carstensen 1955 (orig.) ; Potametum obtusifolii Carstensen 1954 prov Neuhäusl 1959 (nom. superfl., art. 29b). Non. : Potametum crispi-obtusifolii Sauer 1937.

            Gpt de faible superficie dominé par Potamogeton obtusifolius, des mares, étangs, bras morts, fossés et dépressions tourbeuses, en eaux stagnantes à lentes, peu à moyennement profondes (0,2 < p < 2 m), oligotrophes à mésotrophes, claires, neutres (pH = 6,5-7) ; sur substrat argileux à tourbeux, riche en matière organique ; au contact des unités des Lemnetea (Lemnetum minoris, Lemnetum trisulcae, Hydrocharitetum morsus-ranae). Etages plan.-coll.
          • I.4.2.1.8 · 
            Callitricho-Potametum berchtoldii

            Callitricho-Potametum berchtoldii Passarge 1982
            Syn. : Potametum berchtoldii Wijsman ex Schipper, Lanjouw et Schaminée in Schaminée et al. 1995 (nom. dub., art. 37) ; Potamogeton berchtoldii-Gesellschaft Rennwald 2000 (art. 3c).

            Gpt héliophile, dominé par Potamogeton berchtoldi, evt accompagné de Callitriche stagnalis ou Potamogeton crispus, des fossés et ruisseaux mi-ombragés à écoulement lent, aux eaux peu profondes (0,2 < p < 1 m), tièdes, claires, méso- à eutrophes, neutres à basiques ; sur substrat minéral sableux à argileux. Etages plan.-coll.
          • I.4.2.1.9 · 
            Potametum berchtoldii-pectinati

            Potametum berchtoldii-pectinati Passarge 1996
            Syn. : Potamogeton berchtoldii-Gesellschaft Rennwald 2000 p.p. (art. 3c).

            Gpt plus ou moins dense, annuel, dominé par Potamogeton berchtoldii et P. pectinatus, des étangs, mares et fossés ensoleillés, en eaux stagnantes, peu à moyennement profondes (0,2 < p < 1 (2) m), à la surface souvent agitée par le vent (clapotis), méso- à eutrophes, neutres à basiques (pH = 7-8) ; sur substrat organique, argileux à tourbeux. Tolère l'eutrophisation et les fluctuations de niveaux. Etages plan.-mont.
      • I.4.3 · 
        Callitricho hamulatae-Ranunculetalia aquatilis

        Callitricho hamulatae-Ranunculetalia aquatilis Passarge 1978 ex Theurillat 2015
        Syn. : Parvopotametalia den Hartog et Segal 1964 (p.p.) ; Callitricho-Batrachietalia den Hartog et Segal 1964 ex Passarge 1978 (art. 2b) ; Callitricho-Potametalia Lanjow et Schaminée in Schaminée et al. 1995 (art. 2b, 29c).

        Gpts pionniers amphibies ou rhéophiles submergés caractérisés par Callitriche spp., Ranunculus spp. (sous genre Batrachium) et Sparganium emersum var. fluitans, dont la morphologie s’adapte au courant et/ou aux assèchements. Dans ces conditions perturbées, les végétaux de cette unité bénéficient d'une faible concurrence, du renouvellement des eaux, de leur oxygénation et comme de celle du substrat. Certains taxons peuvent ainsi être rencontrés à la fois dans les eaux courantes (Ranunculion fluitantis) et dans les eaux fluctuantes (Ranunculion aquatilis) sous leur accommodat rhéophile et terrestre. Etages plan.-mont. (subalp. inf.).
        • I.4.3.1 · 
          Ranunculion fluitantis

          Ranunculion fluitantis Neuhäusl 1959
          Syn. : Ranunculion fluitantis Neuhäusl 1959 (orig., Ranunculus fluitans = Batrachium fluitans) ; Callitricho-Batrachion den Hartog et Segal 1964 (p.p.).

          Gpts submergés, caractérisés par Ranunculus fluitans, Berula erecta f. submersa et Groenlandia densa, des eaux courantes suffisamment rapides pour que les végétations adaptent leur morphologie (plantes à feuilles rubanées, présentes sous leur accommodat rhéophile, ayant perdu leur capacité de reproduction sexuée ou à floraison discrète) ; unités du centre ou des bordures des cours supérieurs à inférieurs des rivières, anses, bras morts, chenaux, fossés, ruisselets et ruisseaux ; en eaux peu à moyennement profondes (0,1 < p < 3 m), parfois d'origine phréatique, oligotrophes à eutrophes, voire polluées, calcaires ou non, faiblement acides à basiques (pH = 6,4-8,5) ; sur substrat argileux à caillouteux. Etages plan.-mont. (subalp. inf.).
          • I.4.3.1.1 · 
            Sparganio emersi-Potametum pectinati

            Sparganio emersi-Potametum pectinati Hilbig 1971 ex Reichhoff et Hilbig 1975
            Non : Ranunculetum fluitantis sparganietosum Allorge 1922 ex Koch 1926.

            Gpt thermophile, héliophile, caractérisé par Potamogeton pectinatus f. interruptus ou Sparganium emersum var. fluitans, evt associés à Potamogeton crispus, Sagittaria sagittifolia, Nuphar lutea ou Butomus umbellatus, linéaire ou ponctuel des zones centrales des lits de rivières, canaux et chenaux plus ou moins larges ; en cours inférieur de rivière en situation non anthropisée ou plus en amont en situation anthropisée à forte charge trophique ; en eaux peu à moyennement profondes ((0,5) 1 < p < 2 m), eutrophes, polluées par des rejets d'eaux usées ou de drainages agricoles, turbides, calcaires ; sur substrat argileux plus ou moins épais. Par eutrophisation, l'unité succède aux gpts mésotrophiles et rhéophiles du Ranunculion fluitantis des cours moyens et supérieurs ; forme parfois des mosaïques avec d’autres végétations d'eaux courantes (Veronico beccabungae-Callitrichetum platycarpae, etc.) au niveau de méandres ou d’anses aux eaux peu courantes et peu profondes ; entre régulièrement en contact avec des gpts amphibies du Glycerio-Sparganion sur les bordures rhéophiles ou avec les gpts du Phalaridion arundinaceae sur les berges. Etages plan.-coll.
          • I.4.3.1.2 · 
            Ranunculetum fluitantis

            Ranunculetum fluitantis Allorge 1922 ex Koch 1926
            Syn. : Ranunculetum fluitantis sparganietosum Allorge 1922 ex Koch 1926 (orig.) ; association à Ranunculus fluitans Allorge 1922 (nom. nud., art. 2b).

            Gpt héliophile caractérisé par Ranunculus fluitans, evt associée à Potamogeton crispus, P. natans, P. pectinatus, formant des longs fuseaux immergés occupant toute la lame d'eau et se recouvrant d'un essaim de fleurs blanches en juin ; dans les cours moyens et supérieurs des rivières ; en eaux claires bien oxygénées, peu à moyennement profondes (1 < p < 3 m), peu à moyennement minéralisées, oligo-mésotrophes à méso-eutrophes, non polluées, calcaires ; sur substrat sableux-graveleux, unité remplacée par des formations à Fontinalis antipyretica en situation ombragée. Etages plan.-coll.
          • I.4.3.1.3 · 
            Callitricho hamulatae-Ranunculetum fluitantis

            Callitricho hamulatae-Ranunculetum fluitantis Oberd. 1957
            Syn. : Ranunculo-Callitrichetum hamulatae Oberd. 1957 ex Müller in Oberd. 1977 ; Callitrichetum hamulatae Oberd. 1970 (nom. nud., art. 2b).

            Gpt caractérisé par Callitriche hamulata, des ruisseaux, chenaux, fossés, marges des petites rivières ombragées ; en eaux peu profondes (0,4 < p < 1 m), oligotrophes à mésotrophes, fraiches, claires, acides, pauvres en calcaire ; sur substrat graveleux à caillouteux silicaté ; unité rare en suisse. Etages plan.-coll. (mont.).
          • I.4.3.1.4 · 
            Groenlandietum densae

            Groenlandietum densae Segal ex Schipper et al. in Schaminée et 1995
            Syn. : Groenlandietum densae Bolós 1957 (phantom) ; Groenlandietum densae Segal 1965 (nom. nud., art. 2b) ; Potamogeton Korneck 1969 (art. 3c).

            Gpt héliophile à hémisciaphile, ordmt peu dense et diversifié, caractérisé par Groenlandia densa evt associée à Elodea canadensis, Berula erecta, Myriophyllum spicatum, Chara vulgaris et Nitella opaca, des chenaux, bras morts, beines lacustres, fossés et ruisseaux ; en eaux stagnantes à lentes, svt d'origine phréatique (nappes et résurgences), à la température constante, jamais surchauffées en été, peu profondes (0,3 < p < 1 m), oligotrophes à mésotrophes, non polluées, claires, ordmt neutres à basiques (pH = 7,5-8,5) ; sur substrat limono-argileux à sableux. Etages coll.-mont. (subalp. inf.).
          • I.4.3.1.5 · 
            Callitrichetum stagnalis

            Callitrichetum stagnalis Kaiser 1926
            Syn. : Callitriche stagnalis-A. Kaiser 1926 (orig.) ; Veronico beccabungae - Callitrichetum stagnalis Kaiser 1926 ex Müller 1962 (nom. superfl.) ; Callitrichetum stagnalis Segal 1967 (nom.nud., art. 2b) ; Callitrichetum stagnalis Segal 1967 ex Ceschin et Salerno 2008.

            Gpt dense caractérisé par Callitriche stagnalis, parfois associé à Veronica beccabunga, des régions à été chaud, des ruisseaux, fossés, chenaux et bordures de rivières, tolérant l'émersion et l'ombrage ; en eaux peu profondes (0,3 < p < 0,8 m), méso-eutrophes, riches en nitrates, acides à neutres (pH = 6,4-7), pauvres en calcaire, claires, oxygénées ; sur substrat sablo-graveleux à argileux silicaté, plus ou moins riche en matière organique ; remplacé par des gpts à Fontinalis antipyretica en secteur plus ombragé. Etages plan.-coll. (mont.)
          • I.4.3.1.6 · 
            Veronico beccabungae - Callitrichetum platycarpae

            Veronico beccabungae - Callitrichetum platycarpae Mériaux 1978
            Syn. : -

            Gpt océanique à sub-océanique, ordmt dense (R > 60 %), caractérisé par Callitriche platycarpa, evt associé à Veronica beccabunga, sous leur accommodat rhéophile, des ruisselets, chenaux, anses, méandres et bordures des ruisseaux ombragés ; en eaux courantes, peu profondes (0,1 < p < 0,3 m), mésotrophes à eutrophes, voire polluées ; sur substrat limono-argileux à sablo-graveleux calcaire ; unité rare en Suisse. Etages plan.-coll. (mont.)
          • I.4.3.1.7 · 
            Beruletum submersae

            Beruletum submersae Roll 1939
            Syn. : Beruletum angustifoliae submersa Roll 1938 (orig.) ; Ranunculo-Sietum erecti-submersi Müller 1962 (nom. superfl.).

            Gpt dominé par Berula erecta f. subsmersa, evt associé à Groenlandia densa, Ranunculus fluitans, des ruisseaux, rivières et embouchures ; en eaux à courant plus ou moins rapide, fraîches, claires, oxygénées, calcaires, oligo- à mésotrophes, jusqu'à 1,50 m de profondeur ; à la différence de l'Apio-Beruletum, les hélophytes des zones régulièrement émergées tq Glyceria spp. ou Veronica anagalis-aquatica sont absentes ou présentes de manière éparses ; sur substrat graveleux calcaire, parfois recouvert d'une couche de détritus organiques. Etages plan.-coll.
        • I.4.3.2 · 
          Ranunculion aquatilis

          Ranunculion aquatilis Passarge 1964 ex Theurillat 2015
          Syn. : Ranunculion aquatilis Passarge 1964 (art. 2b) ; Callitricho-Batrachion den Hartog et Segal 1964 (p.p.).

          Gpts amphibies pionniers caractérisés par des espèces vivaces des genres Ranunculus (sous genre Batrachium) et Callitriche, des bordures exondables des étangs, des mares prairiales, ruisselets, fossés, dépressions inondées ; en eaux stagnantes ou à courant très faible, peu profondes (p < 1 m), soumises aux fluctuations de niveaux et aux assèchements, oligo-mésotrophes à eutrophes, légèrement acides à basiques, calcaires ou non ; sur substrat argileux, limono-argileux ou sableux. Etages plan.-mont. (subalp.).
          • I.4.3.2.1 · 
            Ranunculetum aquatilis

            Ranunculetum aquatilis Géhu 1961 ex Passarge 1964
            Syn. : Ranunculus aquatilis-Bestände Sauer 1947 (art. 3c) ; Ranunculetum aquatilis (Ranunculus aquatilis = Batrachium aquatile) Géhu 1961 (nom. dub.).

            Gpt héliophile à développement printanier caractérisé par Ranunculus aquatilis, des mares prairiales, fossés, dépressions inondées ensoleillées ; en eaux stagnantes à faiblement courantes, claires, peu profondes (0,2 < p < 1 m), eutrophes mais non polluées, calcaires, neutres à basiques (pH = 7-8,5) ; sur substrat limono-argileux. L’atterrissement et/ou l’eutrophisation excessive des mares prairiales, conduisent souvent au remplacement de cette unité par le Glycerietum fluitantis ou des herbiers monospécifiques à Callitriche platycarpa. L'espèce semble avoir quasiment disparu du Plateau. Etages plan.-mont. (subalp.).
          • I.4.3.2.2 · 
            Ranunculetum peltati

            Ranunculetum peltati Weber-Oldecop 1969
            Syn. : Batrachietum aquatili-peltati Sauer 1937 (nom. nud., art. 2b).

            Gpt héliophile, à développement printanier, caractérisé par Ranunculus peltatus, evt accompagné de Lythrum portula, Alisma plantago-aquatica, Agrostis stolonifera, Eleocharis acicularis sur secteurs exondés en été ou de Potamogeton natans, Callitriche hamulata et C. platycarpa sur secteurs plus longuement inondés ; unité des mares prairiales, fossés, ruisselets et étangs ; en eaux stagnantes ou très lentes, peu profondes (0,5 < p < 1 m), oligo-mésotrophes à méso-eutrophes, légèrement acides à neutres, peu calcaires ; sur substrat argileux ou sableux ; cette unité est remplacée par le Glycerietum fluitantis ou le Callitricho-Ranunculetum trichophylli en cas d'atterrissement et d'eutrophisation ; unité plus thermophile que le Ranunculetum aquatilis. Etages plan.-coll.
          • I.4.3.2.3 · 
            Callitricho-Ranunculetum trichophylli

            Callitricho-Ranunculetum trichophylli Soó 1949
            Syn. : Ranunculus trichophyllus-Callitriche polymorpha Assoziation Soò 1927 (nom. nud., art. 2b).

            Gpt caractérisé par Ranunculus trichophyllus, associé à Callitriche palustris, des marais et mares en prairies alluviales encore connectées au chenal principal (connectivité latérale) ou alimentées par des eaux souterraines (connectivité verticale), evt à exondation estivale ; en eaux stagnantes à lentes, peu profondes (p < 0,5 m), bien minéralisées, mésotrophes à méso-eutrophes, tolérant une certaine eutrophisation ; sur substrat argileux riche en matière organique ; unité nettement plus thermophile que le Ranunculetum confervoidis. Etages plan.-coll.
    • I.5 · 
      Utricularietea intermedio-minoris
      Dépressions inondées à utriculaires

      Utricularietea intermedio-minoris Pietsch 1964 ex Krausch 1968
      Syn. : Utricularietea intermedio-minoris Pietsch 1964 nom. nud. (art. 2b, 8) ; Utricularietea Hartog et Segal 1964 (p.p., nom. nud., art. 2b).

      Gpts paucispécifiques d'hydrophytes immergés nageants (parfois fixés temporairement) du genre Utricularia associé à des tapis de bryophytes et de characées, des étangs, gravières, bras morts, fossés de drainage et dépressions de haut-marais, marais de transition et bas-marais ; souvent associés ou constituant la strate inférieure de gpts hélophytiques (scirpaies, typhaies, phragmitaies et cariçaies). Les espèces les plus caractéristiques de cette classe sont Utricularia minor et U. intermedia. Ces unités se développent en eaux stagnantes, peu oxygénées, acides à basiques (pH = 3,6-7,5), ordmt riches en matière organique (dystrophes), pauvres en nutriments (oligo- à mésotrophes favorisant la présence d'espèces insectivores frugales), peu à moyennement profondes (< 2 m), se réchauffant en été et soumis à d'importantes variations de nappe. Le substrat, riche en matière organique, peut être exondé, mais demeure humide. Etages plan.-mont.
      • I.5.1 · 
        Utricularietalia intermedio-minoris

        Utricularietalia intermedio-minoris Pietsch ex Krausch 1968
        Syn. : Utricularietalia intermedio-minoris Pietsch 1964 (nom. nud., art. 2b, 8) ; Utricularietalia den Hartog et Segal 1964 p.p.

        Même description que celle de la classe.
        • I.5.1.1 · 
          Sphagno cuspidati – Utricularion minoris

          Sphagno cuspidati - Utricularion minoris Müller et Görs 1960
          Syn. : Sphagno-Utricularion all.nov. Müller et Görs 1960 (orig., p.p.) ; Sphagno-Utricularion Müller et Görs 1960 ex Pietsch 1964 (nom.nud., art. 2b).

          Gpts héliophiles, paucispécifiques, ordmt peu denses et peu étendus, caractérisés par Utricularia ochroleuca, Utricularia stygia et des mousses acidophiles (Sphagnum spp.) au sein de dépressions et anciennes fosses d'extraction de tourbe des haut-marais et marais de transition, en eaux stagnantes très peu profondes, pauvres en calcaires, faiblement minéralisées, acides (pH < 6), oligotrophes à dystrophes ; sur substrat argileux à tourbeux. Etage mont.
          • I.5.1.1.1 · 
            Sphagno-Utricularietum ochroleucae

            Sphagno-Utricularietum ochroleucae Oberd. 1957 ex Müller et Görs 1960
            Syn. : Sphagno-Utricularietum ochroleuci (Schumacher 37) Oberd. 57 (art. 3b) ; Sphagno-Utricularietum (ochroleuci) Oberd. 1957 (art. 3b) ; Utricularia ochroleuca-Schlenke Schumacher 1937 (art. 3c) ; Utricularietum ochroleucae Pietsch in Renwald 2000 (art. 31).

            Gpt héliophile caractérisé par Utricularia ochroleuca, U. stygia et la présence de sphaignes des eaux oligotrophes à dystrophes, riches en acides humiques, acides (pH = 3,6-6,0), pauvres en calcaire et riches en sulfates des dépressions des hauts-marais et marais de transition, épisodiquement asséchés ; sur substrat argileux à tourbeux ; unité très rare en Suisse. Etage mont.
        • I.5.1.2 · 
          Scorpidio-Utricularion minoris

          Scorpidio-Utricularion minoris Pietsch 1964 ex Krausch 1968
          Syn. : Sphagno-Utricularion Müller et Gors 1960 (p.p.) ; Utricularion den Hartog et Segal 1964 (p.p.) ; Scorpidio-Utricularion minoris Pietsch 1964 (nom. nud., art. 2b).

          Gpts héliophiles à hémisciaphiles, paucispécifiques (3-7 espèces), ordmt peu denses et peu étendus (< 1 m2 ), caractérisés par Utricularia minor et U. intermedia, associées à des characées tq Chara fragilis et des bryophytes tq Scorpidium scorpiodides (les sphaignes sont absentes) au sein de mares, étangs ou dépressions situées à proximité de bas-marais et marais de transition en eaux stagnantes peu profondes (p < 2 m), oligo- à mésotrophes, voire dystrophes (10 < Ptot < 40 µg/l), légèrement acides à légèrement basiques (pH = 6-7,5) ; sur substrat argileux à tourbeux. Etages plan.-coll. (mont).
          • I.5.1.2.1 · 
            Scorpidio-Utricularietum minoris

            Scorpidio-Utricularietum minoris Müller et Görs 1960
            Syn. : Scorpidio-Utricularietum (Ilschner 59 mskr.) Müller et Görs (orig.) ; Utricularietum minoris-intermediae den Hartog et Segal 1964 (nom. nud., art. 2b) ; Utricularietum minori-intermediae Pietsch 1964 (nom. nud., art 2b) ; Utricularietum intermedio-minoris Pietsch 1964 ex Krausch 1968.

            Gpt hémisciaphile caractérisé par Utricularia minor associée à Scorpidium scorpioides et evt à Utricularia intermedia, pouvant être accompagnées de Calliergon giganteum et de characées tq Nitella tenuissima, Nitella confervacea ou Chara vulgaris, des ornières et dépressions des marais, bordures d'étangs, petits lacs, anciennes gravières et bras mort alimentés par des eaux souterraines ; en eaux oligo- à mésotrophes (10 < Ptot < 40 µg/l), légèrement acides à légèrement basiques (pH = 6-7,5), pauvres en oxygène, de couleur parfois brune (acides humiques), transparentes, peu profondes (0,05 < p < 0,2 m), permanente ou s'asséchant en fin d'été au substrat argileux jamais desséché en profondeur (les tapis de mousses et les résurgences de nappe souterraine maintenant une certaine humidité) ; unité pionnière évoluant vers les unités du Caricion lasiocarpae et du Magnocaricion elatae en cas d'atterrissement ou vers les unités des Lemnetea minoris ou des Potametea pectinati en cas d'eutrophisation. Etages plan.-coll. (mont. inf.)
  • II · 
    Marais et sources


    Cette unité comprend les végétations des sources froides à mousses et paludéennes oligotrophiles des bas-marais et marais de transition ou méso- à eutrophiles des marais et des rives. Les espèces caractéristiques de cette unité montrent un appareil végétatif aérien tandis que leurs bourgeons de renouvellement sont situés dans la vase (hélophytes).
    • II.1 · 
      Montio-Cardaminetea
      Végétations des sources froides à mousses

    • II.2 · 
      Scheuchzerio-Caricetea fuscae
      Végétations oligotrophiles des bas-marais et marais de transition

    • II.3 · 
      Phragmito-Magnocaricetea
      Végétations nitrophiles des marais et rives

      Phragmito-Magnocaricetea Klika in Klika et Novác 1941

      Gpts mono- ou paucispécifiques (n < 10) de graminées et graminoïdes, plus rarement d'alismatacées, de brassicacées ou d'apiacées amphibies, sous influence de l'eau libre, stagnante ou courante. Floristiquement, ils trouvent une unité dans la présence plus ou moins régulière de Phragmites australis ou de Phalaris arundinacea et dans une moindre mesure de Glyceria maxima, Iris pseudoacorus, Mentha aquatica, Polygonum amphibium, associés le cas échéant à des taxons pionniers hygrophiles à large amplitude tq Agrostis stolonifera ou Lythrum salicaria. Présents dans les zones de sédimentation, leur sol est à minima inondé durant une partie de l'année (parfois en permanence) et toujours engorgé en profondeur (présence d'une nappe). Le niveau d'eau est ainsi variable et peut atteindre 3 m dans les situations les plus aquatiques (cas du Schoenoplectetum lacustris) pour n'être situé qu'en subsurface à - 1 m lors des phases d'exondations estivale ou automnale dans les situations à fort marnage (cas des associations du Phalaridion). Ces unités ont fortement régressé depuis un siècle en raison du drainage, de l'endiguement et de la régulation des niveaux d'eau. Etages plan.-mont. (subalp.).
      • II.3.1 · 
        Bolboschoenetalia maritimi

        Bolboschoenetalia maritimi Hejný in Holub, Hejný, Moravec & Neuhäusl 1967

        Gpts hygrophiles pionniers maritimes ou continentaux des sols salés à alcalins caractérisés par Bolboschoenus maritimus aggr. (inclus B. laticarpus et B. planiculmis), Eleocharis uniglumis, Schoenoplectus tabernaemontani, Schoenoplectus triqueter et Schoenoplectus x carinatus, parfois associés à des espèces maritimes tq Agrostis stolonifera ssp. maritima, Aster tripolium, Juncus maritimus, Triglochin maritimum et/ou à des taxons paludéens tolérant les perturbations. Le sol présente une teneur en sels variables (de différentes natures et parfois avec de faibles teneurs). Il est exondé en période estivale. Sa teneur en éléments nutritifs est variable ; unités de substitution aux roselières, fragmentaires en Suisse, en zones naturellement ou artificiellement perturbées présentes sur des superficies restreintes. Etages plan.-coll.
        • II.3.1.1 · 
          Cirsio brachycephali-Bolboschoenion

          Cirsio brachycephali-Bolboschoenion (von Soó 1945) Mucina in Balátová-Tulácková et al. 1993
          Syn. : Bolboschoenion (hal.) von Soó 1945 ; Bolboschoenion von Soó 1947 ; Bolboschoenion maritimi continentale von Soó (1945) 1947 em. Borhidi 1970 ; Cirsio-Bolboschoenenion (von Soó 1947) Borhidi 1970 em. Passarge 1978. Non : Scirpion maritimi Dahl et Hadàč 1941 ; Halo-Scirpion (Dahl et Hadàč 1941) Den Held et Westoff in Westoff et Held 1969.

          Gpts hygrophiles pionniers continentaux des sols oligohalins caractérisés par Bolboschoenus maritimus aggr. (inclus B. laticarpus et B. planiculmis), Eleocharis uniglumis, Schoenoplectus tabernaemontani et Schoenoplectus x carinatus régulièrement associés à des taxons paludéens ou hygroclines tolérant les perturbations tq Agrostis stolonifera, Alisma plantago-aquatica, Juncus alpinoarticulatus ssp. fuscoater, J. articulatus, Lythrum salicaria ou Typha latifolia, dépourvus des taxons halophiles maritimes tq Agrostis stolonifera ssp. maritima, Aster tripolium, Juncus maritimus, Triglochin maritimum. Leur présence révèle le caractère fugace de ces unités et la faible hauteur d'eau lors des crues (situation entre le niveau moyen des eaux et les hautes eaux). Le développement de Phragmites australis marque une stabilisation des conditions. Le sol, oligohalin à alcalin, est plus ou moins riche en sels (surtout K et Ca) et exondé en période estivale. Sa teneur en éléments nutritifs est variable ; unités de substitution aux roselières, fragmentaires en Suisse, en zones naturellement ou artificiellement perturbées présentes sur des superficies restreintes. Etages plan.-coll.
          • II.3.1.1.1 · 
            Schoenoplectetum tabernaemontani

            Schoenoplectetum tabernaemontani von Soó 1947
            Syn. : Schoenoplectetum tabernaemontani von Soó 1927 ; Scirpetum tabernaemontani Passarge 1955.

            Gpt caractérisé et ordmt dominé par Schoenoplectus tabernaemontani, régulièrement associé à des espèces amphibies tq Alisma plantago-aquatica ou Polygonum amphibium et pionnières tq Agrostis stolonifera, Juncus spp. ou Triglochin palustris, ainsi qu'à Phragmites australis ; souvent présent dans les fossés inondés en eaux peu profondes (0,1 m < p < 0,5 m) ou au sein des ornières créées par les engins d'entretien des marais. Le sol est ordmt de nature minérale (sableux à limoneux) ou de type sapropèle, eutrophe et ordmt plus longuement inondé que le Bolboschoenetum maritimi. Etage plan.-coll.
          • II.3.1.1.2 · 
            Phragmito-Bolboschoenetum maritimi

            Phragmito-Bolboschoenetum maritimi Tyler 1969 nom. mut. prop.
            Syn. : Phragmito-Scirpetum maritimi Tyler 1969 ; Bolboschoeno-Phragmitetum Borhidi et Balogh 1970.

            Gpt bi-stratifié des eaux stagnantes faiblement salines à alcalines méso-eutrophes, marqué par la co-dominance de Phragmites australis et Bolboschoenus maritimus. La phase terrestre est moins longue que dans le cas du Bolboschoenetum maritimi ce qui permet le développement d'espèces strictement hygrophiles tq Galium palustre, Mentha aquatica, Myosotis scorpioides, rares ou absentes du Bolboschoenetum maritimi. Les faciès les plus longuement inondés sont plus appauvris ; unité dont la présence potentielle en Suisse demeure à préciser. Etage plan.
          • II.3.1.1.3 · 
            Bolboschoenetum maritimi

            Bolboschoenetum maritimi von Soó ex Eggler 1933
            Syn. : Bolboschoenetum maritimi von Soó 1927 ; Scirpetum maritimae (Wi. Christiansen 1934) Tx. 1937. Non : Halo-Scirpetum maritimi Dahl et Hadàč 1941.

            Gpt caractérisé et dominé par Bolboschoenus maritimus aggr., formant le plus souvent des populations monospécifiques fugaces, plus ou moins lâches, en secteurs perturbés (piétinnement, boutis de sanglier) et inondés ordmt jusqu'au milieu de l'été. Le sol est souvent composé de limons fins, mais peut être graveleux (cas des gravières), calcaire et riche en nutriments ; occasionnellement sur substrat non calcaire ou secteurs pollués. Le sol contient une teneur en sel plus élevée que dans le Bolboschoeno-Phragmitetum, la phase terrestre est également plus longue. Etage plan.
          • II.3.1.1.4 · 
            Eleocharitetum uniglumis

            Eleocharitetum uniglumis Almquist 1929

            Gpt pionnier caractérisé et dominé par Eleocharis uniglumis, formant le plus souvent des peuplements monospécifiques hauts de 0,3 m à 0,4 m, mais pouvant être associés à d'autres taxons pionniers ou tolérant peu la concurrence tq Juncus subnodulosus, Pedicularis palustris, Schoenoplectus tabernaemontani, se développant au sein des ornières créées par les engins d'entretien des marais ; au contact des choinaies, cladiaies ou magnocariçaies (Caricetum elatae). Le sol est ordmt de nature organique, oligotrophe, riche en bases, parfois en sels, inondé (en eau peu profonde - 0 < p < 0,3 m) ou simplement engorgé en période estivale. Etage coll.
          • II.3.1.1.5 · 
            Schoenoplectetum triquetri

            Schoenoplectetum triquetri Zonneveld 1960

            Gpt alluvial caractérisé et ordmt dominé par Schoenoplectus triqueter, régulièrement associé à des espèces pionnières tq Agrostis stolonifera, Juncus spp. ou Polygonum lapathifolium, ainsi qu'à Phalaris arundinacea. Le sol est ordmt de nature minérale (limono-sableux) ; présent aux abords des grandes rivières ou au sein de leur bras secondaires en eaux eutrophes au-dessus du niveau moyen des eaux. Etage plan.
      • II.3.2 · 
        Phragmitetalia australis

        Phragmitetalia australis Koch 1926 em. Pignatti 1953
        Syn. : Phragmitetalia Koch 1926 p.p.

        Gpts aquatiques mono- ou paucispécifiques d'hélophytes hygrophiles de grande taille (h > 1,5 m), ordmt dominés par les genres Phragmites ou Typha (espèces à feuilles larges), plus rarement par Acorus calamus, Glyceria maxima, Schoenoplectus lacustris, Sparganium erectum s. str., ou des espèces amphibies de dimension plus modeste tq Eleocharis palustris aggr., Equisetum fluviatile, Hippuris vulgaris, Rorippa amphibia, voire des alismatacées. L’ensemble de ces taxons présente un optimum de développement à la marge de la niche écologique de Phragmites australis : situations pionnières liées à des perturbations hydrologiques (crues, assèchement, fort marnage, battement des vagues), stations froides ou hypertophes. La présence d'espèces aquatiques, notamment des genres Callitriche, Lemna, Nuphar, Nymphaea est plus ou moins régulière dans les unités les plus longuement inondées, tout comme celles d'espèces palustres tq Carex elata, Galium palustre, Lysimachia vulgaris ou Myosotis scorpioides, dans les unités les moins longuement inondées. Le sol minéral ou organo-minéral méso- à eutrophe est le plus souvent vaseux et longuement inondé, parfois en permanence (ordmt plus de 25 semaines) ; l'exondation lorsqu'elle est présente n'est que temporaire. La phase aquatique étant dominante, l'anoxie prolongée limite la décomposition de la matière organique et contribue à l'atterrissement. Etages coll.-mont. (subalp.).
        • II.3.2.1 · 
          Phragmition australis

          Phragmition australis Koch 1926 nom. mut. prop. Bardat et al. 2004
          Syn. : Phragmition communis Koch 1926.

          Gpts mono- ou paucispécifiques de graminées ou graminoïdes à larges feuilles dépassant 1,5 m de haut, le plus souvent dominés par le roseau ("roselière"), mais aussi les massettes ("typhaies"), occasionnellement Glyceria aquatica, Schoenoplectus lacustris, Sparganium erectum s.str. ou Acorus calamus au sein de biotopes aquatiques lentiques méso- à eutrophes envasés. La hauteur d'eau varie ordmt entre 0,5 et 2 m, mais peut être plus faible (0,2 m pour le Typhetum latifoliae ou le Sparganietum erecti), voire plus importante (3 m pour le Schoenoplectetum lacustris ou le Phragmitetum australis dans des situations extrêmes). La présence d'hydrophytes à feuilles flottantes ou d'hélophytes ayant leur optimum sur des sols le plus souvent simplement engorgés est fonction la hauteur de la lame d'eau. Typha angustifolia et Schoenoplectus lacustris sont les espèces les plus caractéristiques de cette alliance. Marquées par une aération superficielle de leur sol, les roselières terrestres (Urtico-Phragmitetum, Thelypterido-Phragmitetum) ne sont pas classées dans cette unité. Si elles sont physionomiquement dominées par le roseau, elles sont floristiquement plus apparentées aux unités à grandes laiches (Magnocaricetalia). Etages plan.-coll. (mont.).
          • II.3.2.1.1 · 
            Schoenoplectetum lacustris

            Schoenoplectetum lacustris Eggler 1933
            Nom correspondant : Scirpo-Phragmitetum schoenoplectosum Koch 1926. Non : Scirpetum lacustris Chouard 1924.

            Gpt caractérisé par Schoenoplectus lacustris formant des populations lâches, souvent fragmentées, en eaux calmes méso- à eutrophes, d'une profondeur de (0,5) 1-2 (3) m, sur la frange lacustre de la roselière aquatique (Phragmitetum australis) où il constitue des peuplements pionniers primaires ; pouvant être secondaires en gravières. Phragmites australis est absent ou présent de manière éparse, de même que certaines hydrophytes à feuilles flottantes des genres Nuphar, Nymphaea ou Potamogeton. Par sa constitution fragile, Schoenoplectus lacustris est moins tolérant aux mouvements des eaux que Phragmites australis. Le sol est minéral, argileux à sableux en surface, riche en calcaire et nutriments. Il repose sur des sables et graviers. Plutôt thermophile, cette unité se développe à basse altitude en dessous de 600 m. Etages plan.-coll.
          • II.3.2.1.2 · 
            Phragmitetum australis

            Phragmitetum australis von Soó 1927 nom. mut. Balátová-Tulácková et al. 1993
            Syn. : Scirpo-Phragmitetum phragmitosum Koch 1926 ; Phragmitetum vulgaris von Soó 1927 ; Phragmitetum communis Eggler 1933.

            Gpt aquatique dominé par Phragmites australis (ou "roselière aquatique"), formant régulièrement des populations monospécifiques, parfois denses et très hautes à la marge des lacs, petits plans d'eau ou grands cours d'eau à courant lent. La densité et la vitalité du roseau, pouvant atteindre 4 m, est fonction de la richesse en nutriments et en bases du sol, ainsi que de la température de l'endroit (la multiplication végétative est réduite sur substrats acides et/ou pauvres en nutriments). Sensible à la fauche régulière et aux fortes variations de niveaux d'eau, le roseau est moins compétitif dans ces contextes. Le sol est ordmt organo-minéral, argileux à tourbeux (parfois plus grossier) en surface, toujours inondé, moyennement riche en nutriments et faiblement oxygéné. La lame d'eau est ordmt comprise entre 0,5 et 2 m, mais peut être plus élevée selon certains auteurs. Souvent au contact des marais à grandes laiches (Magnocaricetalia), notamment du Caricetum elatae, que cette roselière précède dans la série de végétation ("Schilfkomplex" de Lang 1967). Etages plan.-coll. (mont. inf.).
          • II.3.2.1.3 · 
            Glycerietum maximae

            Glycerietum maximae von Soó ex Hueck 1931 nom. mut. Passarge 1955
            Syn. : Glycerietum aquaticae von Soó 1927 ; Glycerietum aquaticae Nowinski 1930 ; Glycerietum aquaticae Hueck 1931. Nom correspondant : Scirpeto-Phragmitetum glycerietosum aquaticae Koch 1926.

            Gpt pionnier caractérisé et dominé par Glyceria maxima, formant le plus souvent des populations monospécifiques denses, vert tendre, aux abords des étangs, lacs, fossés ou bras morts ; Phragmites australis et Lemna minor sont occasionnellement présents, comme Polygonum amphibium et Ranunculus sceleratus. Unité des eaux calmes à courant lent, très riches en éléments nutritifs (voir polluées), marquées par de fortes fluctuations de niveau (jusqu'à 2,5 m de variation), où elle se substitue au Phragmitetum australis. La forte aptitude à la concurrence de Glyceria maxima est liée à sa tolérance à l'hypertrophisation (espèce polluo-résistante apte à accumuler de grandes quantités de phosphore et de potassium) et à sa longue activité d'assimilation. Le sol est argileux, neutre (pH = 6,7-7,1), riche en calcaire (d = 8-13) et nutriments ; souvent au contact des marais à grandes laiches (Magnocaricion elatae), notamment du Caricetum elatae, que cette unité précède dans la série de végétation ("Schwadenkomplex" de Lang 1967). Etages plan.-coll.
          • II.3.2.1.4 · 
            Typhetum angustifoliae

            Typhetum angustifoliae von Soó ex Pignatti 1953
            Syn. : Typhetum Koch 1926 p.p. ; Typhetum angustifoliae von Soó 1927.

            Gpt pionnier caractérisé et dominé par Typha angustifolia, formant le plus souvent des populations monospécifiques, parfois associées à Phragmites australis, Phalaris arundinacea ou Schoenoplectus lacustris (surtout en situations secondaires). Cette unité se développe en situations primaires dans les zones d'atterrissement, en eaux mésotrophes d'une profondeur (0,2) 0,5-1 (1,5) m : littoral des étangs, lacs et bras morts, mais aussi en situations secondaires : gravières et fossés. La présence d'hydrophytes est occasionnelle. Du fait de la hauteur d'eau, les hélophytes et les espèces rudérales sont quasi-absentes. Le sol est le plus souvent limoneux, plus ou moins riche en calcaire et moyennement riche en nutriments ; unité sensible à l'enrichissement trophique bien moins fréquente que le Typhetum latifoliae, auquelle elle se substitue en eaux plus profondes et moins riches. Etages plan.-coll.
          • II.3.2.1.5 · 
            Typhetum latifoliae

            Typhetum latifoliae von Soó ex Eggler 1933
            Syn. : Typhetum Koch 1926 p.p. ; Typhetum latifoliae von Soó 1927.

            Gpt pionnier caractérisé et dominé par Typha latifolia, formant le plus souvent des populations monospécifiques denses, parfois associées à Phragmites australis ou Phalaris arundinacea. Cette unité se développe en situations primaires dans les zones d'atterrissement, en eaux fortement eutrophes d'une profondeur (0) 0,2-0,5 m : littoral des étangs, lacs, bras morts et marais, mais aussi en situations secondaires : gravières et fossés. La faible tranche d'eau et la richesse trophique permettent le développement d'espèces hygrophiles tq Carex elata ou Galium palustre ayant leur optimum dans les magnocariçaies, voire d'espèces rudérales nitrophiles tq Agrostis stolonifera, Ranunculus sceleratus. Le sol est argileux, calcaire et riche en nutriments ; fréquemment au contact des roselières. Un faciès mésotrophe plus rare avec Equisetum fluviatile et Carex rostrata est décrit à l'étage montagnard (Oberdorfer 1977). Etages plan.-coll. (mont. inf.).
          • II.3.2.1.6 · 
            Acoretum calami

            Acoretum calami Eggler ex Knapp et Stoffers 1962
            Syn. : Acoretum calami Eggler 1933.

            Gpt à structure linéaire (1 m de large max.) caractérisé et dominé par Acorus calamus (néophyte en Suisse), le plus souvent présent uniquement à l'état végétatif au sein de roselières aquatiques perturbées (Phragmitetum australis). Originaire d'Asie orientale (utilisé pour son rhizome en pharmacologie), Acorus calamus est capable de coloniser rapidement des surfaces ouvertes, en eaux dormantes mésotrophes à eutrophes (étangs, marais, ruisseaux et rivières à courant lent, rarement bras morts et lacs, souvent sur les rives instables) d'une profondeur pouvant atteindre 1 m (le plus souvent entre 0,5 et 1 m). Il tolère les eaux polluées, comme l'exondation du substrat à la fin de l'été. Sa période de végétation est relativement courte. Le sol est argileux (evt sableux ou graveleux) ou tourbeux, riche en nutriments, acide ou basique. Etages plan.-coll.
          • II.3.2.1.7 · 
            Sparganietum erecti

            Sparganietum erecti Philippi 1973
            Non : Sparganietum erecti Roll 1938 ; Sparganietum erecti Hilbig 1971.

            Gpt pionnier caractérisé et dominé par Sparganium erectum s.str., formant des peuplements paucispécifiques plus ou moins denses, aux abords des mares et étangs peu profonds, parfois au sein de canaux aux eaux calmes, en région à été chaud ; unité le plus souvent anthropophile des zones perturbées (secteurs fauchés ou faucardés, remblais) où elle se substitue au Phragmitetum australis ou au Glycerietum maximae. La profondeur de l'eau varie de (0) 0,2-0,5 (0,7) m. L'abaissement de la nappe, parfois au-dessous du niveau du sol, favorise la multiplication des rhizomes de Sparganium erectum s.str. Le sol est le plus souvent argileux à tourbeux en surface, plus rarement sableux à caillouteux, calcique à calcaire et eutrophe ; unité thermophile fréquemment située au contact du Sagittario-Sparganietum sur sa frange lacustre et du Phragmitetum australis ou du Glycerietum maximae sur sa frange terrestre. Etages plan.-coll.
        • II.3.2.2 · 
          Equisetion fluviatilis

          Equisetion fluviatilis Passarge 1999

          Gpts d'espèces amphibies pionnières jonciformes cryotolérantes caractérisés par Equisetum fluviatilis et Eleocharis palustris, présents en eaux stagnantes mésotrophes ; Hippuris vulgaris présente un optimum au sein de cette unité. La lame d'eau est ordmt peu importante et comprise entre 0,1 à 0,5 m, mais peut atteindre 1 m ou être absente. Sa fluctuation est variable. Cette unité de petite taille (haute de 0,3 à 1,5 m) remplace les roselières aquatiques (Phragmition) en altitude et dans les zones perturbées à l’étage collinéen. Le sol est ordmt modérément riche en éléments nutritifs, le plus souvent argileux. Il est ordmt exondé en période estivale, mais non assèché superficiellement. Etages coll.-subalp.
          • II.3.2.2.1 · 
            Eleocharito-Hippuridetum vulgaris

            Eleocharito-Hippuridetum vulgaris Rübel ex Passarge 1955
            Syn. : Hippuridetum Rübel 1911 ; Hippuretum vulgaris Eggler 1933.

            Gpt pionnier caractérisé et dominé par Hippuris vulgaris, formant des peuplements monospécifiques plus ou moins denses en eau stagnante ou lente (mare, étang, fossé, bord de lac) de 0,1 à 1 m de profondeur (optimum à 0,5 m), exondé au milieu de l'été. Eleocharis palustris, Equisetum fluviatile et Phragmites australis sont parfois présents. Le sol est argileux ou sableux fin, est riche en calcaire et moyennement riche en éléments nutritifs. Le niveau d'eau présente de fortes variations (amplitude d'environ 1 m) ; unité rare, bimodale, ayant un optimum dans les régions à étés chauds, mais s'observant également en région froide. Etages coll.-mont.
          • II.3.2.2.2 · 
            Eleocharitetum palustris

            Eleocharitetum palustris Ubrizsy 1948
            Syn. : Heleocharetum palustris Eggler 1933. Incl. : Eleocharitetum mamillatae Passarge 1999 et Phragmito-Eleocharitetum palustris Passarge 1999.

            Gpt pionnier caractérisé et dominé par Eleocharis palustris (plus rarement E. austriaca ou E. mamillata), formant le plus souvent des tapis monospécifiques hauts de 30 à 40 cm, au front des roselières pionnières en bord d'étang ou de mare en eau peu profonde de 0,1 à 0,3 m ; Phragmites australis est épars. Le sol est le plus souvent argileux, parfois graveleux (ex. anciennes gravières), riche en bases et nutriments, inondé ou simplement engorgé en période estivale ; unité remplacée sur sa frange terrestre par des associations hémérobes du Glycerio-Sparganion (Glycerietum notatae), puis des prairies humides (Epilobio-Juncetum) en contexte pastoral. Etages coll.-mont.
          • II.3.2.2.3 · 
            Equisetetum fluviatilis

            Equisetetum fluviatilis Steffen 1931 nom. mut. Philippi in Oberdorfer 1977
            Syn. : Equisetetum limosae Steffen 1931 ; Equisetum limosum - Carex rostrata - ass. Zumpfe 1929 p.p..

            Gpt pionnier caractérisé et dominé par Equisetum fluviatile, formant des populations plus ou moins lâches, sur les rives des étangs, lacs, mares ou bras morts, en eaux calmes peu à moyennement profondes (à l'optimum de croissance à (0,3) 0,5 (0,7) m). Le sol est profond, limoneux à tourbeux, méso- à méso-eutrophe, pauvre en calcaire et en bases. Il peut être simplement engorgé en été. Cette unité est régulièrement en contact (parfois en mosaïque) avec les associations à nénuphars ou potamots, auxquelles elle succède dans l'hydrosérie, ainsi qu'avec le Phragmitetum australis à l'étage collinéen (surtout en situation ombragée). Aux étages montagnard et subalpin inférieur, elle précède le Caricetum rostratae dans une hydrosérie alticole. Se substituant aux roselières à ces altitudes, elle y présente un optimum de développement. Etages (coll.) mont.-subalp. inf. (subalp. sup.).
        • II.3.2.3 · 
          Oenanthion aquaticae

          Oenanthion aquaticae Hejny ex Neuhäusl 1959
          Syn. : Oenanthion aquaticae Hejny 1948.

          Gpts d'espèces amphibies mésothermophiles, des eaux stagnantes à faiblement courantes des petits plans d'eau eutrophes à fort marnage (abords d'étangs, bras morts et fossés), caractérisés par Oenanthe aquatica, Sium latifolium et Veronica catenata ; Alisma plantago-aquatica et Rorippa amphibia y présentent leur optimum de développement. Alopecurus aequalis est régulier. La hauteur d’eau est de l'ordre de 0,1 à 0,3 m et peut atteindre 0,5 m. Elle est susceptible de varier rapidement. Ordmt inondé une grande partie de l'année, le sol est exondé en période estivale et peut s'assècher superficiellement. Il est argileux à limoneux et riche en éléments nutritifs. Les germinations postérieures à cet assèchement permettent la colonisation de nouveaux biotopes. Ces gpts occupent généralement de petites surfaces, souvent en situation de demi-ombre. Ils constituent des stades pionniers à post-pionniers des roselières aquatiques (Phragmition) à basse altitude. L'optimum de développement se situe en régions subatlantiques. Etages plan.-coll.
          • II.3.2.3.1 · 
            Oenantho aquaticae-Rorippetum amphibiae

            Oenantho aquaticae-Rorippetum amphibiae Lohmeyer 1950
            Syn. : Oenanthemum aquaticae von Soó 1927 ; Rorippetum amphibiae (Lohmeyer 1950) Passarge 1964.

            Gpt post-pionnier caractérisé et dominé par Rorippa amphibia (Oenanthe aquatica est le plus souvent absente en Suisse ; sur les sites ou les deux espèces sont présentes, les floraisons de l'œnanthe font suite à celle du cresson amphibie), des étangs atterris et bras morts aux eaux eutrophes. Régulièrement présente à proximité de boisements alluviaux (frênaie et ormaie alluviales), cette unité tolère l'ombrage. Le sol est argileux à limoneux, riche en nutriments et en calcaire. La hauteur d'eau varie ordmt de 0,1 à 0,5 m ; au contact des gpts annuels nitrophiles (Bidention) et des roselières aquatiques (Phragmition). Etages plan.-coll.
          • II.3.2.3.2 · 
            Rorippo amphibiae-Sietum latifoli

            Rorippo amphibiae-Sietum latifoli (Philippi 1973) Passarge 1999
            Syn. : gpt à Sium latifolium Philippi 1973.

            Gpt post-pionnier haut (pouvant atteindre 1,5 m) caractérisé et dominé par Sium latifolium des fossés envasés, cours d'eau temporaires et bras morts, au sol argileux, mésotrophe à méso-eutrophe s'asséchant l'été. Souvent en contact étroit avec le Butometum umbellati, mais en situation plus élevée ; considéré comme un marqueur de perturbations anthropiques. Etages plan.-coll.
          • II.3.2.3.3 · 
            Alopecuro aequalis-Alismetum plantagini-aquaticae

            Alopecuro aequalis-Alismetum plantagini-aquaticae Bolbrinker 1984

            Gpt pionnier caractérisé et dominé par Alisma plantago-aquatica des mares, étangs et ornières (créées par les engins de fauche et de broyage) faiblement profonds (p < 0,3 m) à niveau fluctuant et au sol limoneux à argileux, moyennement riche en éléments nutritifs, inondé une grande partie de l'année, mais non en période estivale durant laquelle il demeure simplement engorgé. A la différence des autres unités de l’alliance, il présente davantage d’espèces oligotrophiles tq Callitriche palustris, Lythrum portula, Juncus bulbosus, J. tenageia (rares ou absentes de Suisse). Etages plan.-coll.
          • II.3.2.3.4 · 
            Alismetum lanceolati

            Alismetum lanceolati Zahlheimer ex Šumberová in Chytrý 2011
            Syn. : Butomo-Alismatetum lanceolati Segal et Westhoff in Westhoff et den Held 1969 ; Alismatetum lanceolati Zahlheimer 1979.

            Gpt pionnier caractérisé et dominé par Alisma lanceolatum, des mares et étangs à niveau fluctuant, au sol limoneux à argileux, calcaire, moyennement riche en nutriments, inondé une grande partie de l'année, mais non en période estivale durant laquelle il demeure simplement engorgé ; unité plus thermophile et tolérant mieux l'assèchement superficiel du sol que l'Alopecuro aequalis-Alismetum plantagini-aquaticae. Etages plan. (rare et localisé)
        • II.3.2.4 · 
          Eleocharito-Sagittarion

          Eleocharito-Sagittarion Passarge 1964 ex 1999

          Gpts d'alismatacées ou de sparganiacées amphibies thermophiles, des étangs ou fossés peu profonds, régulièrement vidangés (assecs) méso-eutrophes, caractérisés par Butomus umbellatus, Sagittaria sagittifolia ou Sparganium emersum (parfois sous leur forme aquatique dite fluviatilis). La lame d'eau, comprise entre 0,2 et 1 m, est relativement constante, même si elle s'abaisse brusquement lors des vidanges et présente une température élevée l'été, induite par une situation de pleine lumière. Ensoleillement et régularité du niveau de l’eau, permettent à plusieurs genres aquatiques tq Callitriche, Ceratophyllum, Chara, Elodea, Nuphar, Potamogeton, Spirodela de se développer (à la différence de l'Oenanthion aquaticae). Le sol est ordmt argileux, riche en bases et nutriments et uniquement exondé lors des assecs. Cette unité fragmentaire est très rare en Suisse où elle se substitue aux roselières au cœur des étangs dans les régions à été chaud. Etage plan.
          • II.3.2.4.1 · 
            Sagittario-Sparganietum emersi

            Sagittario-Sparganietum emersi Tx. 1953
            Incl. : Sagittaria-Gesellschaft Lang 1967.

            Gpt caractérisé par Sagittaria sagittifolia (parfois absente) et/ou Sparganium emersum, se développant en eau stagnante (mare, fossé, bras mort) ou faiblement courante (ruisseau), à haute fluctuation, eutrophe (év. polluée), à profondeur moyenne variant de 0,2 à 1 m. Le sol argileux est moyennement riche en nutriments. Il est rarement exondé ; unité fréquemment située au contact de roselières ou de gpts aquatiques. Etage plan. (rare et localisé).
          • II.3.2.4.2 · 
            Butometum umbellati

            Butometum umbellati (Konczak 1968) Philippi 1973
            Syn. : Butomus umbellatus Gesellschaft Konczak 1968 ; Sagittario-Butometum umbellati (Konczak 1968) Passarge 1999.

            Gpt pionnier le plus souvent monospécifique caractérisé et dominé par Butomus umbellatus (espèce à croissance lente et peu concurrente) des eaux calmes, à fortes fluctuations (sec à la floraison de Butomus umbellatus, le sol peut être recouvert jusqu'à 0,5 m d'eau en période d'inondation), des bras morts et des lacs des régions subcontinentales à été chaud ; Phalaris arundinacea, Rorippa amphibia et Sparganium emersum sont occasionnellement présents ; unité de sol riche en bases en contact avec le Phalaridetum arundinaceae. Etage plan. (rare et localisé).
      • II.3.3 · 
        Magnocaricetalia

        Magnocaricetalia Pignatti 1953

        Gpts palustres pauspécifiques d'hélophytes graminiformes méso- à eutrophiles, hautes de 0,5 à 2 m, ordmt dominés par les genres Carex ou Phragmites, plus rarement Calamagrostis canescens, Iris pseudoacorus. Ils présentent un aspect très homogène, parfois structuré en touradons. La composition floristique est caractérisée par la présence plus ou moins constante de Carex acutiformis, C. paniculata, Galium palustre, Lycopus europaeus et Lysimachia vulgaris qui y présentent leur optimum de développement. Calliergonella cuspidata, Caltha palustris, Filipendula ulmaria, Lythrum salicaria et Phragmites australis sont régulièrement présents. Les hydrophytes sont absentes. Essentiellement composé de particules fines (argiles), le sol est riche à moyennement riche en éléments nutritifs, de nature organique ou minérale. Il est engorgé et anoxique tout au long de l'année à faible profondeur (ordmt en deçà de 0,2 à 0,3 m), inondé en hiver et lors des crues. L'inondation est moins prolongée (de 0 à 25 semaines) que dans les roselières aquatiques ou leurs stades pionniers associés (Phragmitetalia). D'un point de vue dynamique, ces unités font suite aux roselières aquatiques dans la succession des ceintures de végétations. Elles évoluent en prairies humides (Molinietalia) en cas d'atterrissement ou d'intensification (drainage et amendements). Historiquement, régulièrement fauchées pour la production de litière, elles le sont actuellement davantage pour des raisons conservatoires. Majoritairement de nature anthropogène, elles se reboisent en cas d'arrêt de la fauche. Etages plan.-mont. (subalp. inf.).
        • II.3.3.1 · 
          Cicution virosae

          Cicution virosae Hejny 1960
          Syn. : Carici pseudocyperi-Rumicion hydrolapathi Passarge 1964.

          Gpts palustres à phase terrestre réduite dominés par Carex pseudocyperus ou Phragmites australis. La composition floristique est caractérisée par la présence de Solanum dulcamara, Thelypteris palustris et des rares Cicuta virosa et Rumex hydrolapathum. Carex elata, Peucedanum palustre et Scutellaria galericulata à l'optimum dans le Magnocaricion elatae sont réguliers. Le sol est mésotrophe à eutrophe, tourbeux ou argileux, engorgé et anoxique tout au long de l'année sauf dans sa partie superficielle qui peut être aérée de manière intermittente en périodes estivale ou automnale (abaissement occasionnel de la nappe de - 0,2 m, exceptionnellement - 0,5 m) ; unité d'atterrissement faisant suite au Phragmition, le cas échéant au Magnocaricion elatae ou au Caricion gracilis. Etages coll.-mont. inf.
          • II.3.3.1.1 · 
            Cicuto-Caricetum pseudocyperi

            Cicuto-Caricetum pseudocyperi Boer et Sissingh in Boer 1942
            Syn. : Caricetum pseudocyperi von Soó 1927. Non : Mentho aquaticae-Caricetum pseudocyperi Orsomando et Pedrotti 1986.

            Gpt caractérisé et dominé par Carex pseudocyperus, haut de 1 à 1,5 m en moyenne, situé en région centre-européenne à été chaud sur les rives des petits plans d'eau ou dans des ornières des machines assurant l'entretien des marais, à l'interface entre la phalaridaie et l'eau libre. Les stations suisses semblent appauvries en espèces compagnes, mais peuvent compter des espèces des milieux perturbés tq Schoenoplectus tabernaemontani ou Berula erecta (influence du marnage). Le sol est tourbeux à argileux, méso- à eutrophe et inondé en hiver et au printemps, parfois en période estivale. Etage plan.-coll.
          • II.3.3.1.2 · 
            Thelypterido palustris-Phragmitetum australis

            Thelypterido palustris-Phragmitetum australis Kuyper 1957 em. Segal et Westhoff in Westhoff et Den Held 19
            Syn. : Scirpo-Phragmitetum W. Koch 1926 Thelypteris variante Krausch 1965.

            Roselière des tourbes alcalines bi-stratifiée dominée par Phragmites australis, en strate supérieure, et Thelypteris palustris, en strate inférieure (espèce tolérant l'ombrage et indicatrice de fermeture du milieu), formant régulièrement des populations monospécifiques, mais pouvant être associée à d'autres hélophytes rhizomateuses. Le sol est ordmt tourbeux (mais peut être minéral), presque toujours humide, parfois inondé, moyennement riche en nutriments, faiblement oxygéné et riche en bases : l'apport de calcium s'effectue par minéralisation de la tourbe ou via des apports gravitaires. Le niveau de la nappe est relativement constant. Souvent au contact des associations à jonc subnoduleux (Juncetum subnodulosi), marisque (Cladietum marisci) ou choinaies (Orchido-Schoenetum), dont elle dérive par abandon du broyage ou de la fauche ; ordmt présent au sein de grands complexes marécageux planitiaires tourbeux. Etages plan.-coll.
          • II.3.3.1.3 · 
            Urtico dioïcis-Phragmitetum australis

            Urtico dioïcis-Phragmitetum australis Passarge 1999
            Syn. : Phragmites communis - Röhricht Knapp et Stoffers 1962 ; Calystegio sepium-Phragmitetum australis (von Soó 1927) Royer, Thévenin et Didier in Royer, Felzines, Misset et Thévenin 2006.

            Roselière terrestre ou pseudoroselière dominée par Phragmites australis, formant régulièrement des populations monospécifiques, souvent denses et hautes, parfois associées à Phalaris arundinacea, en secteurs alluviaux ou marécageux en phase finale d'atterrissement. La hauteur du roseau atteint régulièrement 3 m. Le sol est ordmt argileux, riche en humus, temporairement inondé et oxygéné l'été. L'abaissement estival de la nappe permet une minéralisation de la matière organique en surface libérant d'importantes quantités de nutriments. Il induit l'implantation d'espèces rhizomateuses rudérales nitrophiles non aquatiques à fort dynamisme dans les zones perturbées (notamment par les sangliers) tq Solidago gigantea, Symphytum officinale, Urtica dioica ; souvent au contact des saulaies blanches (Salicetum albae) ou cendrée (Frangulo-Salicetum cinereae), que cette roselière précède dans la série de végétation ; au contact des marais à grandes laiches (Magnocaricetalia) et des phalaridaies (Phalaridion arundinaceae) au sein duquel elle pourrait également être classée. Etages plan.-coll. (mont.).
        • II.3.3.2 · 
          Magnocaricion elatae

          Magnocaricion elatae Koch 1926
          Syn. : Caricion rostratae Balátová-Tulácková 1963. Nom correspondant : Caricenion appropinquatae Balátová-Tulácková 1960 ; Caricenion rostratae (Balátová-Tulácková 1963) Oberdorfer et al. 1967.

          Gpts palustres mésotrophes caractérisés et dominés par Carex appropinquata, C. elata, Cladium mariscus, plus exceptionnellement Calamagrostis canescens, C. buxbaumii, C. lasiocarpa ou Carex paniculata. Outre ces cypéracées, Hydrocotyle vulgaris, Peucedanum palustre, Scutellaria galericulata, Senecio paludosus sont régulièrement présents et distinctifs par rapport aux magnocariçaies eutrophes, comme Menyanthes trifoliata et Potentilla palustris à l'optimum dans les marais de transition. Le sol mésotrophe à méso-eutrophe (rarement dystrophe), est tourbeux à organo-minéral (teneur en m.o. > 10 %), engorgé et anoxique tout au long de l'année, ce qui entraine une faible minéralisation, limitant la diponibilité en éléments nutritifs, et la formation d'une tourbe de cypéracées. Il peut s'assécher superficiellement en périodes estivale ou automnale. La fluctuation (inférieure à 0,6 m) et le faible abaissement de la nappe (ordmt de - 0,2 m, exceptionnellement de plus de 0,5 m), n'induisent pas de réelles conséquences pour l'alimentation hydrique des plantes dont les racines ont accès à l'eau. En regard de certaines unités des roselières, cette variation est très faible en raison de l'effet "d'éponge" de la matière organique. Etages coll.-mont. inf.
          • II.3.3.2.1 · 
            Peucedano-Caricetum lasiocarpae

            Peucedano-Caricetum lasiocarpae Tx. ex Balátová-Tulácková 1972
            Syn. : Carex lasiocarpa-Peucedanum palustre-ass. Tx. 1937 prov. Non. : Caricetum lasiocarpae Koch 1926.

            Gpt dominé par Carex lasiocarpa, régulièrement associé à Peucedanum palustre et Phragmites australis, au sein de grands marais planitiaires dans la zone de débordement des lacs, étangs et rivières pauvres en éléments nutritifs. Floristiquement, il se différencie par la présence d’espèces oligotrophiles des bas-marais acidophiles (Caricion nigrae) tq Carex nigra et Eriophorum angustifolium et des marais de transition (Caricion lasiocarpae) tq Potentilla palustris et Menyanthes trifoliata. Les mousses sont clairsemées (notamment Campylium stellatum). Le sol est de nature tourbeuse, peu à moyennement riche en éléments nutritifs, faiblement acide (5 < pH < 6), engorgé en permanence en raison de la stabilité de la nappe (- 0,2 m < p < 0,2 m) ; unité de transition vers les marais de transition (Caricion lasiocarpae), dont elle se différencie par la présence d’espèces des roselières, sensible à l’eutrophisation (évolution en ce cas vers le Caricetum elatae) et au drainage (l’abaissement de la nappe réduit la vitalité de Carex lasiocarpa qui devient stérile et favorise l’évolution vers les prairies humides à molinie bleue sur sol organique - Oenantho-Molinietum) ; au contact du Caricetum elatae et de l’Oenantho-Molinietum. Etage coll.
          • II.3.3.2.2 · 
            Caricetum appropinquatae

            Caricetum appropinquatae Aszód 1935 nom. mut. Balátová-Tulácková et al. 1993
            Syn. : Caricetum paradoxae Aszód 1935.

            Gpt caractérisé et dominé par Carex appropinquata, mesurant en moyenne 0,4 à 0,7 m, présent au sein de fossés, en périphérie de marais de transition ou d'étang en secteur à niveau d'eau constant où il forme parfois des touradons atteignant 1,5 m (en secteur non exploité) ; ordmt en région continentale ou montagnarde (en Suisse essentiellement sur la partie orientale du Plateau). Le sol est organique à argileux, moyennement riche en substances nutritives (notamment N et K), neutre à basique (pH = 7,4 +/- 0,4), riche en bases (Ca et Mg), continuellement engorgé et relativement froid ; ne tolérant pas l'assèchement superficiel du sol comme le Caricetum elatae ou le Caricetum paniculatae, ce gpt se développe sur des secteurs à nappe très peu fluctuante (- 0,2 m < p < 0,2 m). Etages (coll.) mont.
          • II.3.3.2.3 · 
            Caricetum acutiformi-paniculatae

            Caricetum acutiformi-paniculatae Vlieger et van Zinderen Bakker in Boer 1942
            Non : Caricetum paniculatae von Rochow 1951.

            Gpt caractérisé et dominé par Carex paniculata, mesurant en moyenne 0,4 à 0,5 m, présent au sein des marais, parfois en situation semi-ombragée. La flore compagne se différencie du Caricetum paniculatae par la présence d'espèces organo- et oligotrophiles tq Carex rostrata, Comarum palustre, Thelypteris palustris et le rare Rumex hydrolapathum. Le sol est de nature organique, mésotrophe, faiblement acide à neutre (pH = 6,7 +/- 0,5), non saturé en bases, mais riche en Ca (teneur souvent > 100 mg /l). La nappe montre des fluctuations modérées avec un faible abaissement en période estivale (- 0,3 m < p < 0,3 m) ; gpt aux exigences analogues au Caricetum elatae, mais tolérant mieux l'ombrage et le froid, se subsituant au Carici-Alnetum glutinosae. Etages coll. (mont. inf.).
          • II.3.3.2.4 · 
            Cladietum marisci

            Cladietum marisci Allorge 1921
            Syn. : Mariscetum serrati Zobrist 1935.

            Gpt pionnier caractérisé et dominé par Cladium mariscus formant des peuplements monospécifiques ou pauspécifiques semi-sempervirents denses, atteignant 2 m, en contexte d'atterrissement marécageux au sein de région à été chaud (subatlantique ou subméditerranéenne - en Suisse essentiellement sur le Plateau à basse altitude). Le sol est ordmt de type tourbeux ou gyttja (tourbe partiellement décomposée), parfois sableux (sur molasse), peu à moyennement riche en nutriments (oligo- à mésotrophe), faiblement alcalin (pH = 7,2-7,6 (7,9)) et oxygéné ; le calcaire est issu du substrat sous-jacent et l'oxygène provient de sources environnantes ; optimum en cuvettes tourbeuses sur roche-mère riche en calcaire. La nappe montre des fluctuations modérées (abaissement ordmt jusqu'à 0,2 m, mais parfois jusqu'à 0,5 m en période estivale). La flore compagne est souvent très pauvre. Carex elata, Juncus subnodulosus, Phragmites australis et Schoenus nigricans sont réguliers. La variante à Juncus alpinoarticulatus ssp. fuscoater correspond à une aile humide ; unité le plus souvent située à l'interface entre le Caricetum elatae, des sols légèrement plus humides et riches en éléments nutritifs, et l'Orchido-Schoenetum, des sols légèrement moins humides et oligotrophes. Etage coll.
          • II.3.3.2.5 · 
            Caricetum elatae

            Caricetum elatae Koch 1926
            Syn. : Caricetum strictae Hueck 1931.

            Gpt caractérisé et dominé par Carex elata formant régulièrement des touradons atteignant 0,7 m (voir 1 m dans les situations les plus eutrophes), à proximité d'eaux stagnantes (rives de lac, bras mort, queue d'étang) où il marque le premier stade d'atterrissement terrestre. Le sol est ordmt tourbeux, moyennement riche à riche en nutriments (parfois très riche en N et P), neutre à faiblement alcalin (pH = 7 +/- 0,6), voire faiblement acide dans certaines variantes à Comarum palustre ; plus rarement minéral, mais alors alimenté en ammonium. Bien que la nappe subisse d'importantes fluctuations (- 0,5 m < p < 0,5 m - niveau moyen à 0,1-0,2 m avec un abaissement moyen de 0,5 m en été, atteignant parfois 1 m), le sol demeure humide en surface par percolation de l'eau au sein de la matière organique (effet d'éponge). L'abaissement de la nappe, réduisant la vitalité de C. elata et permettant le broyage ou la fauche, peut modifier la structure ordinaire du peuplement qui prend alors l'aspect d'un tapis ras marqué par une croissance oblique des pointes méristématiques de C. elata (sous l'effet d'une modification du transport des auxines). Le Scorpidio-Caricetum dissolutae Braun 1968, variante préalpine calcaire oligotrophe, ou les variantes à Carex panicea sont incluses ici. La flore compagne est variable et a fait l'objet de plusieurs descriptions de sous-associations selon le contexte écologique. Etages coll. (mont. inf.).
          • II.3.3.2.6 · 
            Caricetum buxbaumii

            Caricetum buxbaumii Issler 1932
            Syn. : Buxbaumietum Issler 1932 ; Carex buxbaumii Gesellschaft (Issler 1932) Oberdorfer 1977 ; Gpt à Carex buxbaumii et Carex lasiocarpa Gallandat 1982. Nom correspondant : Caricetum elatae buxbaumietosum Klötzli 1969.

            Gpt calciphile, caractérisé par le rare Carex buxbaumii, souvent associé à Carex elata et à diverses espèces des prairies humides au sol riche en nutriments et matière organique (Oenantho-Molinietum) tq Lathyrus palustris, Molinia caerulea, Sanguisorba officinalis, voire des bas-marais calcicoles thermophiles (Schoenenion nigricantis) tq Carex hostiana, C. lepidocarpa ou Orchis palustris. Le sol tourbeux et riches en bases est souvent engorgé, mais s'assèche superficiellement en été ce qui favorise la minéralisation ; unité mésotrophe d'interface entre le Caricetum elatae (à l'aval) et l'Oenantho-Molinietum (à l'amont). Etage plan.
          • II.3.3.2.7 · 
            Calamagrostietum canescentis

            Calamagrostietum canescentis Simon 1960

            Gpt caractérisé et dominé par Calamagrostis canescens formant des peuplements denses d'où émergent souvent des roseaux. Unité ordmt présente en situation de demi-ombre à proximité des bosquets de Salix cinerea ou Alnus glutinosa sur les rives temporairement inondées des cours d'eau des bas-marais ou secondairement dans les drains des marais ou les roselières perturbées. Le sol est organique et mésotrophe, pauvre en bases. Etage coll.
        • II.3.3.3 · 
          Caricion gracilis

          Caricion gracilis (Géhu 1961) Balátová-Tulácková 1963
          Syn. : Magnocaricion gracilis Géhu 1961. Non : Caricion gracilis Neuhäusl 1959.

          Gpts palustres eutrophes dominés par Carex acuta, C. acutiformis, C. paniculata, C. riparia, C. vesicaria, plus exceptionnellement C. disticha, C. otrubae, C. vulpina, Iris pseudoacorus ou C. cespitosa dans des stades pionniers. Carex acuta, C. disticha et C. vesicaria en sont les espèces les plus caractéristiques. Hormis ces laiches, ces unités se distinguent des magnocariçaies sur sol organique par l'absence ou la présence éparse de Hydrocotyle vulgaris, Peucedanum palustre, Scutellaria galericulata, Phragmites australis et Senecio paludosus, et la présence régulière de Agrostis stolonifera, Carex disticha, Lysimachia nummularia ou Ranunculus repens propres aux stades pionniers (Caricetum cespitosae, C. distichae, C. vulpinae floristiquement affines des prairies humides eutrophiles et perturbées - Calthion & Agropyro-Rumicion). Le sol, méso-eutrophe à hypertrophe, est de nature minérale (teneur en m.o. < 10 %), à humus de type anmoor. Il est engorgé, mais moins anoxique que dans le Magnocaricion elatae. Il peut s'assécher superficiellement en périodes estivale ou automnale. La fluctuation (souvent supérieure à 0,6 m) et l'abaissement de la nappe (de - 0,3 m, parfois - 0,7 m), sont plus importants que dans le Magnocaricion elatae, induisant une minéralisation plus élevée en surface, libérant davantage d'éléments nutritifs, notamment dans le Caricetum paniculatae et le Caricetum ripariae. Etages coll.-mont. (subalp. inf.).
          • II.3.3.3.1 · 
            Iridetum pseudacori

            Iridetum pseudacori Eggler ex Brzeg et Wojterska 2001
            Syn. : Iretum pseudacori Eggler 1933 ; Gpt à Iris pseudoacorus Philippi 1973.

            Gpt haut (pouvant atteindre 1,5 m) caractérisé par Iris pseudoacorus, formant des peuplements monospécifiques plus ou moins lâches au sein de petits ruisseaux, fossés ou drains peu profonds (de 10 à 30 cm) à faible pente. Iris pseudoacorus est parfois associé à des taxons paludéens tq Galium palustre, Lysimachia vulgaris et Lythrum salicaria. Il présente un optimum en situation à demi-ombragée. Inondé une grande partie de l'année, le sol est exondé en période estivale. Il est eutrophe, voisin de la neutralité à faiblement acide (pH = 5-7). Celui de l'eau est neutre (6,8-7,2). La teneur de l'eau en calcium varie de 7 à 149 mg/l. Cette unité est le plus souvent anthropogène et révèle par ailleurs une mauvaise qualité d'eau ; au contact des aulnaies glutineuses (Carici elongatae-Alnetum). Etages plan.-coll.
          • II.3.3.3.2 · 
            Caricetum ripariae

            Caricetum ripariae von Soó ex Máthé et Kovacs 1959
            Syn. : Caricetum ripariae von Soó 1928 ; Galio palustris-Caricetum ripariae Balátová-Tulácková et al. 1993.

            Gpt caractérisé et dominé par Carex riparia, formant des peuplements denses aux feuilles glauques imposantes (~ 1,5 à 2 cm de large), mesurant en moyenne 1 à 1,5 m de hauteur, mais pouvant atteindre 2 m (sur les sols les plus riches). Il présente un optimum en situation marécageuse ou riveraine (rives d'étangs) bénéficiant du fumier lacustre ou sur secteurs récemment défrichés (clairières d'aulnaie et de peupleraie) en région à été chaud (subatlantique ou subméditerranéenne). Le sol est ordmt argileux (de type gley), alcalin (pH = 7,6 +/- 0,4), riche en limons, très riche en nutriments (notamment en nitrates) et en bases (Ca et Mg), issus de la minéralisation d'un humus forestier. Il est situé au-dessus des niveaux de crues. La nappe légèrement circulante montre des fluctuations modérées (- 0,2 m < p < 0,4 m - pas de fortes inondations et un abaissement modéré en été). Le sol est ainsi régulièrement engorgé et relativement bien oxygéné ; unité pionnière hémérophile pouvant être fauchée. Etage coll.
          • II.3.3.3.3 · 
            Caricetum gracilis

            Caricetum gracilis Almquist 1929

            Gpt caractérisé et dominé par Carex acuta, formant des peuplements réguliers denses aux feuilles arquées, ondulées en surface, atteignant 1,5 m de hauteur. Souvent présente dans la zone de débordement des cours d'eau ou dans des dépressions peu profondes récoltant les eaux de ruissellement des versants, cette unité montre un développement optimal sur sol argileux, faiblement acide à neutre (pH = 6,2 +/- 0,4), riche en limons (anmoorgley, gley humide), en nutriments et en bases (notamment P et K - mais globalement moins élevées que dans le Caricetum ripariae). L'optimum de développement se situe en secteurs non longuement inondés à fluctuation de la nappe modérée (- 0,4 m < p < 0,2 m - la nappe montre de faibles fluctuations annuelles en période de sécheresse comme lors de fortes précipitations). L'abaissement moyen est de 0,3 m, mais peut atteindre 0,7 m en été. La productivité moyenne est de 5 à 5,5 T m.s./ha/an, mais varie de 3 à 10 T m.s./ha/an selon la température et l'aération du sol. La flore compagne est souvent pauvre en strate inférieure ; au contact de roselières et des magnocariçaies perturbées (Caricetum vulpinae ou C. distichae). Etages coll. (mont. inf.).
          • II.3.3.3.4 · 
            Caricetum acutiformis

            Caricetum acutiformis Eggler 1933

            Gpt caractérisé et dominé par Carex acutiformis, formant des peuplements réguliers denses aux feuilles arquées, dressées, atteignant 1 m de hauteur. Ordmt présente dans des marais, aux abords des étangs ou des lacs, cette unité semble montrer un développement optimal sur sol minéral ou faiblement organique (anmoorgley), faiblement acide à neutre, riche en bases et nutriments (méso-eutrophe à eutrophe) (les conditions édaphiques sont mal connues et nécessiteraient des investigations complémentaires). La nappe montre de plus fortes fluctuations que dans le Caricetum gracilis induisant un assèchement superficiel du sol en période estivale (conditions aérobies) ; souvent au contact de boisements d'aulne glutineux, de roselières ou de jonchaies à Juncus subnodulosus en cas de fauche. Etages coll. (mont. inf.).
          • II.3.3.3.5 · 
            Caricetum paniculatae

            Caricetum paniculatae Wangerin ex von Rochow 1951
            Syn. : Caricetum paniculatae Wangerin 1916.

            Gpt caractérisé et dominé par Carex paniculata, présent à proximité des eaux courantes au sein de fossés, sources ou marais où il forme souvent d'imposants touradons atteignant 1,7 m de hauteur (notamment à l'étage montagnard inférieur). La flore compagne est variable et comporte régulièrement Ranunculus aconitifolius à proximité des ruisseaux, Filipendula ulmaria, Juncus inflexus ou Urtica dioica. Le sol est de nature minérale, eutrophe, basique (pH = 7,5 +/- 0,2), saturé en bases, notamment en calcium (teneur souvent > 100 mg/l), continuellement alimenté en nutriments (notamment en nitrates et phosphates) par les eaux de ruissellements. La nappe montre des fluctuations marquées (- 0,4 m < p < 0,4 m) ; gpt floristiquement affine du Calthion. Etages (coll.) mont. (subalp. inf.).
          • II.3.3.3.6 · 
            Caricetum vesicariae

            Caricetum vesicariae Chouard 1924
            Syn. : Caricetum inflato-vesicariae Koch 1926 p.p.. Nom correspondant : Caricetum inflato-vesicariae Koch 1926 subass. à Carex vesicaria (Sauer 1937) Tx. 1937.

            Gpt caractérisé et dominé par Carex vesicaria, formant des peuplements réguliers denses aux feuilles vert tendre atteignant 1 m ; ordmt présent au sein des roselières, en périphérie des mares, tourbières, lacs ou bras-morts à demi-ombragés en voie d'atterrissement. Il présente un développement optimal sur tourbe décomposée (gyttja) ou sur sol minéral argileux, acide (pH = 5,5 +/- 0,4), riche en limons, moyennement en nutriments, mais présentant des concentrations très élevées en ammonium et très pauvre en bases (Ca, Mg et K). La nappe montre une fluctuation marquée. Affleurant en période de végétation (lame d'eau de 0,1 à 0,2 m en avril-mai), elle s'abaisse assez fortement en été (- 0,6 m < p < 0,2 m). La productivité est mal connue mais apparait comme l'une des plus faible au sein du Caricion gracilis Klapp (1965) indique de 1,5 à 4 T m.s./ha/an pour un groupement à conception plus large, le Caricetum inflato-vesicariae. Etages coll.-mont.
          • II.3.3.3.7 · 
            Caricetum vulpinae

            Caricetum vulpinae von Soó 1927

            Gpt pionnier caractérisé et dominé par Carex vulpina formant régulièrement des peuplements monospécifiques de 0,4 à 0,8 m (1 m) de hauteur, au sein de dépressions temporairement inondées (bords de cours d'eau, lac ou fossés à durée d'inondation de 50 à 100 jours/an) à fortes fluctuations de niveau d'eau, inondées en période de végétation, mais faiblement engorgé en été ; en témoigne la présence régulière de Eleocharis palustris et dans une moindre mesure de Carex disticha. Le sol est argileux à limoneux, faiblement acide à neutre (pH ~ 6,5), pauvre en matière organique, moyennement riche en nutriments (surtout en P et K) et oxygéné. La flore compagne est ordmt appauvrie ; association de transition vers l'Agropyro-Rumicion souvent en contact avec le Caricetum gracilis, à l'optimum en climat subcontinental. Etage coll. (mont.).
          • II.3.3.3.8 · 
            Caricetum distichae

            Caricetum distichae Steffen 1931 nom. mut. Jonas 1933
            Syn. : Caricetum intermediae Steffen 1931.

            Gpt pionnier caractérisé et dominé par Carex disticha (parfois associé à Carex otrubae) formant régulièrement des peuplements monospécifiques de 0,4 à 0,8 m (1 m) de hauteur, au sein de dépressions temporairement inondées (fossés, bords des lacs ou cours d'eau) à eaux faiblement courantes présentant de fortes fluctuations de niveau. Inondé en période de végétation, le sol est faiblement engorgé en été et régulièrement perturbé (piétinnement, passage d'engins). Il est argileux à limoneux, plus ou moins neutre (pH = 7-7,5), pauvre en matière organique, riche en nutriments et en bases (Ca et Mg) via des apports latéraux et oxygénés. La flore compagne est ordmt appauvrie et comprend des espèces pionnières tq Agrostis gigantea, A. stolonifera, Festuca arundinacea, Juncus inflexus ou Ranunculus repens ; association de transition vers l'Agropyro-Rumicion souvent d'interface entre les magnocaricaies tq le Caricetum acutiformis ou le Caricetum gracilis et les prairies humides, ordmt fauchée ou broyée au moins une fois par an, à l’optimum en climat subatlantique en régions à été chaud. Etages coll. (mont.).
          • II.3.3.3.9 · 
            Caricetum cespitosae

            Caricetum cespitosae Steffen 1931

            Gpt caractérisé et dominé par Carex cespitosa, mesurant en moyenne 0,8 à 1,2 m de hauteur, présent au sein de concavités topographiques où il forme des touradons moins imposants que ceux de Carex paniculata. La flore compagne est constituée d'espèces héliophiles mésohygrophiles du (Calthion) tq Chaerophyllum hirsutum, Crepis paludosa, Polemonium caeruleum, Polygonum bistorta, Ranunculus aconitifolius, Scirpus sylvaticus et se différencie du Caricetum paniculatae par la présence de taxons prairiaux (Molinio-Arrhenatheretea) tq Alopecurus pratensis, Poa humilis, Vicia cracca. Le sol est de nature minérale, eutrophe. Etage mont.
          • II.3.3.3.10 · 
            Caricetum otrubae

            Caricetum otrubae Pedrotti 1982 ?
            Non : Groupement à Carex otrubae Balátová-Tulácková et al. 1993.

            Gpt centre-ouest européen caractérisé et dominé par Carex otrubae, parfois associé à Carex disticha, présent dans les fossés perturbés, sur sols minéraux, probablement alcalins et très riches en bases en situation subatlantique, parfois en sels ; à préciser.
      • II.3.4 · 
        Nasturtio-Glycerietalia

        Nasturtio-Glycerietalia Pignatti 1953

        Gpts d'eaux courantes ou des plans d’eau à fort marnage à sol superficiellement oxygéné dominé tant par des espèces hygrophiles rampantes basses (0,3 à 0,6 m) des genres Apium, Berula, Glyceria, Nasturtium, Veronica, que par des graminées de grandes taille (1-2 m) tq Calamagrostis pseudophragmites ou Phalaris arundinacea. Veronica beccabunga et Glyceria fluitans en sont les espèces les plus caractéristiques. La taille des plantes est plus ou moins révélatrice de l'amplitude du marnage et de la dimension (ou profondeur) du plan d’eau ou du cours d’eau : faible pour les espèces rampantes (Glycerio-Sparganion) et forte pour les graminées dressées (Phalaridion). Le sol de nature variable est le plus souvent sablo-limoneux à argileux, mésotrophe à eutrophe (majoritairement). Il est aéré superficiellement, parfois temporairement, ou bénéficie d’une nappe oxygénée (cas des eaux courantes). Etages plan.-mont.
        • II.3.4.1 · 
          Phalaridion arundinaceae

          Phalaridion arundinaceae Kopecký 1961

          Gpts graminéens haut (hauteur moyenne de 1 à 2 m) dominés par Phalaris arundinacea ou Calamagrostis pseudophragmites des alluvions récentes, le plus souvent limono-sableuses, des bords de ruisseaux, rivières ou plans d'eau à fortes variations de niveau d'eau, situés entre ligne moyenne des eaux et les hautes eaux : zones de sédimentations inondées seulement lors des hautes eaux (l'amplitude est forte et atteint le plus souvent de 1 m, mais peut s'élever jusqu'à 2 m ). Outre l'apport de particules fines lors des crues, la forte variation de niveau d'eau induit une phase aérobie minéralisante libérant une quantité importante d'éléments nutritifs. Elle permet le développement d'un lot d'espèces rudérales nitrophiles à large amplitude à floraison tardive (hors période d'inondation) ayant leur optimum dans l'Agropyro-Rumicion, le Bidention ou le Filipendulion tq Bidens tripartita s.str., Myosoton aquaticum, Poa trivialis, Polygonum hydropiper, P. lapathifolium, Rumex obtusifolius, Symphytum officinale, Urtica dioica ; seul Poa palustris et Rumex aquaticus apparaissent comme des taxons peu fréquents et caractéristiques. Etages coll.-mont.
          • II.3.4.1.1 · 
            Calamagrostietum pseudophragmitis

            Calamagrostietum pseudophragmitis Kopecký 1968

            Gpt caractérisé et dominé par Calamagrostis pseudophragmites, dense à épars, atteignant 1,60 m de hauteur, se développant en queue de bancs en contexte alluvial sur des dépôts limono-sableux au pH faiblement alcalin (pH = 7,2-7,6 (7,9)) des cours d'eau alpins non aménagés au régime nival à glaciaire ; plus rarement au sein des carrières ou gravières de sables et d'argiles. Floristiquement, cette unité est marquée par la présence de graminées et saules pionniers tq Agrostis gigantea, Festuca arundinacea s.str. ou Salix alba, S. elaeagnos, S. purpurea et S. triandra ; ordmt au contact du Salicetum triandrae qu'il précède dans la série de végétation. Etage (coll.) mont.
          • II.3.4.1.2 · 
            Phalaridetum arundinaceae

            Phalaridetum arundinaceae Libbert 1931
            Syn. : Poo palustris-Phalaridetum arundinaceae Passarge 1955.

            Gpt dominé par Phalaris arundinacea, formant souvent des populations monospécifiques, denses atteignant 2 m de haut, présent au sein de fossés, à la périphérie des étangs ou de petits lacs, voire de grands cours d'eau, entre la ligne moyenne des eaux et les hautes eaux. Le substrat à granulométrie variable (limons, sables, graviers) est plus ou moins neutre, faiblement anoxique et riche en éléments nutritifs. Floristiquement, cette formation d'atterrissement se distingue du Rorippo-Phalaridetum par la présence de taxons hygrophiles, nitrophiles et lianescents tq Calystegia sepium, Humulus lupulus, Carex acutiformis, Galium aparine, Epilobium hirsutum, Solanum dulcamara, avec ça et là quelques saules hygro- et thermophiles tq Salix alba ; au contact de formations à grandes laiches (Caricion gracilis), cette unité évolue le plus souvent vers la saulaie blanche (Salicetum albae). Etage coll.
          • II.3.4.1.3 · 
            Rorippo sylvestris-Phalaridetum arundinaceae

            Rorippo sylvestris-Phalaridetum arundinaceae Kopecký 1961

            Gpt dominé par Phalaris arundinacea, formant souvent des populations monospécifiques denses, atteignant 2 m de haut, présent dans la partie moyenne des cours d’eau au régime hydrologique nival à nivo-pluvial le plus souvent sur substratum sablo-limoneux oxygéné, mais pouvant parfois être plus grossier. La nappe présente de fortes fluctuations (jusqu’à 2 m) avec de hautes eaux estivales. Floristiquement cette unité pionnière se distingue du Phalaridetum arundinaceae par la présence de taxons rudéraux tq Agrostis stolonifera, Alopecurus aequalis, Equisetum arvense, Ranunculus repens, Rorippa sylvestris ou Veronica spp., avec ça et là quelques saules hygro- et thermophiles tq Salix triandra et S. viminalis ; ordmt au contact de formations herbacées pionnières (Potentillo-Festucetum arundinaceae), cette unité évolue vers des fourrés de saules hygrophiles (Salicetum triandrae). Etage coll. (mont.).
          • II.3.4.1.4 · 
            Petasito hybridi-Phalaridetum arundinaceae

            Petasito hybridi-Phalaridetum arundinaceae Kopecký (1961) 1967

            Gpt dominé par Phalaris arundinacea présent dans les parties moyennes à amont des cours d'eau au régime hydrologique pluvio-nival se différenciant par la présence de mégaphorbes orophiles tq Chaerophyllum hirsutum, Petasites albus, P. officinalis, Stellaria nemorum ou Mentha longifolia. Colonisant les rives à courant lent des rivières et ruisseaux de taille modeste, le niveau de l'eau reste relativement stable et ne s'abaisse pas au-dessous de 50 cm en période de végétation (période estivale à courant fort et haut niveau d'eau). La variation de débit est faible, rendant ainsi possible le dépôt d'alluvions par effet de peigne. Le sol, au pH neutre à faiblement alcalin, est riche en éléments nutritifs, permettant le développement d'un lot d'espèces nitrophiles tq Urtica dioica, Impatiens noli-tangere, Galeopsis speciosa. Etage mont.
        • II.3.4.2 · 
          Glycerio-Sparganion

          Glycerio-Sparganion Br.-Bl. et Sissingh in Boer 1942
          Syn. : Glycerion Br.-Bl et Tx. 1943 (nom. nud.).

          Gpts bas caractérisés et dominés par des végétaux aux tiges rhizomateuses ascendantes à forte aptitude à la multiplication végétative des genres Glyceria, Nasturtium (plus rarement Apium, Berula), ou Sparganium erectum ssp. neglectum et Veronica beccabunga au sein de petits plans d'eau et zones d'écoulement à niveau constant (fossés, flaques, bords de ruisseaux, mares et étangs) à eaux faiblement courantes à stagnantes, méso- à eutrophes. Le plus souvent fortement anthropisées, ces unités sont situées entre le niveau moyen des eaux et les basses eaux estivales (l'amplitude est faible et atteint le plus souvent 10 à 30 cm, mais peut s'élever jusqu'à 50 cm : situation sténolotique selon Kopecky (1969)). La phase terrestre facilite la germination et le tallage des chaumes, qui développent des racines adventives au niveau des nœuds à l'air libre, augmentant ainsi la densité du peuplement et la résistance à l’arrachement. Lors de la phase aquatique, les chaumes traçantes des glycéries flottent régulièrement à la surface de l'eau. Les tiges sont ainsi inférieurement immergées une grande partie de l'année, mais émergées durant l'abaissement modéré des eaux estivales. Le sol, qui demeure engorgé l'été (hors période de sécheresse), est le plus souvent de nature boueuse, mais peut être caillouteux, voir bétonné. Etages coll.-mont. (subalp. inf.).
          • II.3.4.2.1 · 
            Glycerio-Sparganietum neglecti

            Glycerio-Sparganietum neglecti Koch ex Philippi 1973
            Syn. : Glycerieto-Sparganietum neglecti Koch 1926 p.p..

            Gpt pionnier caractérisé et dominé par Sparganium erectum ssp. neglectum, formant des peuplements paucispécifiques plus ou moins denses, au sein de petits cours d'eau, fossés ou bras morts à écoulement lent ; unité le plus souvent antrophophile des zones perturbées (secteurs fauchés ou faucardés, remblais) où elle se substitue au Phragmitetum australis. La profondeur de l'eau varie de (0) 0,2-0,5 (0,7) m en période de végétation. Absentes des peuplements les plus denses et des secteurs les plus profondément submergés, les glycéries ne sont pas structurantes dans cette association ; de même Phalaris, Phragmites ou Iris pseudoacorus ne sont présents que dans les peuplements les plus ouverts. Les hydrophytes des genres Lemna, Elodea, Callitriche sont présentes dans les secteurs régulièrement inondés (evt Alisma plantago aquatica). Le sol est le plus souvent vaseux en surface, pauvre à moyennement riche en calcaire et en nutriments. Etage plan.-coll.
          • II.3.4.2.2 · 
            Glycerietum fluitantis

            Glycerietum fluitantis Eggler 1933
            Syn. : Sparganio-Glyceria fluitantis ass. Br.-Bl. 1925 ; Glycerio-Sparganietum neglecti Koch 1926 p.p. ; Glycerietum fluitantis Nowinski 1930. Nom correspondant : Glycerieto-Sparganietum neglecti Koch 1926 subass. Glyceria fluitans Tx. 1937.

            Gpt dominé par Glyceria fluitans, formant le plus souvent des peuplements monospécifiques denses, présents sous le niveau moyen des eaux (optimum entre 0,1 m et 0,3 m de profondeur en période de végétation, soit de mai à août) au sein de petits plans d'eau, rives des lacs ou cours d'eau pauvres en éléments nutritifs et acides. Le sol est ordmt sableux, parfois caillouteux ou argileux (cas des petits plans d'eau). En secteur pastoral, cette unité est présente dans les jeunes mares clôturées destinées à l'abreuvement du bétail, mais non piétinées par celui-ci. Floristiquement cette unité est très pauvre : Carex rostrata et Sparganium erectum ssp. neglectum, Potamogeton berchtoldii, voir Lemna minor sont parfois présents çà et là (les hydrophytes sont présentes dans les secteurs les plus longuement inondés). Elle est moins fréquente que le Glycerietum notatae (sa tolérance à l'eutrophisation est plus faible) et régulièrement au contact des gpts à Potamogeton natans et Typha latifolia sur sa frange inférieure dont quelques pieds peuvent être présents au sein du peuplement. Etages coll.-mont.
          • II.3.4.2.3 · 
            Glycerietum notatae

            Glycerietum notatae Kulczynski 1928 nom. mut. Pott 1995
            Syn. : Glycerieto-Sparganietum neglecti Koch 1926 p.p. ; Glycerietum plicatae Kulczynski 1928 ; Catabroseto-Glycerietum p.p. Br.-Bl. 1949.

            Gpt dominé par Glyceria notata, formant le plus souvent des peuplements monospécifiques denses, présents à hauteur ou au-dessus du niveau moyen des eaux non à faiblement courantes, au sein des flaques et plans d'eau ou sur les berges des fossés et petits ruisseaux eutrophes. Le sol, le plus souvent argileux, est riche en bases et nutriments ; souvent calcaire. Il peut parfois être plus grossier ou simplement constitué d'un support artificiel (dalle bétonnée) sur des secteurs à niveau d'eau constant. Au sein des mares pastorales, cette unité est régulièrement piétinée par le bétail venant s'abreuver. Floristiquement, cette unité est très pauvre et seules quelques espèces nitrophiles pionnières tolérant le piétinement sont présentes ça est là tq Agrostis stolonifera, Poa trivialis, Ranunculus repens, Veronica beccabunga sur la frange terrestre. Sur sa frange aquatique, elle est régulièrement en contact (dans ce contexte) avec l'Eleocharitetum palustris tolérant une submersion prolongée. Etage (coll.) mont. (subalp. inf.).
          • II.3.4.2.4 · 
            Catabrosetum aquaticae

            Catabrosetum aquaticae Philippi 1973
            Non : Catabroso aquaticae-Polygonetum hydropiperis (Lohmeyer 1942) Poli et J. Tüxen 1960 ; Catabrosetum aquaticae Rübel 1911 ; Catabroseto-Glycerietum p.p. Br.-Bl. 1949.

            Gpt dominé par Catabrosa aquatica, formant le plus souvent un peuplement linéaire monospécifique dense de 1,5 à 2 m de large le long de sources et petits ruisseaux à hauteur du niveau moyen d'eaux eutrophes, faiblement courantes. Floristiquement, cette unité est très pauvre. Seules quelques espèces thermophiles des unités annuelles nitrophiles (Bidention) tq Bidens cernua ou amphibies (Eleocharito-Sagittarion) tq Veronica catenata ou Sparganium emersum sont présentes. Le sol, dont la nature demeure à préciser, est riche en calcaire. Etage coll.
          • II.3.4.2.5 · 
            Nasturtietum officinalis

            Nasturtietum officinalis Seibert 1962

            Gpt ouest-européen (régions à influence atlantique) caractérisé et dominé par Nasturtium officinale formant des tapis denses monospécifiques semi-sempervirents, sous le niveau moyen des eaux (à hauteur du niveau inférieur), au sein de fossés et petits ruisseaux faiblement profonds, de 10 à 30 cm (50 cm), à eaux courantes claires, méso- à faiblement eutrophes ; unité fortement atteinte par l'eutrophisation et la canalisation des fossés, surtout en bord de route (enfouissement, pose de support). Le sol aéré, riche en nutriments, est sableux à caillouteux, calcaire et pauvre en bases. Etage coll. (mont. inf.).
          • II.3.4.2.6 · 
            Nasturtietum microphylli

            Nasturtietum microphylli Philippi in Oberdorfer 1977

            Gpt est-européen (régions à influence continentale) caractérisé et dominé par Nasturtium microphyllum formant des tapis denses monospécifiques au feuillage rougissant en hiver, sous le niveau moyen des eaux (à hauteur du niveau inférieur), au sein des fossés et petits ruisseaux à eaux courantes méso- à faiblement eutrophes ; unité atteinte par l'eutrophisation et la canalisation des fossés, surtout en bord de route (enfouissement, pose de support). Le sol aéré, riche en nutriments, est calcaire et pauvre en bases. Etage coll. (mont. inf.).
          • II.3.4.2.7 · 
            Gpt à Veronica beccabunga

            Gpt à Veronica beccabunga Philippi 1973

            Gpt pionnier dominé par Veronica beccabunga, formant le plus souvent des colonies monospécifiques plus ou moins denses à feuillage aérien situé au niveau supérieur des eaux à écoulement laminaire, au sein des fossés et dépressions suintantes faiblement profondes, de 10 à 30 cm : zones d'atterrissement, pavage ou dalle bétonnée. Le groupement est pérenne sur les substratums caillouteux ou bétonnés et lentement remplacé par Glyceria notata sur les sols eutrophes les plus fins. Etage coll. (mont. inf.).
          • II.3.4.2.8 · 
            Apio nodiflori-Beruletum erectae

            Apio nodiflori - Beruletum erectae Philippi 1973 nom. mut. prop.
            Syn. : Apium nodiflorum - Sium erectum ges.- Philippi 1973. Incl.: Apietum nodiflori Br.-Bl. 1931.

            Gpt pionnier caractérisé et dominé par Berula erecta (Apium nodiflorum est très rare en Suisse), associés à Mentha aquatica, Phalaris arundinacea ou Sparganium erectum ssp. neglectum (plus rarement à Glyceria maxima) au sein de fossés inondés et périodiquement curés aux eaux claires, oxygénées, peu rapides et mésotrophes. L'arrêt des perturbations favorise les hélophytes de grandes tailles tq Glyceria maxima ou Sparganium erectum ssp. neglectum et conduit à la disparition de Berula erecta. Si Apium nodiflorum est capable de coloniser très rapidement les fossés après leur curage, Berula erecta tolère les secteurs à tranche d'eau plus élevée ; unité indifférente à la présence de calcaire, mais polluosensible. Etage coll.
  • III · 
    Eboulis, falaises, dalles et murs


    Cette unité comprend les végétations des parois rocheuses et des murs, des falaises suintantes et tufs, des éboulis, moraines et alluvions, des dalles rocheuses, ainsi que les végétations annuelles acidophiles des arènes et tonsures. Elle est physionomiquement marquée par l’importance d’un substrat minéral. La couverture végétale discontinue comporte régulièrement des bryophytes, des fougères et des espèces herbacées à appareil végétatif pérenne, notamment des espèces crassulescentes ou en coussinet (chaméphytes herbacées).
    • III.1 · 
      Asplenietea trichomanis
      Végétations des parois rocheuses et des murs

      Asplenietea trichomanis Br.-Bl. in Meier et Br.-Bl. 1934 corr. Oberd. 1977

      Gpts des fissures de rochers (chasmophytes) et murs caractérisés par Asplenium ruta-muraria, A. trichomanes, Hieracium amplexicaule et Sedum dasyphyllum.

       Tableau de synthèse

      • III.1.1 · 
        Potentilletalia caulescentis

        Potentilletalia caulescentis Br.-Bl. in Br.-Bl. et Jenny 1926 em.

        Gpts medio-européens et méditerranéens supérieurs des fissures de rochers calcaires caractérisés par Campanula cochlearifolia, Festuca quadriflora, Kernera saxatilis, Primula auricula ; Sesleria caerulea est régulièrement présent.
        • III.1.1.1 · 
          Potentillion caulescentis

          Potentillion caulescentis Br.-Bl. in Br.-Bl. et Jenny 1926 em. Richard 1972

          Gpts des parois ensoleillées tolérant de grandes amplitudes thermiques et hygrométriques caractérisés par la présence de chaméphytes en espaliers ou herbacées tq Rhamnus pumila ou Saxifraga paniculata.

           Tableau de synthèse

          • III.1.1.1a · 
            Potentillenion caulescentis

            Potentillenion caulescentis Theurillat in Theurillat, Aeschimann, Küpfer et Spichiger 1995
            Syn.: Androsaco helveticae-Drabion tomentosae Wraber 1970

            Gpts chasmophytiques alpiens des étages subalpin sup. à nival présents au-dessus de la limite forestière, comportant des chaméphytes en coussinets et caractérisés par Androsace helvetica, Festuca alpina, Minuartia rupestris associés à Saxifraga oppositifolia et Trisetum distichophyllum.
            • III.1.1.1a.1 · 
              Androsacetum helveticae

              Androsacetum helveticae Br.-Bl. in Br.-Bl. et Jenny 1926
              Syn.: Androsacetum helveticae Br.-Bl. 1918

              Gpt des fissures de falaises calcaires ou dolomitiques dominé par Androsace helvetica et caractérisé par Arabis bellidifolia ssp. stellulata, Draba tomentosa, Saxifraga caesia, Saxifraga moschata ainsi que la rare Draba ladina en Engadine. Etage subalp. sup. à nival.
            • III.1.1.1a.2 · 
              Minuartietum rupestris

              Minuartietum rupestris Trepp 1978

              Gpt des fissures de falaises schisteuses calcaires dominé par Minuartia rupestris et caractérisé par Campanula cenisia et Erigeron glabratus ; surtout présent en basse Engadine (Grisons). Etage subalp. sup. à nival.
          • III.1.1.1b · 
            Kernero saxatilis-Potentillenion caulescentis

            Kernero saxatilis-Potentillenion caulescentis Theurillat in Theurillat, Aeschimann, Küpfer et Spichiger 1995

            Gpts chasmophytiques des fissures calcaires des étages collinéen à subalpin inf., alpiens ou jurassiens, présents au-dessous de la limite forestière et dépourvus de chaméphytes en coussinets, se différenciant par la présence de Athamantha cretensis et Globularia cordifolia.
            • III.1.1.1b.1 · 
              Hieracio humilis-Potentilletum caulescentis

              Hieracio humilis-Potentilletum caulescentis Br.-Bl. in Meier et Br.-Bl. 1934
              Syn.: Potentillo caulescentis-Hieracietum humilis Br.-Bl. 1933 ; Potentilletum caulescentis Br.-Bl. in Br.-Bl. et Jenny 1926 ; Drabo-Hieracietum Oberd. (1970) 1977 ; Kerneretum saxatilis Lüdi 1921

              Gpt des fissures de falaises calcaires compacts ou de dolomie exemptes de neige en hiver (parfois présent sur les murs) et caractérisé par Erinus alpinus, Hieracium humile et Potentilla caulescens. Etages (coll.), mont., subalp. inf.
            • III.1.1.1b.2 · 
              Saxifragetum diapensoido-valdensis

              Saxifragetum diapensoido-valdensis Richard 1992

              Gpt intra-alpin localisé, des fissures de falaises calcaires (calcaire, dolomie, schiste calcaire) caractérisé par Saxifraga diapensioides et Saxifraga valdensis (absent de Suisse) associés à Asperula aristata et Herniaria alpina. Etage subalp.
        • III.1.1.2 · 
          Cystopteridion fragilis

          Cystopteridion fragilis Richard 1972

          Gpts des falaises ombragées à l'atmosphère fraiche à humide, tamponnée, riches en fougères et en mousses (parfois en situation secondaire sur mur), souvent dominés par Cystopteris fragilis et caractérisés par Arabis alpina, Asplenium viride, Aster bellidiastrum, Carex brachystachys ainsi que Ctenidium molluscum et Tortuella tortuosa.

           Tableau de synthèse

          • III.1.1.2.1 · 
            Asplenio viridis-Cystopteridetum fragilis

            Asplenio viridis-Cystopteridetum fragilis Oberd. (1938) 1949
            Syn.: Phyllitido-Cystopteridetum Faber 1936 ; Cystopteridetum fragilis Oberd. 1938 ; Moehringio muscosae-Asplenietum viridis Moor 1945

            Gpt de falaise intraforestière très ombragée à l'hygrométrie constante (en raison de l'évapotranspiration arborée et de la réduction de la vitesse du vent), très riche en mousses et souvent pauvre en plantes vasculaires. Lorsqu'elles sont présentes, le cortège est caractérisé par l'abondance relative de Cystopteris fragilis et d'Asplenium trichomanes, ainsi que la présence d'espèces sylvicoles tq Festuca altissima, Geranium robertianum, Mycelis muralis, Oxalis acetosella et Phyllitis scolopendrium. Etages (coll.) mont.
          • III.1.1.2.2 · 
            Asplenio-Caricetum brachystachyos

            Asplenio-Caricetum brachystachyos Richard 1972 nom. inv.
            Syn.: Caricetum brachystachidis Lüdi 1921

            Gpt de falaises suintantes, formant de petites surfaces, caractérisé par Agrostis schleicheri et Carex brachystachys accompagné d'espèces d'éboulis tq Adenostyles glabra et Gymnocarpium robertianum ; à la différence de l'Asplenio-Cystopteridetum, est présent dans les secteurs extraforestiers exposés au vent permettant le développement d'espèces héliophiles tq Carduus defloratus, Kernera saxatilis, Sesleria caerulea. Etages (coll.), mont.
          • III.1.1.2.3 · 
            Androsaco-Ranunculetum alpestris

            Androsaco-Ranunculetum alpestris Richard 1972

            Gpt relictuel (déterminisme glaciaire), parfois exposé au vent, confiné au Jura central et aux Alpes du nord bernoises et fribourgeoises (Stockhorn), caractérisé par la coexistence de Androsace lactea et Ranunculus alpestris. Etage mont. sup., subalp. inf.
          • III.1.1.2.4 · 
            Sileno-Cystopteridetum alpinae

            Sileno-Cystopteridetum alpinae Richard 1972 nom. mut. prop.
            Syn.: Heliospermo-Cystopteridetum regiae Richard 1972

            Gpt des falaises subalpines extraforestières ombragées, parfois suintantes, riche en mousses, caractérisé par la coexistence de Silene pusilla et Cystopteris alpina accompagnés de saxifrages tq Saxifraga oppositifolia, S. rotundifolia et de Pritzelago alpina ; parfois en situation abyssale. Etage subalp.
      • III.1.2 · 
        Androsacetalia vandellii

        Androsacetalia vandellii Br.-Bl. in Meier et Br.-Bl. 1934 corr. Br.-Bl. 1948

        Gpts des fissures des parois siliceuses caractérisés par Asplenium septentrionale et Polypodium vulgare.
        • III.1.2.1 · 
          Androsacion vandellii

          Androsacion vandellii Br.-Bl. in Br.-Bl. et Jenny 1926
          Syn.: Androsacion multiflorae Br.-Bl. 1926 in Br.-Bl. et Jenny 1926; Androsacenion vandellii Béguin et Theurillat 1984

          Gpts des falaises silicatées ou pauvres en calcaire des étages montagnard à nival caractérisés par Primula hirsuta et Saxifraga cotyledon associés à Draba dubia, Phyteuma scheuchzeri et Silene rupestris.

           Tableau de synthèse

          • III.1.2.1.1 · 
            Androsacetum vandellii

            Androsacetum vandellii Br.-Bl. 1926 nom. mut.
            Syn.: Androsacetum multiflorae Br.-Bl. 1918 ; Primuletum hirsutae Lüdi 1921 p.p.

            Gpt des falaises silicatées supraforestières caractérisé par Androsace vandellii et Phyteuma hedraianthifolium (souvent absents) accompagnés de Artemisia umbelliformis, Saxifraga bryoides, Saxifraga exarata. Etages alp., niv.
          • III.1.2.1.2 · 
            Asplenio-Primuletum hirsutae

            Asplenio-Primuletum hirsutae Br.-Bl. in Meier et Br.-Bl. 1934
            Syn.: Primuletum hirsutae Frey 1922; Primuletum hirsutae Lüdi 1921 p.p.; Primuletum hirsutae Gams 1927.

            Gpt des falaises silicatées montagnardes et subalpines (situé au-dessous de la limite supérieure de la forêt) dominé par Primula hirsuta accompagné de Poa nemoralis, Saxifraga aspera, Silene rupestris et parfois Festuca acuminata. Etages mont., subalp.