« Flora neglecta » – voilà sans doute la désignation la plus juste pour celles et ceux qu’on oublie sans cesse de remarquer. Le thème annuel d’InfoFlora est entièrement consacré aux petites plantes souvent négligées. Maintenant que l’été touche à sa fin, il est temps, une dernière fois, de mettre en lumière les « négligées et méconnues ». Après l’été de sécheresse 2026, nombre de ces espèces déjà discrètes paraissent encore plus chétives et ternes qu’à l’accoutumée – mais les précipitations de fin d’été devraient permettre à celles qui n’attendaient que ça de pousser d’autant plus généreusement. La concurrence indésirable a séché durant l’été et, avec suffisamment d’humidité, Cyperus flavescens & Co pourraient bien se développer mieux que d’habitude en septembre. Challenge accepted ? Les missions permettant d’exercer son flair pour repérer les espèces faciles à manquer ne manquent en tout cas pas. Voici, par exemple, ce qui est au programme :
Souchet jaunâtre (Cyperus flavescens) : cette espèce annuelle peut vraiment passer inaperçue avec une grande facilité. Avec ses épillets jaune doré, joliment disposés de façon symétrique, elle n’en est pas moins une véritable beauté observée de près. Elle se distingue aussi facilement du Souchet brun noirâtre (Cyperus fuscus), teinté de sombre. Dans le nord du Tessin, deux missions attendent encore d’être accomplies – et pour qui a plutôt un faible pour la brune (Cyperus fuscus), il reste des missions non résolues en Valais. Et qui sait – peut-être notre appel permettra-t-il même de mettre au jour d’autres stations encore inconnues à ce jour. Car ces deux discrètes annuelles nous réservent toujours des surprises !
Souchet jaunâtre (Cyperus flavescens), Adrian Möhl, modifié, CC BY-NC-SA 4.0
Isolépis sétacé (Isolepis setacea) : l’Isolépis sétacé n’a rien à envier aux deux petites du genre Cyperus lorsqu’il s’agit de se dérober à nos regards. Cette plante délicate, aux épillets latéraux, dépasse rarement une largeur de main et pratique un véritable camouflage. Autrefois répandue dans toute la Suisse, elle est aujourd’hui devenue très rare. À Zurich et dans le canton de Vaud, deux missions attendent encore d’être accomplies – qui remportera l’Award de l’Isolépis ?
Isolépis sétacé (Isolepis setacea), Michael Jutzi, modifié, CC BY-NC-SA 4.0
Laîches de l’étage alpin : le ciel dégagé et les couleurs automnales invitent à de longues randonnées en montagne. Même si la grande saison des laîches touche à sa fin en septembre, de nombreuses espèces se laissent encore bien déterminer à cette période. Petite et facile à manquer, la Laîche à feuilles de jonc (Carex maritima) en est un bon exemple. Qui se trouve aux Grisons ou à Zermatt pourrait encore accomplir l’une ou l’autre mission consacrée à cette espèce et apporter ainsi une contribution précieuse à la Liste Rouge. Pour qui cette espèce est trop petite et trop discrète, il reste la possibilité de tenter sa chance avec des missions consacrées à la Laîche rouge noirâtre (Carex atrofusca) ou à la Laîche de Norvège (Carex norvegica).
Laîche à feuilles de jonc (Carex maritima), Rolf Heeb, modifié, CC BY-NC 4.0
Envie de partir vous-même en quête d’indices ? Dans FlorApp, sous Missions > Thèmes > Cyperaceae, vous trouverez toutes les missions consacrées aux cypéracées discrètes et aux laîches. Filtrez-y par espèce et par statut – bonne découverte !